vendredi 14 mars 2008
Notre dernière demie-baguette
Par Berlol, vendredi 14 mars 2008 à 23:59 :: General
Je sors comme un voleur, porté par une bourrasque, pour tout
de même acheter notre dernière demie-baguette.
Fin des rangements, pas de ménage à faire. On boucle et on verrouille, les bagages sont prêts. Derniers coups de téléphone.
À 11 heures, le car stoppe pour nous devant le Centre de conférences. Puis au point de rendez-vous, où familles et étudiants attendent. Je soupèse chaque valise avant son chargement et j'indique pour certaines qu'il y aura peut-être problème : on doit être plus près de 30 que de 20 kilos. Semblerait que peu de familles disposent d'une balance...
À midi, nous sommes sur la route ; les larmes finissent de sécher et la fébrilité est convertie en rires nerveux qui fusent dans l'autocar. Comme toujours, bien sûr, les adieux ont été déchirants. Les étudiantes, surtout, pleurent mais les mères d'accueil aussi, et même parfois les pères. Quel est donc cet attachement qui leur est arrivé en un mois ?
Arrivons à Roissy à 14h15, terminal 2F. Le temps de traverser le bâtiment, on peut presque tout e suite commencer l'enregistrement. J'observe que l'hôtesse des groupes laisse passer plusieurs de nos bagages au-delà de 25 kilos. Je ne suis donc pas très chaud pour l'ouverture d'un autre guichet mais une autre hôtesse, apparemment plus haut gradée, nous fait signe et je suis bien obligé de lui envoyer des étudiantes.
Je ne sais pas comment se font la formation et la hiérarchie des personnels au sol mais ce que je constate, sur plusieurs années de passages, c'est que les moins gradés sont les plus humains. Les autres ont dû suivre des stages de machinisme, de marketing, des lavages de cerveau qui ne leur laissent entrevoir que le respect des ordres et le bénéfice de l'entreprise. Et ils en sont fiers, ils gagnent plus (j'espère pour eux) et ils font gagner plus. C'est bien dans l'air du temps. Surtout quand on y met les labels sécurité, lutte contre le terrorisme, etc.
Donc, ça ne rate pas : peu après, l'hôtesse des groupes prend d'autres clients que nous et la nouvelle signale les dépassements de poids, oblige à en enlever ou à payer. Pour Air France, le kilo supplémentaire est à 30 euros, mais pour JAL, il est à 64 euros. Or notre vol est un vol Air France opéré par JAL. Saisissez la subtilité ? C'est le prix de JAL qui s'applique. Je la retiens, cette hôtesse-là ! Beau zèle ! Grands déballages, enflement des bagages à main, et deux étudiantes, drapées dans leur carte de crédit, qui préfèrent payer que de rouvrir leur valise. C'est Takeshi qui les accompagne, très loin, là où l'on paie pour cela. Cependant, compte-tenu du temps que prennent maintenant les contrôles des passeports et la fouille au corps, je ne peux pas retenir l'ensemble du groupe pour attendre les deux retardataires. Je donne donc l'ordre d'entrer, et rendez-vous à la porte F49 vers 16h10, pour commencer l'embarquement à 16h15. Quand Takeshi revient, nous nous disons au revoir, il rentre au Mans finir sa thèse. Je salue également Mme M., cadre du SRI d'Orléans, qui nous a accompagnés jusqu'ici. Pendant ce temps, T. s'est aussi enregistrée pour le vol de Tokyo, qui partira après le nôtre. Je la quitte vers 16h25, après que deux étudiantes ont eu leur carte d'embarquement inversée, incident heureusement réglé en trois minutes.
Le reste, sans T., n'appartient plus à aucun espace ni à aucun lieu car...
Fin des rangements, pas de ménage à faire. On boucle et on verrouille, les bagages sont prêts. Derniers coups de téléphone.
À 11 heures, le car stoppe pour nous devant le Centre de conférences. Puis au point de rendez-vous, où familles et étudiants attendent. Je soupèse chaque valise avant son chargement et j'indique pour certaines qu'il y aura peut-être problème : on doit être plus près de 30 que de 20 kilos. Semblerait que peu de familles disposent d'une balance...
À midi, nous sommes sur la route ; les larmes finissent de sécher et la fébrilité est convertie en rires nerveux qui fusent dans l'autocar. Comme toujours, bien sûr, les adieux ont été déchirants. Les étudiantes, surtout, pleurent mais les mères d'accueil aussi, et même parfois les pères. Quel est donc cet attachement qui leur est arrivé en un mois ?
Arrivons à Roissy à 14h15, terminal 2F. Le temps de traverser le bâtiment, on peut presque tout e suite commencer l'enregistrement. J'observe que l'hôtesse des groupes laisse passer plusieurs de nos bagages au-delà de 25 kilos. Je ne suis donc pas très chaud pour l'ouverture d'un autre guichet mais une autre hôtesse, apparemment plus haut gradée, nous fait signe et je suis bien obligé de lui envoyer des étudiantes.
Je ne sais pas comment se font la formation et la hiérarchie des personnels au sol mais ce que je constate, sur plusieurs années de passages, c'est que les moins gradés sont les plus humains. Les autres ont dû suivre des stages de machinisme, de marketing, des lavages de cerveau qui ne leur laissent entrevoir que le respect des ordres et le bénéfice de l'entreprise. Et ils en sont fiers, ils gagnent plus (j'espère pour eux) et ils font gagner plus. C'est bien dans l'air du temps. Surtout quand on y met les labels sécurité, lutte contre le terrorisme, etc.
Donc, ça ne rate pas : peu après, l'hôtesse des groupes prend d'autres clients que nous et la nouvelle signale les dépassements de poids, oblige à en enlever ou à payer. Pour Air France, le kilo supplémentaire est à 30 euros, mais pour JAL, il est à 64 euros. Or notre vol est un vol Air France opéré par JAL. Saisissez la subtilité ? C'est le prix de JAL qui s'applique. Je la retiens, cette hôtesse-là ! Beau zèle ! Grands déballages, enflement des bagages à main, et deux étudiantes, drapées dans leur carte de crédit, qui préfèrent payer que de rouvrir leur valise. C'est Takeshi qui les accompagne, très loin, là où l'on paie pour cela. Cependant, compte-tenu du temps que prennent maintenant les contrôles des passeports et la fouille au corps, je ne peux pas retenir l'ensemble du groupe pour attendre les deux retardataires. Je donne donc l'ordre d'entrer, et rendez-vous à la porte F49 vers 16h10, pour commencer l'embarquement à 16h15. Quand Takeshi revient, nous nous disons au revoir, il rentre au Mans finir sa thèse. Je salue également Mme M., cadre du SRI d'Orléans, qui nous a accompagnés jusqu'ici. Pendant ce temps, T. s'est aussi enregistrée pour le vol de Tokyo, qui partira après le nôtre. Je la quitte vers 16h25, après que deux étudiantes ont eu leur carte d'embarquement inversée, incident heureusement réglé en trois minutes.
Le reste, sans T., n'appartient plus à aucun espace ni à aucun lieu car...