En torturant délicatement la page
Par Berlol, vendredi 11 avril 2008 à 23:59 :: General :: #973 :: rss
Le sport m'étant toujours interdit, je monte au
bureau tôt pout faire du rangement ; tous les
documents des cours et de l'administration de l'an dernier à
ranger ou jeter ; ce qui fait aussi du sport. Au courrier
d'hier, bien reçu Rashomon,
le film en dévédé que ma
sœur voulait m'offrir à Noël. Sauf que sa
FNAC l'avait puis ne l'avait pas, a lambiné des mois, si
bien qu'on est en avril... Mais cette fois, ça y est, il est
entre mes mains, avec ses sous-titres en français.
Au courrier d'aujourd'hui. Grosse émotion en ouvrant l'enveloppe à bulles. Un ami très cher m'envoie les deux livres de Lutz Bassmann chez Verdier (coll. Chaoïd) : Haïkus de prison et Avec les Moines-soldats (en librairie le 2 mai)... TINA et quelques autres les avaient déjà annoncés. Belles photos de jaquettes représentant des lieux délabrés, des débris d'objets indéterminés. Il y aura un site web à partir du 15 avril. J'en lis des bouts en finissant mon rangement, entre les visites à la scolarité et à la bibliothèque (début d'année universitaire oblige) et le déjeuner avec David et deux autres collègues, chez Downey où je mange à peu près normalement mes sandwichs.
« Les surveillants sifflotent dans le couloir
le moine a entendu dire
qu'ils avaient tué un politique
[...]
L'organisation s'est constituée
les conditions objectives pour la révolte
se font attendre
[...]
En pleine nuit il y a eu un silence
ça a réveillé
tout le monde » (Lutz Bassmann, Haïkus de prison, Paris : Verdier, 2008, p. 14-15)
En regard de la page de titre intérieur, une page intitulée « Voix du post-exotisme », avec une liste d'œuvres de Lutz Bassmann, Manuela Draeger (à l'École des loisirs), Elli Kronauer (à l'École des loisirs et chez Byline) et Antoine Volodine (chez Denoël, Minuit, Gallimard et au Seuil). Comprenne qui pourra. Ajoutons qu'une vingtaine de haïkus bassmanniens avaient déjà paru en 2005 dans la revue Hypercourt, n°5, éditions Ère, et d'autres dans la revue Éponyme, n°2, certains repris dans le blog Chin Chin Pui Pui (« guili guili », en japonais).
En torturant délicatement la page Google, je lui ai même fait cracher La femelle du requin, qui avait commis quatre articles sur Volodine dans son rude numéro de l'hiver 2002 — des plumes perdues de Sylvain Nicolino, Sébastien Omont, Laurent Roux et quelques réjouissantes impostures...
Quand trois heures approchent, je m'enfuis... Direction, la capitale. Et T. qui m'attend pour un bilan santé de la semaine. Dans le shinkansen, je ne sais pas ce qui s'est passé, j'ai complètement traversé de part en part le Bambi Bar et ça m'a beaucoup plu. Yves Ravey aime décidément bien finir le boulot à l'explosif, ce qui ne serait pas pour déplaire aux personnages déjantés de Sukiyaki Western Django (T. Miike, 2007) que nous regardons en dînant.
« Le soir, Monica est restée seule avec sa fille, Maurice est revenu après le dîner. Caddie a regagné sa chambre et Monica a enfilé une veste de tailleur. je me suis dit que c'était peut-être l'occasion.
J'ai quitté l'appartement. j'ai pris par la cour et j'ai traversé la rue tout en vérifiant que la voiture de Maurice n'était plus là. Enfin, je suis monté à l'étage. J'ai frappé à la porte et j'ai demandé si j'étais bien chez Caddie, la fille de Monica. Personne n'a répondu. J'ai insisté. Elle pouvait ouvrir, elle ne courait aucun risque. Rien n'a bougé. je me suis rendu à la petite fenêtre du couloir qui donnait sur la rue vérifier que Maurice n'était pas déjà de retour.
[...]
— tu comprends, Léon, a dit Maurice, je suis bien ennuyé. Alexander et moi on se pose des questions, on aimerait que tu nous dises à quoi sert la paire de jumelles dans ton appartement. Le gardien de ton immeuble est venu prendre un verre au bar, et on a discuté. Il a dit qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond chez toi, et il nous a proposé de visiter ton appartement. Alors nous, tu nous connais, Léon, on ne te veut pas de mal, mais on l'a suivi et il nous a ouvert la porte.» (Yves Ravey, Bambi Bar, Paris : Éditions de Minuit, 2008, p. 38 et 75)
Au courrier d'aujourd'hui. Grosse émotion en ouvrant l'enveloppe à bulles. Un ami très cher m'envoie les deux livres de Lutz Bassmann chez Verdier (coll. Chaoïd) : Haïkus de prison et Avec les Moines-soldats (en librairie le 2 mai)... TINA et quelques autres les avaient déjà annoncés. Belles photos de jaquettes représentant des lieux délabrés, des débris d'objets indéterminés. Il y aura un site web à partir du 15 avril. J'en lis des bouts en finissant mon rangement, entre les visites à la scolarité et à la bibliothèque (début d'année universitaire oblige) et le déjeuner avec David et deux autres collègues, chez Downey où je mange à peu près normalement mes sandwichs.
« Les surveillants sifflotent dans le couloir
le moine a entendu dire
qu'ils avaient tué un politique
[...]
L'organisation s'est constituée
les conditions objectives pour la révolte
se font attendre
[...]
En pleine nuit il y a eu un silence
ça a réveillé
tout le monde » (Lutz Bassmann, Haïkus de prison, Paris : Verdier, 2008, p. 14-15)
En regard de la page de titre intérieur, une page intitulée « Voix du post-exotisme », avec une liste d'œuvres de Lutz Bassmann, Manuela Draeger (à l'École des loisirs), Elli Kronauer (à l'École des loisirs et chez Byline) et Antoine Volodine (chez Denoël, Minuit, Gallimard et au Seuil). Comprenne qui pourra. Ajoutons qu'une vingtaine de haïkus bassmanniens avaient déjà paru en 2005 dans la revue Hypercourt, n°5, éditions Ère, et d'autres dans la revue Éponyme, n°2, certains repris dans le blog Chin Chin Pui Pui (« guili guili », en japonais).
En torturant délicatement la page Google, je lui ai même fait cracher La femelle du requin, qui avait commis quatre articles sur Volodine dans son rude numéro de l'hiver 2002 — des plumes perdues de Sylvain Nicolino, Sébastien Omont, Laurent Roux et quelques réjouissantes impostures...
Quand trois heures approchent, je m'enfuis... Direction, la capitale. Et T. qui m'attend pour un bilan santé de la semaine. Dans le shinkansen, je ne sais pas ce qui s'est passé, j'ai complètement traversé de part en part le Bambi Bar et ça m'a beaucoup plu. Yves Ravey aime décidément bien finir le boulot à l'explosif, ce qui ne serait pas pour déplaire aux personnages déjantés de Sukiyaki Western Django (T. Miike, 2007) que nous regardons en dînant.
« Le soir, Monica est restée seule avec sa fille, Maurice est revenu après le dîner. Caddie a regagné sa chambre et Monica a enfilé une veste de tailleur. je me suis dit que c'était peut-être l'occasion.
J'ai quitté l'appartement. j'ai pris par la cour et j'ai traversé la rue tout en vérifiant que la voiture de Maurice n'était plus là. Enfin, je suis monté à l'étage. J'ai frappé à la porte et j'ai demandé si j'étais bien chez Caddie, la fille de Monica. Personne n'a répondu. J'ai insisté. Elle pouvait ouvrir, elle ne courait aucun risque. Rien n'a bougé. je me suis rendu à la petite fenêtre du couloir qui donnait sur la rue vérifier que Maurice n'était pas déjà de retour.
[...]
— tu comprends, Léon, a dit Maurice, je suis bien ennuyé. Alexander et moi on se pose des questions, on aimerait que tu nous dises à quoi sert la paire de jumelles dans ton appartement. Le gardien de ton immeuble est venu prendre un verre au bar, et on a discuté. Il a dit qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond chez toi, et il nous a proposé de visiter ton appartement. Alors nous, tu nous connais, Léon, on ne te veut pas de mal, mais on l'a suivi et il nous a ouvert la porte.» (Yves Ravey, Bambi Bar, Paris : Éditions de Minuit, 2008, p. 38 et 75)
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