dimanche 6 avril 2008
Nous défendons de mauvaises habitudes
Par Berlol, dimanche 6 avril 2008 à 23:59 :: General
Une semaine à ne pas manger normalement
— et l'impression d'avoir plus appris sur la nourriture en
six jours qu'en quarante ans. Mais je ne me nourrissais
déjà pas si mal. D'abord parce que j'ai presque
éliminé la restauration rapide et les plats tout
prêts des supermarchés. Même quand je ne
suis pas avec T., je prépare moi-même des choses
simples (tomates, carottes, concombres, pommes de terre, laitue,
chou-fleur, etc.), auxquelles s'ajoutent celles que j'ai appris
à connaître au Japon : okura, gobo, renkon, tofu, etc., et ces
choses qu'on achète plus rarement, selon la saison et le
prix : asperges vertes, avocat, etc. Un
rééquilibrage s'est opéré,
au profit du végétal et
du poisson. Non que je refuse la viande, la charcuterie et autres
produits carnés, mais parce qu'il n'y a aucune
nécessité d'en manger autant que ce qui
paraissait normal dans ma culture familiale.
Trop souvent nous défendons de mauvaises habitudes, croyant qu'il s'agit de notre goût propre.
Sortie ensoleillée jusqu'au Seijo Ishii de Korakuen, d'où l'on rapporte des yaourts et quelques autres denrées. Sieste et lecture.
« [...] comment leurs gardiens s'y prenaient pour faire en sorte qu'ils n'aient jamais une seconde l'esprit disponible, d'abord ces sandales à semelles de bois, disait-il, tout était étudié pour que nous ne cessions d'avoir l'esprit préoccupé par le fait que notre corps n'était pas loin de nous lâcher, par exemple aussi, quatre heures debout dans le froid, devant les blocs, sur le terrain inégal pavé de pierres, et je n'ai pas dit inégal pour ajouter un qualificatif, j'ai dit inégal parce que, comptant parmi les premiers arrivants au camp de Wakhausen, j'ai construit ces blocs et ces allées. La consigne était, lors de la construction des allées, de laisser apparentes les arêtes des pierres et de constituer une surface accidentée, j'ai compris pourquoi lorsque j'ai posé les pieds sur ce sol inégal avec mes semelles de bois, c'était intenable, et nous restions des heures dans cette position intenable, le temps qu'ils fassent l'appel dix fois, vingt fois, pour nous concentrer sur la douleur, puis nous déshabituer de la douleur, puis nous laisser nous concentrer de nouveau, puis nous détourner de cette concentration, pour faire dévier notre volonté de résister, c'était pour nous abattre, c'était un moyen psychologique de détruire en nous ce qui aurait pu rester de conscience, voyez, ce sol inégal dont il subsiste des traces, c'était pour éradiquer ce qui resterait en nous d'humanité au moment de mourir.» (Yves Ravey, Alerte, p. 49-50)
La Bête aveugle (Y. Masumura, 1969). Mouais... Du beau noir et blanc, une recherche intéressante dans les éclairages, les cadrages, un excellent jeu d'acteurs mais au final, un film un peu décevant, peut-être à cause du huis clos, de l'histoire elle-même, ou de la narration off. Encore ce tropisme japonais de l'amour impossible, ici impliquant régression, masochisme, mutilations...
Trop souvent nous défendons de mauvaises habitudes, croyant qu'il s'agit de notre goût propre.
Sortie ensoleillée jusqu'au Seijo Ishii de Korakuen, d'où l'on rapporte des yaourts et quelques autres denrées. Sieste et lecture.
« [...] comment leurs gardiens s'y prenaient pour faire en sorte qu'ils n'aient jamais une seconde l'esprit disponible, d'abord ces sandales à semelles de bois, disait-il, tout était étudié pour que nous ne cessions d'avoir l'esprit préoccupé par le fait que notre corps n'était pas loin de nous lâcher, par exemple aussi, quatre heures debout dans le froid, devant les blocs, sur le terrain inégal pavé de pierres, et je n'ai pas dit inégal pour ajouter un qualificatif, j'ai dit inégal parce que, comptant parmi les premiers arrivants au camp de Wakhausen, j'ai construit ces blocs et ces allées. La consigne était, lors de la construction des allées, de laisser apparentes les arêtes des pierres et de constituer une surface accidentée, j'ai compris pourquoi lorsque j'ai posé les pieds sur ce sol inégal avec mes semelles de bois, c'était intenable, et nous restions des heures dans cette position intenable, le temps qu'ils fassent l'appel dix fois, vingt fois, pour nous concentrer sur la douleur, puis nous déshabituer de la douleur, puis nous laisser nous concentrer de nouveau, puis nous détourner de cette concentration, pour faire dévier notre volonté de résister, c'était pour nous abattre, c'était un moyen psychologique de détruire en nous ce qui aurait pu rester de conscience, voyez, ce sol inégal dont il subsiste des traces, c'était pour éradiquer ce qui resterait en nous d'humanité au moment de mourir.» (Yves Ravey, Alerte, p. 49-50)
La Bête aveugle (Y. Masumura, 1969). Mouais... Du beau noir et blanc, une recherche intéressante dans les éclairages, les cadrages, un excellent jeu d'acteurs mais au final, un film un peu décevant, peut-être à cause du huis clos, de l'histoire elle-même, ou de la narration off. Encore ce tropisme japonais de l'amour impossible, ici impliquant régression, masochisme, mutilations...