vendredi 18 avril 2008
Celle dont on a voté la mort
Par Berlol, vendredi 18 avril 2008 à 23:59 :: General
Chloé Delaume nous livre un bout de sa pièce de 2009, Eden matin midi et soir. Ce n'est pas sans intérêt. Résistance secrète, enfermement, groupuscule incertain, délire de lucidité : elle pourrait presque s'inscrire au club très fermé du post-exotisme... Mais pourquoi avoir appelé Adèle l'ennemie, celle dont on a voté la mort ? Dans le passionnant de l'écriture se glisse le ridicule du calembour. Et l'on se dit : quand même, elle ne va pas nous la faire ? Non, pas elle !
Éric Chevillard, de son côté, commente la suffisance d'un certain Richard Millet dont le désir manquerait cruellement à l'Afrique. Cela suffit sans doute à discréditer Millet, même en retrouvant le contexte de la citation, et chacun voit tout ce qui se cache derrière la fausse finesse d'une défense argumentée. Mais je ne peux m'empêcher de relever que Millet garde de l'intérêt pour la « chrétienne Éthiopie », ce qui semble sous-entendre que c'est seulement parce qu'elle est chrétienne, d'où qu'automatiquement le reste de l'Afrique est sans intérêt parce que non-chrétien — ce n'est peut-être pas du racisme mais ça va très loin dans la connerie.
Rien que ça dans le ventre au petit déjeuner, ça permet déjà de voir venir. Je m'occupe ensuite de courrier, de rangement de factures, de regrouper des documents épars dans un seul meuble (ça prendra encore des semaines) en écoutant Ce soir ou Jamais de mardi — amusant coq-à-l'âne : on débat du succès des Ch'tis, de la mort volontaire, de la cacophonie gouvernementale et des devoirs des chômeurs.
Déjeuner avec David. Nous allons sous la pluie jusque chez Rhubarb pour une bonne crêpe complète. Après quoi, je passe encore plus de deux heures à boucler mon dossier administratif pour le colloque de mai (c'est autant de temps que je ne peux pas consacrer à la rédaction de mon intervention, et ça, l'administration ne semble pas le comprendre...).
Quand j'arrive enfin à m'enfuir, je file au shinkansen de 17h40 dans lequel je relis quelques leçons de japonais.
Henri Béhar diffuse sur la liste Mélusine la lettre de démission du Parti Communiste d'Aimé Césaire (attention : le paragraphe qui commence par « [p.3] Ici Aimé Césaire » est un commentaire oublié dans le texte original). Elle date du 25 octobre 1956, jour où Eisenhower condamnait avec force l'intervention des troupes soviétiques en Hongrie (occasion de découvrir l'étonnant site des archives européennes) tandis que le journal Tintin publiait la Justice des samouraïs. Le même jour — c'est quand même autre chose — Allen Ginsberg lisait un extrait de Supermarket in California à l'université de San Francisco (dans la Revue des Ressources, bellement modernisée !).
Voilà comment je me distrais avant de retourner sur le front des Syrtes...
Éric Chevillard, de son côté, commente la suffisance d'un certain Richard Millet dont le désir manquerait cruellement à l'Afrique. Cela suffit sans doute à discréditer Millet, même en retrouvant le contexte de la citation, et chacun voit tout ce qui se cache derrière la fausse finesse d'une défense argumentée. Mais je ne peux m'empêcher de relever que Millet garde de l'intérêt pour la « chrétienne Éthiopie », ce qui semble sous-entendre que c'est seulement parce qu'elle est chrétienne, d'où qu'automatiquement le reste de l'Afrique est sans intérêt parce que non-chrétien — ce n'est peut-être pas du racisme mais ça va très loin dans la connerie.
Rien que ça dans le ventre au petit déjeuner, ça permet déjà de voir venir. Je m'occupe ensuite de courrier, de rangement de factures, de regrouper des documents épars dans un seul meuble (ça prendra encore des semaines) en écoutant Ce soir ou Jamais de mardi — amusant coq-à-l'âne : on débat du succès des Ch'tis, de la mort volontaire, de la cacophonie gouvernementale et des devoirs des chômeurs.
Déjeuner avec David. Nous allons sous la pluie jusque chez Rhubarb pour une bonne crêpe complète. Après quoi, je passe encore plus de deux heures à boucler mon dossier administratif pour le colloque de mai (c'est autant de temps que je ne peux pas consacrer à la rédaction de mon intervention, et ça, l'administration ne semble pas le comprendre...).
Quand j'arrive enfin à m'enfuir, je file au shinkansen de 17h40 dans lequel je relis quelques leçons de japonais.
Henri Béhar diffuse sur la liste Mélusine la lettre de démission du Parti Communiste d'Aimé Césaire (attention : le paragraphe qui commence par « [p.3] Ici Aimé Césaire » est un commentaire oublié dans le texte original). Elle date du 25 octobre 1956, jour où Eisenhower condamnait avec force l'intervention des troupes soviétiques en Hongrie (occasion de découvrir l'étonnant site des archives européennes) tandis que le journal Tintin publiait la Justice des samouraïs. Le même jour — c'est quand même autre chose — Allen Ginsberg lisait un extrait de Supermarket in California à l'université de San Francisco (dans la Revue des Ressources, bellement modernisée !).
Voilà comment je me distrais avant de retourner sur le front des Syrtes...