Fait rarissime : lever vers midi. Nous avons donc dormi plus de 12 heures. Ajoutées aux huit heures du décalage horaire, ça nous fait une journée entière de perdue. dans une une vie de quelques milliers, ça fait tout de même un petit pincement. Ces dernières années, je vois un peu plus le sommeil comme un plaisir. Adolescent puis étudiant, j'en avais horreur, je le réduisais à cinq heures, je le contingentais strictement. Veilleur de nuit, je le mettais en plein jour, plutôt en matinée pour qu'il me reste quelque chose à vivre sous le soleil. Je ne pourrais plus le faire.

Révision du JLR du 12, si ça intéresse.

Au cimetière d'Aoyama dans une tiédeur étonnante pour nettoyage du tombeau familial et fleurs printanières. Onigiris d'Ony, sur le chemin du métro Gaienmae, pas mauvais, ça cale pour un moment.

Au centre de sport, vélo sudatoire quarante minutes, avec Port intérieur. Au lieu (ou en sus) d'un capteur de pulsations cardiaques, on devrait attacher à chaque vélo un livre, le changer chaque semaine et à chaque vélo... Ou mieux, faire arriver le texte directement sur l'écran de contrôle, avec choix de langue. — 'Tain, pourquoi tu la gardes pas pour toi c'tt'idée ! t'ouvres une start-up dans une pépinière et quand ça monte en flèche, tu revends tout... — Une nouvelle filière marketing, phénixité, idée-phénix, pour une industrie en plein chant du cygne (sans le savoir). Ceci dit, le jour où sera recherchée l'origine de cette idée géniale, on atterrira ici, ce 16 mars 2008. Passons aux machines d'entretien musculaire. Pour T., c'est marche et nage en piscine, elle qui veut perdre un peu de poids (bien qu'elle n'en ait presque pas pris en France, finalement). Je retrouve l'ami culturiste et lui propose de dîner avec nous, T. m'ayant annoncé qu'elle m'inviterait dans la sushi-ya du 8e étage de Tokyu Honten (à côté de Bunkamura).

Histoire de revoir de près ce que c'est que des sushis (après l'expérience peu probante du Jin d'Orléans).

Y dînons donc tous les trois.
L'excellence du sushi se ressent en bouche au subtil mélange des ingrédients. Il faut donc — outre la qualité du riz vinaigré sans acidité, du poisson ni séché ni visqueux, de la sauce de soja — qu'il ne soit ni trop gros, ni trop tassé, ni trop salé, ni trop odorant. Les sushis tests seraient le ikura et le uni. Le premier, aux œufs de saumon, est la rolls du sushi, à condition que les œufs ne soient ni trop durs ni trop salés. On peut s'en servir de test de goût. Le second, à l'oursin, ne doit pas ou peu dégager d'iode en bouche. Il peut servir de test de fraîcheur. Ici, parmi tous les poissons et coquillages disponibles, nulle trace de saumon (sinon en œufs). Les bons restaurants de sushis n'en servent pas, c'est même à ça qu'on peut les reconnaître.
Pas la peine de citer Barthes, on s'en passe très bien.

« Breughel ensuite avala un bol de bouillie de riz et deux saucisses. Il avait changé de station. On entendit un chanteur de canto-pop moduler du chagrin d'amour, puis deux journalistes minaudèrent en cantonais. Je crois qu'ils relisaient les indices boursiers de la veille. À mi-voix, pour s'exercer l'oreille, Breughel répéta quelques chiffres. Je ne saisissais rien d'autre.
J'avais toujours souhaité faire des progrès en langue locale, mais Gloria n'était plus là pour m'enseigner ce qu'elle avait grappillé sur les marchés ou dans la rue. Quant aux méthodes pour autodidactes, elles ne s'accordaient pas sur les données phonétiques de base, ce qui, dès la première leçon, avait tendance à me.
Exemples :
« There are basically six tones in Cantonese ».
« There are seven tones in Cantonese ».
« There are nine tones in the Cantonese dialect ».
Après avoir épandu quelques-unes de mes amertumes sur ce sujet, je consacrai cinq minutes à un rangement sommaire. J'avais ouvert la porte afin d'aérer la pièce. Sur le seuil était une blatte défunte, figée dans une posture naturelle, certes, mais défunte. Je l'écartai du passage.» (Antoine Volodine, Le Port intérieur, p. 95-96)