Intermèdes de l'écriture (cela existe-t-il ?)
Par Berlol, samedi 29 mars 2008 à 23:59 :: General :: #960 :: rss
À fond dans un article à finir. J'ai bien
regardé mon calendrier, lui et moi les yeux dans les yeux,
et il m'a dit qu'il fallait y aller, écrire,
écrire, récrire, sans maugréer sans
récrier. Sinon, c'est le plantage assuré. J'ai
senti qu'il avait raison, quelque chose s'est
résigné en moi, a vaincu la résistance
habituelle, l'appel du dehors. Alors pas de films à
l'Institut, le minimum de sortie, donc juste pour déjeuner
au Saint-Martin. Et le soir, en dînant, une bonne
distraction, le
Bossu (De Broca, 1997, avec Daniel Auteuil).
Dans des intermèdes de l'écriture (cela existe-t-il ?), je cherche un hôtel à Paris, pour cinq jours en mai. Je visite des pages web, j'envoie des courriers. Je découvre le monde réel : les prix exorbitants des chambres d'hôtels dans le centre de Paris. Comme c'est pour un colloque, j'aurai un budget pour ça — mais tout de même... Hôtels de caractère ou de charme, avec un peu de soin dans la décoration, rien à moins de 100 euros la nuit, et plutôt dans les 150.
Au lit, l'horreur : je serai bientôt expulsé du Port intérieur. Par sa fin.
La finitude et son nuage de conscience est vraiment ce qui définit le mieux l'homme, en ce qu'il veut-et-ne-veut-pas la fin des choses. L'aporie de la finitude se répète pour chaque chose, chaque heure et chaque vie, produit des millions d'indécidabilités, et dans notre tête ce nuage d'incessants mouvements bipolaires — et tout qui se décide quand même. Nous avançons. Ceux qui se tiennent, ceux qui se lâchent, ceux qui tournent le dos, tous avancent cependant.
J'ai déclaré depuis plusieurs années un attachement inconditionnel et irréversible à Volodine (à ses œuvres, aux auteurs dont il est le porte-parole) parce qu'il est au cœur, pour moi, de ce combat quand même. Tout est déjà perdu mais on y va quand même. Presque tout est décidé par d'autres, par les conditions qui nous contraignent, mais on veut quelque chose quand même. Et ça nous fait rire... Parce que (c'est) dans le quand même (que) gît profond l'humour de notre race.
Devinette : de quel aliment s'agit-il ?
« Gloria demandait au vendeur de fendre l'écorce à la machette. Elle aimait cette pulpe qui a une texture de dessert crémeux, comme une glace à la vanille en train de fondre sous une membrane jaune, jaune pâle, mais qui, pour la narine peu aventureuse, répand une odeur inélégante, repoussante, même, un cocktail d'excrément et d'ail, avec un zeste de carton humide et une giclée de butane.» (Antoine Volodine, Le Port intérieur, p. 187-188)
Art martial :
« Qu'est-ce que vous cherchez, demanda-t-il.
Je me suis trompé, dit Breughel en se relevant. C'est ailleurs.
Ailleurs ? s'indigna le tueur.
J'ai confondu deux sentiers, dit Breughel. C'est plus à droite, à une centaine de mètres.
Et il faut remonter, je suppose, grogna Kotter.
Oui, dit Breughel.
Il contourna le tueur et il lui indiqua une étroite dizaine de degrés qui conduisaient à une nouvelle esplanade funéraire, avec table et bancs en ciment.
Par là, dit-il.
Ils repartirent dans le dédale. Kotter désormais talonnait Breughel avec la certitude que celui-ci ne cherchait pas à l'abuser. L'erreur avait restauré la confiance entre les deux êtres.
Ensuite, on ne sait pourquoi, après avoir enjambé un arbre mort, Kotter précéda Breughel sur deux ou trois mètres, et, alors qu'il allait dire qu'il ne voyait rien, il sentit autour de son cou un fil coupant qui l'étranglait.» (Ibid., p. 202-203)
Dans des intermèdes de l'écriture (cela existe-t-il ?), je cherche un hôtel à Paris, pour cinq jours en mai. Je visite des pages web, j'envoie des courriers. Je découvre le monde réel : les prix exorbitants des chambres d'hôtels dans le centre de Paris. Comme c'est pour un colloque, j'aurai un budget pour ça — mais tout de même... Hôtels de caractère ou de charme, avec un peu de soin dans la décoration, rien à moins de 100 euros la nuit, et plutôt dans les 150.
Au lit, l'horreur : je serai bientôt expulsé du Port intérieur. Par sa fin.
La finitude et son nuage de conscience est vraiment ce qui définit le mieux l'homme, en ce qu'il veut-et-ne-veut-pas la fin des choses. L'aporie de la finitude se répète pour chaque chose, chaque heure et chaque vie, produit des millions d'indécidabilités, et dans notre tête ce nuage d'incessants mouvements bipolaires — et tout qui se décide quand même. Nous avançons. Ceux qui se tiennent, ceux qui se lâchent, ceux qui tournent le dos, tous avancent cependant.
J'ai déclaré depuis plusieurs années un attachement inconditionnel et irréversible à Volodine (à ses œuvres, aux auteurs dont il est le porte-parole) parce qu'il est au cœur, pour moi, de ce combat quand même. Tout est déjà perdu mais on y va quand même. Presque tout est décidé par d'autres, par les conditions qui nous contraignent, mais on veut quelque chose quand même. Et ça nous fait rire... Parce que (c'est) dans le quand même (que) gît profond l'humour de notre race.
Devinette : de quel aliment s'agit-il ?
« Gloria demandait au vendeur de fendre l'écorce à la machette. Elle aimait cette pulpe qui a une texture de dessert crémeux, comme une glace à la vanille en train de fondre sous une membrane jaune, jaune pâle, mais qui, pour la narine peu aventureuse, répand une odeur inélégante, repoussante, même, un cocktail d'excrément et d'ail, avec un zeste de carton humide et une giclée de butane.» (Antoine Volodine, Le Port intérieur, p. 187-188)
Art martial :
« Qu'est-ce que vous cherchez, demanda-t-il.
Je me suis trompé, dit Breughel en se relevant. C'est ailleurs.
Ailleurs ? s'indigna le tueur.
J'ai confondu deux sentiers, dit Breughel. C'est plus à droite, à une centaine de mètres.
Et il faut remonter, je suppose, grogna Kotter.
Oui, dit Breughel.
Il contourna le tueur et il lui indiqua une étroite dizaine de degrés qui conduisaient à une nouvelle esplanade funéraire, avec table et bancs en ciment.
Par là, dit-il.
Ils repartirent dans le dédale. Kotter désormais talonnait Breughel avec la certitude que celui-ci ne cherchait pas à l'abuser. L'erreur avait restauré la confiance entre les deux êtres.
Ensuite, on ne sait pourquoi, après avoir enjambé un arbre mort, Kotter précéda Breughel sur deux ou trois mètres, et, alors qu'il allait dire qu'il ne voyait rien, il sentit autour de son cou un fil coupant qui l'étranglait.» (Ibid., p. 202-203)
Commentaires
1. Le dimanche 30 mars 2008 à 02:44, par Richard :
S'agit-il du voisin du fromager, famille des bombacacées,
fruit de l'empereur de Chine, durio zibethinus, le DURION ? (chez Tang Frères entre mai et août) A mettre pour ma part avec plaisir dans le panier du gourmand (gourmet ?) avec du NATTO et le fromage norvégien GAMMELOST plus un CHASSAGNE-MONTRACHET blanc. Dans certains hôtels d'Asie: "durian no admitted."
2. Le dimanche 30 mars 2008 à 03:53, par Laure L :
Tu sais, je suis un peu comme toi côté calendrier, et tu m'as donné du courage... (moi c'est un texte en souffrance, bouffé par la furie Laureli...) Donc, tout pareil, juste un peu de sport et en voiture Simone.
Concernant les prix à Paris, ne m'en parle pas... Tiens, j'avais fait des recherches pour un auteur et j'étais tombée sur cet hôtel-là. Il est un peu spartiate mais pas moche et correct, vue la situation centrale : www.new-parnasse-hotel.co...
3. Le dimanche 30 mars 2008 à 04:50, par Berlol :
Chouette, j'ai aidé quelqu'un !
Merci pour l'hôtel ; j'ai vu les chambres et les tarifs ; c'est en effet pas mal du tout. Mais voilà, j'ai finalement réservé ce matin rue des Écoles.
Gagné, Richard ! Dans le texte, on trouve durian, les deux sont acceptés. Jamais goûté pour ma part. En revanche, j'ai vu le panneau en question à l'entrée d'un hôtel à Chiangmai (nord de la Thaïlande).
Ajouter un commentaire