Nous défendons de mauvaises habitudes
Par Berlol, dimanche 6 avril 2008 à 23:59 :: General :: #969 :: rss
Une semaine à ne pas manger normalement
— et l'impression d'avoir plus appris sur la nourriture en
six jours qu'en quarante ans. Mais je ne me nourrissais
déjà pas si mal. D'abord parce que j'ai presque
éliminé la restauration rapide et les plats tout
prêts des supermarchés. Même quand je ne
suis pas avec T., je prépare moi-même des choses
simples (tomates, carottes, concombres, pommes de terre, laitue,
chou-fleur, etc.), auxquelles s'ajoutent celles que j'ai appris
à connaître au Japon : okura, gobo, renkon, tofu, etc., et ces
choses qu'on achète plus rarement, selon la saison et le
prix : asperges vertes, avocat, etc. Un
rééquilibrage s'est opéré,
au profit du végétal et
du poisson. Non que je refuse la viande, la charcuterie et autres
produits carnés, mais parce qu'il n'y a aucune
nécessité d'en manger autant que ce qui
paraissait normal dans ma culture familiale.
Trop souvent nous défendons de mauvaises habitudes, croyant qu'il s'agit de notre goût propre.
Sortie ensoleillée jusqu'au Seijo Ishii de Korakuen, d'où l'on rapporte des yaourts et quelques autres denrées. Sieste et lecture.
« [...] comment leurs gardiens s'y prenaient pour faire en sorte qu'ils n'aient jamais une seconde l'esprit disponible, d'abord ces sandales à semelles de bois, disait-il, tout était étudié pour que nous ne cessions d'avoir l'esprit préoccupé par le fait que notre corps n'était pas loin de nous lâcher, par exemple aussi, quatre heures debout dans le froid, devant les blocs, sur le terrain inégal pavé de pierres, et je n'ai pas dit inégal pour ajouter un qualificatif, j'ai dit inégal parce que, comptant parmi les premiers arrivants au camp de Wakhausen, j'ai construit ces blocs et ces allées. La consigne était, lors de la construction des allées, de laisser apparentes les arêtes des pierres et de constituer une surface accidentée, j'ai compris pourquoi lorsque j'ai posé les pieds sur ce sol inégal avec mes semelles de bois, c'était intenable, et nous restions des heures dans cette position intenable, le temps qu'ils fassent l'appel dix fois, vingt fois, pour nous concentrer sur la douleur, puis nous déshabituer de la douleur, puis nous laisser nous concentrer de nouveau, puis nous détourner de cette concentration, pour faire dévier notre volonté de résister, c'était pour nous abattre, c'était un moyen psychologique de détruire en nous ce qui aurait pu rester de conscience, voyez, ce sol inégal dont il subsiste des traces, c'était pour éradiquer ce qui resterait en nous d'humanité au moment de mourir.» (Yves Ravey, Alerte, p. 49-50)
La Bête aveugle (Y. Masumura, 1969). Mouais... Du beau noir et blanc, une recherche intéressante dans les éclairages, les cadrages, un excellent jeu d'acteurs mais au final, un film un peu décevant, peut-être à cause du huis clos, de l'histoire elle-même, ou de la narration off. Encore ce tropisme japonais de l'amour impossible, ici impliquant régression, masochisme, mutilations...
Trop souvent nous défendons de mauvaises habitudes, croyant qu'il s'agit de notre goût propre.
Sortie ensoleillée jusqu'au Seijo Ishii de Korakuen, d'où l'on rapporte des yaourts et quelques autres denrées. Sieste et lecture.
« [...] comment leurs gardiens s'y prenaient pour faire en sorte qu'ils n'aient jamais une seconde l'esprit disponible, d'abord ces sandales à semelles de bois, disait-il, tout était étudié pour que nous ne cessions d'avoir l'esprit préoccupé par le fait que notre corps n'était pas loin de nous lâcher, par exemple aussi, quatre heures debout dans le froid, devant les blocs, sur le terrain inégal pavé de pierres, et je n'ai pas dit inégal pour ajouter un qualificatif, j'ai dit inégal parce que, comptant parmi les premiers arrivants au camp de Wakhausen, j'ai construit ces blocs et ces allées. La consigne était, lors de la construction des allées, de laisser apparentes les arêtes des pierres et de constituer une surface accidentée, j'ai compris pourquoi lorsque j'ai posé les pieds sur ce sol inégal avec mes semelles de bois, c'était intenable, et nous restions des heures dans cette position intenable, le temps qu'ils fassent l'appel dix fois, vingt fois, pour nous concentrer sur la douleur, puis nous déshabituer de la douleur, puis nous laisser nous concentrer de nouveau, puis nous détourner de cette concentration, pour faire dévier notre volonté de résister, c'était pour nous abattre, c'était un moyen psychologique de détruire en nous ce qui aurait pu rester de conscience, voyez, ce sol inégal dont il subsiste des traces, c'était pour éradiquer ce qui resterait en nous d'humanité au moment de mourir.» (Yves Ravey, Alerte, p. 49-50)
La Bête aveugle (Y. Masumura, 1969). Mouais... Du beau noir et blanc, une recherche intéressante dans les éclairages, les cadrages, un excellent jeu d'acteurs mais au final, un film un peu décevant, peut-être à cause du huis clos, de l'histoire elle-même, ou de la narration off. Encore ce tropisme japonais de l'amour impossible, ici impliquant régression, masochisme, mutilations...
Commentaires
1. Le mardi 8 avril 2008 à 04:59, par Unknow :
Un vrai bourge !
Vivre au Japon et manger aussi bien...
Savez-vous vraiment ce qu'est de vivre au Japon et de ne pas pouvoir se nourrir normalement. Se dire que l'on a moins de 1000en par jour. De rencontrer des compatriotes, de ne rien faire paraître. Faire comme tout le monde et demander s'il y a du travail dans les alentours... et écouter les conseils idiots de ceux qui n'ont rien à dire.
J'ai rien contre la réussite, rien contre votre gloire professionnelle.
Juste que vos propos sont une insulte à ma galère de vie, nos galères de vies, nous, les milions de "petits" français, japonais, etc.
Vous vivez la vie, à vous lire, comme une belle et parfaite leçon.
Avez-vous oublié vos premières années intellectuelles ?
Cherchez-les, elles sont au font de votre crâne, là où vous les avez laissées.
J'ai tant à vous dire, mais les mots et surtout le temps me manque.
Une autre fois peut-être, si vous êtes capable d'entendre...
Sachez que le contenu de votre journal, ou plutôt votre quotidien, m'exaspère. Vos idées sont sales, pas par nature, mais entachées par votre quotidien. Réveillez-vous bon sang !
Je vie la Japon (et en général) aux antipodes.... et je peux tellement vous apprendre... pour peut que j'en ai l'envie.
Unknow
[cette signature... je n'ai pas honte de mon nom, mais moi, je sais que je suis personne. On me connait mais il n'est pas possible de se souvenir de moi. J'ai conscience de mon inexistante !
pas besoin de livre, d'oeuvres... pour cacher ma peur de disparaître]
2. Le mardi 8 avril 2008 à 05:23, par Berlol :
J'en crois pas mes yeux !
Désolé, je n'ai aucune intention de me dépouiller pour me mettre au niveau d'indigence que vous décrivez. Je peux comprendre votre colère mais je ne crois pas pouvoir en être le destinataire. Par ailleurs, si mon quotidien vous exaspère, vous n'avez qu'un clic à faire pour l'effacer de votre ordinateur et ne plus jamais y revenir.
Quant à ce qui est de disparaître, je viens déjà de passer une sale semaine...
3. Le mercredi 9 avril 2008 à 04:32, par Unkonow :
Vous n'en croyez pas vos yeux...!?
Etes-vous autoritaire ? Es-ce un signe ?
Je n'ai aucune colère à exprimer contre vous.
J'ai une saine considération. Mais pas d'admiration.
Bref, mes critiques plaisantes ou pas, se posent sur vos activités publiques. Et qu'il ne vous en déplaise, c'est ainsi. Si les propos contradictoires vous choquent, je vous invite à revenir dans l'ombre.
En ton cas, ce n'est pas par mon "clic" que vous prendrez ce chemin.
De plus, votre niveau de vie n'est pas une insulte aux pauvres (dont je suis membre sans honte). Ne vous appauvrissez pas pour une cause, vous n'en n'êtes pas capable (et vous n'êtes pas le seul). S'il y a indigence à aborder c'est sur le plan intérieur (spirituel, valeurs morales, narcissisme... a vous de choisir car je ne peux pas prendre votre place sur ce point).
Pour finir... vous avez peur ???
Auriez-vous des fantômes, cachés par un aussi brillant esprit ?
Il faut consulter !
Quant a moi, je n'ai pas peur de l'inévitable. Je ne suis pas présomptueux. J'attends la suite des évènements, le "destin", cette force que personne ne peut maîtriser. Ma prochaine vie sera meilleure, j'espère ! et tant qu'à celle-ci, je sais que je ne suis que locataire des moments passés.
Mais, Mr Berlol, il vous manque je ne sais quoi.... je pense sincèrement que vous êtes un esprit exceptionnel. Mais il y a quelque chose que je n'arrive pas à percevoir et qui me semble pas très normal. Je ne peux pas encore l'exprimer, difficile à cerner. Etes-vous authentique (ce que je pense) ou un être totalement faux caché sous un air très débonnaire ?
Je ne vous souhaite pas de mal, loin de moi une pensée aussi stérile, et je perçois vos propos concernant la semaine passée...
En conclusion, vous êtes bien le destinataire de mes critiques.
Votre ou vos réponse(s) me conforte en ce sens.
Unknow.
4. Le mercredi 9 avril 2008 à 06:02, par Berlol :
En attendant "la forza del destino", je lirai volontiers, de temps en temps, la progression de votre pénétration psychologique.
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