Hhhan ! On a trouvé des grosses traces d'inflation ! Jusque dans les chiffres truqués des ministères — ils en profitent pour répercuter d'un seul coup tout ce qui était resté sous le coude. Tu penses, quelle aubaine, ce pétrole ! Et maintenant les céréales ! demain, le slip sera plus cher !
La semaine dernière, en rangeant des documents dans mon bureau, je suis tombé sur un magazine de septembre dernier qui détaillait déjà toutes les augmentations de la rentrée. Et c'était avant l'envolée spectaculaire du pétrole. La mondialisation est en train de devenir non pas le prétexte comme on le croyait mais bien le terrain d'une véritable terreur économique organisée par les grands groupes industriels et les groupes de spéculation boursière, sur le dos des populations dont on tond la laine avant même qu'elle ne pousse, et dirigée contre les gouvernements à qui l'on remontre ki ki ksè qu'a le pouvoir, hein !

J'aime bien quand Lionel s'énerve — ça donne un sashimi de vraie vie, un truc cru, forcément. En voilà un qui ne se laisse pas tondre sans regimber.

De mon côté, un cours et une réunion. Entre les deux, je déjeune à la maison et je prépare les documents officiels pour mon voyage du mois prochain : il faut une demande d'autorisation de voyage à l'étranger pour colloque, une demande de budget de recherche, une déclaration pour les dates d'absence de la faculté et une demande de remplacement des cours, assortis d'une lettre d'invitation, d'une photocopie de mon billet d'avion, d'un programme de colloque sur lequel mon nom figure, de ma proposition initiale et du texte de mon intervention. Tout est prêt, sauf le dernier document. Je trouve d'ailleurs aberrant que le texte complet soit demandé, comme ça, des semaines à l'avance, alors que la plupart des chercheurs continuent à travailler et à modifier leurs textes d'interventions quasiment jusqu'au jour du colloque...

Quelques coups de téléphone ont tout de même pu être donnés et reçus et l'on se retrouve à six pour dîner au restaurant de poulet Toriden, entre l'Alliance et la station de Motoyama. Sophie, Andreas et Benoît sont très heureux de reformer le groupe qui fête sa première année d'existence. Ma collègue C. se joint à nous pour la troisième fois tandis qu'un collègue de plus de 10 ans à Tokyo qui vient de prendre son poste dans une université à deux pas d'ici découvre pour la première fois qu'il y a de la vie francophone à Nagoya.
On s'est retrouvé dans ce restaurant un peu par ma faute puisque j'ai posé mes conditions diététiques mais il faudra trouver mieux dès la semaine prochaine. Il y avait un énorme groupe d'étudiants dans la salle donnnant sur la rue, les petits salons tous pleins, on nous a fait entrer dans une pièce en forme d'œuf, si si !, avec une table ovale et juste six places. Mais on s'est bien marré quand même. Les vacances de chacun, quelques détails (ma non troppo) sur la coloscopie, la comparaison des stages d'étudiants à l'étranger, la vie subversive à Orléans, et même un peu de littérature puisqu'il est question de Muriel Barbery à Kyoto.

« Près du trou à pisse
le bonze médite sur l'enchaînement des causes
et des effets »
(Lutz Bassmann, Haïkus de prison, p. 56)