Je n'ai pas les moyens d'être comptable
Par Berlol, mardi 25 mars 2008 à 23:59 :: General :: #956 :: rss
« Les blogs, c'est tout et n'importe quoi.»,
lis-je chez François (mais ce n'est pas de sa plume). Et
les éditeurs, alors ? N'est-ce pas tout et
n'importe
quoi ? Et ça ne date pas d'hier. Et les
écrivains ? Et la presse ? Et les
critiques littéraires ? Franchement, s'en prendre
aux blogs, comme média ou comme format, c'est comme
accuser le train de faire cailler le lait dans le pis des vaches, ou en
vouloir à la lune de nous faire de méchantes
marées. Celui qui profère une telle assertion se
retire de lui-même du nombre des gens raisonnables. Il n'est
point besoin de converser avec lui. On peut le tenir pour nul ou absent.
Tout et n'importe quoi. C'est cependant une formule dont on pourrait être fier. Si on la regardait bien... C'est comme le pire et le meilleur — dans quoi il y a tout de même le meilleur. C'est même quelque chose qu'on devrait revendiquer. Oui, je suis, nous sommes, tous, tout et n'importe quoi ! Ah, ça fait du bien !...
Exemple au hasard, malotru !, prenons le JLR. Eh bien, voici un blog, comme vous dites, dans lequel il a été question de centaines de livres depuis plus de quatre ans, positivement, voire laudativement, la plupart du temps, avec des citations et des liens, avec des commentaires et parfois la participation des auteurs eux-mêmes, bien que ce ne soit pas sollicité. Visité des centaines de fois chaque jour, je n'ai pas les moyens d'être comptable des requêtes qui mènent chez moi avec un nom d'auteur ou d'œuvre. Et tout ça pour quoi ? Monsieur l'éditeur, Monsieur le critique ? Vous qui vivez du travail des écrivains, l'un en amont, l'autre en aval, je vous le demande. Pour rien. Pour la gloire. Pour la mémoire des siècles. Pour le plaisir de la conversation.
« On me voit avec un Montaigne, un Joyce, un Kafka, mais en vérité, sous les couvertures arrachées de ces livres, je dissimule sournoisement un petit carnet vierge dans lequel, feignant de lire, j’écris de la littérature facile.» (Éric Chevillard, L'Autofictif, n°174, du jour)
Hôpital Toranomon à 8h30. Fonctionnement exemplaire (accueil, ouverture de dossier nouveau patient, rendez-vous avec gastro-entérologue. Le médecin est d'accord, Philippe donne l'exemple : il faut entuber Berlol. Ce sera pour le 31.
Proches du quartier d'enfance de T., nous y promenons dans le soleil enfin revenu. Les collines ont été en partie remodelées, les tramways effacés du paysage, les avenues élargies. Et l'on ne parle pas des maisons.
Ici,
vivait Nagai Kafu ; c'est maintenant une tour
d'appartements de luxe, des batteries de donzelles coiffées
y caquètent.
Déjeuner aux Bacchanales d'Ark Hills. Pas mal et surtout pas chère, la nouvelle formule de déjeuner — où en France trouverait-on un menu qui baisse ?...
La promenade continue ensuite jusqu'à Roppongi Hills, en passant par l'immeuble Axis, où je trouve, chez Living Motif, un stylo plume Pelikan Junior . Pour écrire.
Soirée, suite de la soupe de légumes et des Rois maudits (épisode 2). Qui n'en veut ?
Tout et n'importe quoi. C'est cependant une formule dont on pourrait être fier. Si on la regardait bien... C'est comme le pire et le meilleur — dans quoi il y a tout de même le meilleur. C'est même quelque chose qu'on devrait revendiquer. Oui, je suis, nous sommes, tous, tout et n'importe quoi ! Ah, ça fait du bien !...
Exemple au hasard, malotru !, prenons le JLR. Eh bien, voici un blog, comme vous dites, dans lequel il a été question de centaines de livres depuis plus de quatre ans, positivement, voire laudativement, la plupart du temps, avec des citations et des liens, avec des commentaires et parfois la participation des auteurs eux-mêmes, bien que ce ne soit pas sollicité. Visité des centaines de fois chaque jour, je n'ai pas les moyens d'être comptable des requêtes qui mènent chez moi avec un nom d'auteur ou d'œuvre. Et tout ça pour quoi ? Monsieur l'éditeur, Monsieur le critique ? Vous qui vivez du travail des écrivains, l'un en amont, l'autre en aval, je vous le demande. Pour rien. Pour la gloire. Pour la mémoire des siècles. Pour le plaisir de la conversation.
« On me voit avec un Montaigne, un Joyce, un Kafka, mais en vérité, sous les couvertures arrachées de ces livres, je dissimule sournoisement un petit carnet vierge dans lequel, feignant de lire, j’écris de la littérature facile.» (Éric Chevillard, L'Autofictif, n°174, du jour)
Hôpital Toranomon à 8h30. Fonctionnement exemplaire (accueil, ouverture de dossier nouveau patient, rendez-vous avec gastro-entérologue. Le médecin est d'accord, Philippe donne l'exemple : il faut entuber Berlol. Ce sera pour le 31.
Proches du quartier d'enfance de T., nous y promenons dans le soleil enfin revenu. Les collines ont été en partie remodelées, les tramways effacés du paysage, les avenues élargies. Et l'on ne parle pas des maisons.
Ici,
vivait Nagai Kafu ; c'est maintenant une tour
d'appartements de luxe, des batteries de donzelles coiffées
y caquètent.Déjeuner aux Bacchanales d'Ark Hills. Pas mal et surtout pas chère, la nouvelle formule de déjeuner — où en France trouverait-on un menu qui baisse ?...
La promenade continue ensuite jusqu'à Roppongi Hills, en passant par l'immeuble Axis, où je trouve, chez Living Motif, un stylo plume Pelikan Junior . Pour écrire.
Soirée, suite de la soupe de légumes et des Rois maudits (épisode 2). Qui n'en veut ?
Commentaires
1. Le jeudi 27 mars 2008 à 13:50, par cgat :
c'est exactement ce que j'ai dit à François pour le consoler du propos tenu par le président de la SGDL lors d'un débat au Salon du livre dont il est sorti déprimé, m'a-t-il semblé : "les blogs c'est tout et n'importe quoi" peut aussi être pris de manière positive (même si en l'occurrence ce n'était pas le cas, je le crains) : la littérature aussi c'est tout et n'importe quoi, la vie c'est tout et n'importe quoi ...
2. Le jeudi 27 mars 2008 à 15:56, par jenbamin :
n'empêche qu'en attendant, la nouvelle formule du Magazine littéraire, au-delà même des six pages « que valent les blogs littéraires », c'est surtout n'importe quoi...
3. Le vendredi 28 mars 2008 à 01:14, par Laure L :
Je n'ai pas lu le dossier et j'imagine bien ce qu'il y a derrière ce "tout et n'importe quoi" (tu te rappelles la BNF ?) mais en effet, je pense que cgat a raison et qu'on peut être fiers. Moi je suis très contente quand on me dit que RLR c'est "tout et n'importe quoi" – le mélange de critiques de livres, d'extraits, de recettes de cuisine, d'états d'âme, de photos, de vidéos, de blagues qui ne font sans doute rire que moi (hey, c'est déjà pas mal)... ça peut en effet apparaître comme un joyeux bordel qui ressemble, peu ou prou, d'ailleurs à mon bureau et à mon cerveau, en plus rangé... Plus exactement, c'est "mon tout et n'importe quoi" (et na) que j'offre pour la beauté du geste aux "tout et n'importe quoi" (bon, j'accorde pas l'expression) des lecteurs. Messieurs les journalistes-disséqueurs de blogs, montrez-nous vos "tout et n'importe quoi" qu'on se marre... Ah oui, pardon, sans instance validante, vous vous sentiriez tous nus...
Je pense néanmoins que de plus en plus de gens, dont les critiques, se familiarisent avec cet univers du blog – pas seulement littéraire. Pour exemple, les nombreux blogs de journalistes sur les supports de type Libé, 20minutes, etc. Avec un peu de chance, ça va amener les prochains qui constitueront un dossier à une véritable fréquentation des supports, une réflexion, et des ptites phrases moins clichés. Ou alors, décidément, ya plus rien à faire pour eux – mais tu me connais, je suis idéaliste – c’est ma double éducation catholique et gauchiste…
4. Le vendredi 28 mars 2008 à 05:40, par Manu :
"Déjeuner aux Bacchanales d'Ark Hills", à deux pas de mon ancien bureau, pas très loin non plus du nouveau. Tu aurais pu me faire signe !
5. Le vendredi 28 mars 2008 à 05:58, par Berlol :
Ça viendra, Manu, ça viendra...
Bien dit, Laure ! Et que les "instances validantes" viennent à passer devant un miroir !
6. Le dimanche 30 mars 2008 à 06:55, par Manu :
Bon courage pour demain. J'imagine que la procédure a déjà commencé (si c'est le matin)...
7. Le dimanche 30 mars 2008 à 07:24, par Berlol :
Merci ! Oui, c'est parti, mon quiqui !
8. Le mercredi 2 avril 2008 à 04:29, par Redonnet :
"Tout et n'importe quoi".... C'est la conspiration du silence qui craque en une formule lapidaire. Réjouissons-nous donc ! Trinquons, faisons l'train, eux I f'ront le reste ! A la vôtre !
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