On admire l'entretien du désuet
Par Berlol, jeudi 27 mars 2008 à 23:59 :: General :: #957 :: rss
Rendez-vous 10h10 sortie sud du JR Hamamatsucho. Temps
voilé, un peu plus frais qu'hier mais on annonce du soleil
et 18°C, avec des cerisiers ouverts à 100 %
(chiffre officiel pour le parc de Ueno). T. et moi retrouvons David et
son frère. Un petit air de fête quand
T. offre des marrons grillés de chez Yakiguri.
Direction, l'embarcadère de Hinode. Arrivons pour le bateau
de 10h40. Sept cent soixante yens
pour remonter la Sumida
jusqu'à Asakusa, avec une boucle un peu plus haut
spécialement pour la période hanamique (お
花見).
Promenade entre deux ponts sous les
cerisiers, d'un
côté du fleuve puis de l'autre. Déjeuner
dans un restaurant qui fut un bar historique, le
Kamiya
Bar, créateur d'un apéritif, le denkibran.
On
admire l'entretien du désuet.
Et puis c'est la visite classique du temple d'Asakusa :
la longue allée de boutiques rouges,
les gâteaux secs sucrés ou salés,
les gravures, les poupées, les porte-clés,
la quincaillerie bouddhiste,
les couteaux, les sabres et les éventails,
les
postiches et les masques,
tous âges toutes catégories de gens étrangers et autochtones
se suivent se croisent se bousculent gentiment
se photographient se filment s'interpellent téléphonent fument
et tout au bout, après la zone commerciale, si je puis dire,
les augures à 100 yens en tirant une baguette d'une boîte
qui donne un numéro
qui correspond à un tiroir
où vous trouvez
la feuille
qui vous
dit...
l'aspersion de fumée d'encens,
la montée des escaliers dans la musique, aujourd'hui, d'une cérémonie,
les calmes rues latérales,
les boutiques refaites comme avant, mais quand même vivantes.
Un dernier café avec petit gâteau traditionnel avant de foncer sur Ginza ; les macintoshiens veulent vérifier des prix chez Apple. Comme il se fait tard et que nos deux amis doivent rentrer à Nagoya, nous les ramenons à l'entrée du JR Yurakucho ; ils auront un train avant 17h30. Et nous un quatrième épisode des Rois maudits avec le dîner (après rapide passage au Bic Camera, voir les prix des appareils en lice pour trôner sur l'audio chez nous — mais l'achat n'est pas encore pour aujourd'hui).
Merci à Chloé d'avoir fait connaître Karoline Georges, ses sonographies avec texte sont d'une grande beauté — à écouter au casque ou sur du bon matériel...
Où l'on reparle de Lautréamont, pour changer, grâce à ce solide article de Valéry Hugotte dans Remue.net, dont voici un extrait alléchant :
« Le lecteur des Chants, comme plongé dans un cauchemar inavoué d’enseignant surmené, est en effet confronté à un interminable défilé de fautes d’orthographe, de maladresses syntaxiques, de solennités risibles et d’excès morbides adolescents. Jamais, sans doute, aura-t-on à ce point lâché la bride. Une agression : une certaine critique universitaire suffirait à en témoigner, qui s’est depuis longtemps employée à neutraliser une copie si dérangeante, un défi si manifeste au bon goût établi et aux valeurs instituées. Pensons à tous ceux (la plupart, à vrai dire) qui, depuis la première édition maudite de 1869, ont proposé des éditions corrigées du texte, comme s’il suffisait de se réclamer des convenances orthographiques ou des habitudes de lecture, tel un texte divin gravé dans le marbre, pour justifier le châtiment. Un châtiment – dès lors que, sûr de son bon droit, on réprime les mauvais instincts d’un texte, ces mauvais instincts qui l’amènent à transgresser ses limites autorisées et à bafouer les puritanismes de la langue.
Je veux donc dire que ce texte fonctionne comme un piège. [...] » (Le bon Hinstin et les mauvais instincts)
Promenade entre deux ponts sous les
cerisiers, d'un
côté du fleuve puis de l'autre. Déjeuner
dans un restaurant qui fut un bar historique, le
Kamiya
Bar, créateur d'un apéritif, le denkibran.
On
admire l'entretien du désuet.Et puis c'est la visite classique du temple d'Asakusa :
la longue allée de boutiques rouges,
les gâteaux secs sucrés ou salés,
les gravures, les poupées, les porte-clés,
la quincaillerie bouddhiste,
les couteaux, les sabres et les éventails,
les
postiches et les masques,tous âges toutes catégories de gens étrangers et autochtones
se suivent se croisent se bousculent gentiment
se photographient se filment s'interpellent téléphonent fument
et tout au bout, après la zone commerciale, si je puis dire,
les augures à 100 yens en tirant une baguette d'une boîte
qui donne un numéro
qui correspond à un tiroir
où vous trouvez
la feuille
qui vous
dit...
l'aspersion de fumée d'encens,
la montée des escaliers dans la musique, aujourd'hui, d'une cérémonie,
les calmes rues latérales,
les boutiques refaites comme avant, mais quand même vivantes.
Un dernier café avec petit gâteau traditionnel avant de foncer sur Ginza ; les macintoshiens veulent vérifier des prix chez Apple. Comme il se fait tard et que nos deux amis doivent rentrer à Nagoya, nous les ramenons à l'entrée du JR Yurakucho ; ils auront un train avant 17h30. Et nous un quatrième épisode des Rois maudits avec le dîner (après rapide passage au Bic Camera, voir les prix des appareils en lice pour trôner sur l'audio chez nous — mais l'achat n'est pas encore pour aujourd'hui).
Merci à Chloé d'avoir fait connaître Karoline Georges, ses sonographies avec texte sont d'une grande beauté — à écouter au casque ou sur du bon matériel...
Où l'on reparle de Lautréamont, pour changer, grâce à ce solide article de Valéry Hugotte dans Remue.net, dont voici un extrait alléchant :
« Le lecteur des Chants, comme plongé dans un cauchemar inavoué d’enseignant surmené, est en effet confronté à un interminable défilé de fautes d’orthographe, de maladresses syntaxiques, de solennités risibles et d’excès morbides adolescents. Jamais, sans doute, aura-t-on à ce point lâché la bride. Une agression : une certaine critique universitaire suffirait à en témoigner, qui s’est depuis longtemps employée à neutraliser une copie si dérangeante, un défi si manifeste au bon goût établi et aux valeurs instituées. Pensons à tous ceux (la plupart, à vrai dire) qui, depuis la première édition maudite de 1869, ont proposé des éditions corrigées du texte, comme s’il suffisait de se réclamer des convenances orthographiques ou des habitudes de lecture, tel un texte divin gravé dans le marbre, pour justifier le châtiment. Un châtiment – dès lors que, sûr de son bon droit, on réprime les mauvais instincts d’un texte, ces mauvais instincts qui l’amènent à transgresser ses limites autorisées et à bafouer les puritanismes de la langue.
Je veux donc dire que ce texte fonctionne comme un piège. [...] » (Le bon Hinstin et les mauvais instincts)
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