Soigner la maladie en éliminant le symptôme
Par Berlol, mardi 8 avril 2008 à 23:59 :: General :: #970 :: rss
Fin de l'alerte.
Rendez-vous ce matin, avec T., à l'hôpital Toranomon, malgré les fortes pluies, pour m'entendre dire que mes deux polypes n'étaient pas cancéreux. Nous savions que c'était une possibilité, surtout du fait de leur taille, mais prononcer le mot durant cette semaine ne nous aurait avancés à rien. L'angoisse était sous-jacente. Le soulagement est, lui, plus extériorisé. On va déjeuner au Saint-Martin où j'ai droit à du poulet (du blanc, sans la peau) et à de la purée (à la place des frites). Et pas de vin, bien sûr. Pendant au moins un mois.
En fait, à discuter avec notre médecin traitant de ces ablations de polypes de plus d'un centimètre, telles qu'elles se pratiquent à la pointe de la technologie dans cet hôpital, et à écouter T. me résumer des articles un peu spécialisés en ligne, nous avons l'impression d'être pris entre les partisans d'une chirurgie lourde (plus d'un centimètre et demi : il faut ouvrir le ventre, on ne peut pas opérer avec le coloscope) et les pionniers forcément un peu aventureux, amateurs de jeux vidéos (et si les clips sautent, re-coloscope, c'est toujours mieux que d'ouvrir...).
Mais nous, on n'entre pas là-dedans. Ce que je vois, c'est que j'ai une cicatrice de trois centimètres et une autre de deux et que j'ai intérêt à me tenir à carreaux si je ne veux pas me reprendre deux litres de laxatif dans le colon...
En plus, il faut que je parte à Nagoya. Avec une petite
valise, pas trop lourde. Dans le train, je finis Ravey... Le sujet du
livre a été subtilement
maîtrisé de bout en bout. Il faudrait
étudier les emboîtements syntaxiques pour suivre
sa façon légère, rythmée,
de relier sans cesse personnes, voix et situations sans qu'elles
s'amalgament en un continuum monotone. Dès le Fuji
doublé, il fait grand soleil.
« Les historiens se dirigeaient silencieusement et d'un pas lent vers le grand escalier dont ils commençaient à gravir un à un les degrés. Mandrake, qui s'était engagé lui aussi dans l'ascension, s'arrêta net, c'était le signal du téléphone mobile. Il redescendit de quelques marches. C'était Allison. Je suis sur l'autoroute, lui dit-elle, au poste-frontière, Rebecca a été entraînée par Karl dans une histoire stupide, je me suis rendue à la police, il ne l'importunera plus, et elle regrette, elle regrette amèrement, vois-tu, elle est à côté de moi, elle te fait dire que tout va bien, Karl a disparu, il l'a menacée de mort, c'est pour cette raison que j'ai pris rendez-vous avec le commissaire, les inspecteurs disent que Karl est connu de leur service, ils disent que c'est une grosse affaire et que Rebecca était en danger [...] » (Yves Ravey, L'Alerte, p. 100-101)
Au bureau, après une rassérénante conversation avec David, j'écoute la radio. Deuxième étage du fiasco de la flamme : on parle maintenant de cesser son parcours international. Cela s'appelle faire l'autruche : il y a un énorme problème, feignons de ne pas le voir. Ou croire soigner la maladie en éliminant le symptôme. Je ne sais pas où on va, mais on y va.
Rendez-vous ce matin, avec T., à l'hôpital Toranomon, malgré les fortes pluies, pour m'entendre dire que mes deux polypes n'étaient pas cancéreux. Nous savions que c'était une possibilité, surtout du fait de leur taille, mais prononcer le mot durant cette semaine ne nous aurait avancés à rien. L'angoisse était sous-jacente. Le soulagement est, lui, plus extériorisé. On va déjeuner au Saint-Martin où j'ai droit à du poulet (du blanc, sans la peau) et à de la purée (à la place des frites). Et pas de vin, bien sûr. Pendant au moins un mois.
En fait, à discuter avec notre médecin traitant de ces ablations de polypes de plus d'un centimètre, telles qu'elles se pratiquent à la pointe de la technologie dans cet hôpital, et à écouter T. me résumer des articles un peu spécialisés en ligne, nous avons l'impression d'être pris entre les partisans d'une chirurgie lourde (plus d'un centimètre et demi : il faut ouvrir le ventre, on ne peut pas opérer avec le coloscope) et les pionniers forcément un peu aventureux, amateurs de jeux vidéos (et si les clips sautent, re-coloscope, c'est toujours mieux que d'ouvrir...).
Mais nous, on n'entre pas là-dedans. Ce que je vois, c'est que j'ai une cicatrice de trois centimètres et une autre de deux et que j'ai intérêt à me tenir à carreaux si je ne veux pas me reprendre deux litres de laxatif dans le colon...
En plus, il faut que je parte à Nagoya. Avec une petite
valise, pas trop lourde. Dans le train, je finis Ravey... Le sujet du
livre a été subtilement
maîtrisé de bout en bout. Il faudrait
étudier les emboîtements syntaxiques pour suivre
sa façon légère, rythmée,
de relier sans cesse personnes, voix et situations sans qu'elles
s'amalgament en un continuum monotone. Dès le Fuji
doublé, il fait grand soleil.« Les historiens se dirigeaient silencieusement et d'un pas lent vers le grand escalier dont ils commençaient à gravir un à un les degrés. Mandrake, qui s'était engagé lui aussi dans l'ascension, s'arrêta net, c'était le signal du téléphone mobile. Il redescendit de quelques marches. C'était Allison. Je suis sur l'autoroute, lui dit-elle, au poste-frontière, Rebecca a été entraînée par Karl dans une histoire stupide, je me suis rendue à la police, il ne l'importunera plus, et elle regrette, elle regrette amèrement, vois-tu, elle est à côté de moi, elle te fait dire que tout va bien, Karl a disparu, il l'a menacée de mort, c'est pour cette raison que j'ai pris rendez-vous avec le commissaire, les inspecteurs disent que Karl est connu de leur service, ils disent que c'est une grosse affaire et que Rebecca était en danger [...] » (Yves Ravey, L'Alerte, p. 100-101)
Au bureau, après une rassérénante conversation avec David, j'écoute la radio. Deuxième étage du fiasco de la flamme : on parle maintenant de cesser son parcours international. Cela s'appelle faire l'autruche : il y a un énorme problème, feignons de ne pas le voir. Ou croire soigner la maladie en éliminant le symptôme. Je ne sais pas où on va, mais on y va.
Commentaires
1. Le mercredi 9 avril 2008 à 03:34, par brigetoun :
désolée de jouer les experts, le prélèvement de polype lors d'une coloscopie se pratique en clinique sans hospitalisation, de façon courante,à Paris. On n'opère bien entendu pas avant de savoir que c'est cancéreux et on évalue en ce cas quelle est l'intervention souhaitable.
Aller vers une prépondérance du commerce (avec ou sans guerre) et sur l'instrumentalisation du sport est ce que cela ne dure pas depuis des siècles ?
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