Encore onze heures d'interruption chez Globat ! Du coup, je suis allé faire un tour sur des blogs ou des forums où l'on disait pis que pendre de cet hébergeur. Et de s'échanger des noms d'autres. Dont on se plaint ailleurs. Et ainsi de suite. Je suis passé à autre chose...
Enfin j'achève la réduction à 20.000 signes de mon intervention de Cerisy sur Mérimée, avec les références comme les veut l'éditeur. C'est parti.
Déjeuner au Saint-Martin. J'y mange mon plat normalement. N'y a que le vin et le café auxquels je n'ai pas droit. Puis on marche une heure, entre grisaille et soleil pâle — l'astre serait-il convalescent, lui aussi ?

J'ai regardé le Bateau Livre de la semaine. J'aime beaucoup Ariane Ascaride. J'espère voir bientôt le film de Guédiguian. Ce Monde-là de François Taillandier m'intéresse aussi beaucoup. Florence Delay, j'ai toujours eu plaisir à l'écouter, et de très bons souvenirs de lecture. Mais je ne sais pas pourquoi, quand elle parle de corrida, de la mort sublime du taureau fier, encore opposée à celle indigne et horrible de l'animal de boucherie, là, je n'arrive plus à admirer l'auteur de L'Insuccès de la fête. Continuer à faire valoir ce discours de la noble tradition qui ne doit cesser, et cet anthropocentrisme de prêter à l'animal des sentiments et même des concepts humains, c'est ce qui me déçoit beaucoup chez cette femme si intelligente.

TV5 Monde programmait ce soir une adaptation récente du Silence de la mer (Boutron, 2004) de Vercors. Après le film de Melville de 47 et avec un texte originel à la fois juste, mince et sévère, il paraissait difficile d'arriver à faire autre chose. Résultat mi-figue mi-raisin. Je crois qu'on a ajouté quelques épisodes pour contextualiser, et même un attentat dans la cour — il faut que j'aille vérifier dans le livre. Dans un sens, cela resserre l'action dans son lieu, donne plus de poids aux émotions (mal) retenues, dans l'autre cela trahit l'œuvre et massacre sa finesse. Pas sûr du tout que Vercors aurait validé ces bonnes intentions pédagogiques.

« Le directeur fait un discours
le vent souffle en rafales
on n'entend rien »
(Lutz Bassmann, Haïkus de prison, p. 27)