Au champ lexical de charme (18 occurrences), aimant (6), magnétique (6), magie (11) s'oppose celui d'ennui (39), inertie (15), etc. On peut raisonnablement supposer que la fréquence des mots de ces deux champs est supérieure dans Le Rivage des Syrtes à ce qu'elle est dans la plupart des livres de même volume. À l'ennui d'une vie tranquille, d'amours faciles et de carrière toute tracée, le narrateur préfère l'attraction qu'exerce un fantasme mal identifié. Tout cela reste abstrait.
Mais la fin du deuxième chapitre apporte un premier élément matériel : la silhouette d'un bateau clandestin au clair de la lune. Dès le lendemain matin, chapitre 3, le ton monte dans le bureau du capitaine, entre celui-ci, Marino, partisan de l'inertie, et Aldo, partisan de l'action. Marino tient alors cet extraordinaire propos sur la fragilité de tout équilibre, qui n'est qu'apparemment stable. Et pire encore quand trois siècles d'histoire se sont entassés dans les plateaux de la balance : « un comble d'inertie » (p. 48) car le déplacement d'une petite quantité de loyauté ou de conviction peut très bien faire écrouler tout l'édifice...
En attendant d'aller de l'avant — équilibre littéraire oblige — le narrateur revient quelques années en arrière pour évoquer sa rencontre avec Vanessa, la « reine du jardin » (51), femme fatale et centripète, partout chez elle et toujours capable de « planter tout à coup ses tentes en plein vent » (78) — très dans la façon de Breton, son portrait. Aldo nous réserve ainsi de ces plongées dans le passé, destinées à chercher toujours plus loin les sources de sa vocation, jusqu'à se croire prédestiné, après avoir été comme averti par Vanessa que « la ville avait trop vécu et que son heure était venue » (55). Il pourra bientôt commencer à jouer « l'apprenti sorcier » (57).

Suis très étonné de recevoir un courrier de France à l'Institut ! Et avec de si beaux timbres ! C'est Richard qui, n'ayant pas mon adresse, m'envoie ici le programme de la rétrospective Kijû Yoshida de la cinémathèque de Beaubourg et un article découpé dans un journal sur... la prévention du cancer colorectal. D'une belle écriture à la plume, il exprime son plaisir d'avoir rencontré le maître et son actrice et compagne, Mariko Okada venus présenter les films. Grand merci, Richard, vraiment !

Au Saint-Martin avec T. et Laurent. Bientôt trois semaines de cicatrisation ; j'ai enfin droit au poulet-frites ! C'est peut-être un détail pour vous...
On discute avec exaltation de la situation des universités. Et de pourquoi je ne suis pas allé à la conférence de Jean Échenoz à l'Université de Tokyo — ni ailleurs : pour avoir déjà pu apprécier sa modestie et sa discrétion, je sais toutefois que le rencontrer dans un cadre officiel n'apporte rien de plus que la lecture des œuvres. Cela dépend des auteurs. Ce n'est ni une qualité ni un défaut. Et surtout pas un reproche.
Alors qu'aux universités, il y aurait beaucoup à reprocher ! À commencer par leur clientélisme, au point que beaucoup d'étudiants et de parents croient maintenant acheter le diplôme de fin d'études dès l'entrée en première année. Qu'un professeur veuille coller un cancre de 4e année et c'est l'université elle-même, aiguillonnée par les parents, qui veut faire un procès à son employé ! Non mais où va-t-on ?

Dîner avec La Forteresse cachée (Akira Kurosawa, 1958). Tout simplement sublime !

Le saviez-vous ? La France n'est donc pas (plus ?) un pays souverain. À l'occasion du passage de la flamme olympique, elle a laissé une autre police (?) que la sienne faire la police sur son territoire. Ce n'est pas le cas de l'Australie, qui refuse ces voyous (dixit Sebastian Coe à Londres), si j'en crois Eolas. Le Japon, dans la perspective du 26, s'est clairement exprimé dans le même sens ; la Chine souhaite quand même avoir deux hommes en bleu... Enfin hier, un temple bouddhiste de Nagano a déclaré en substance : elle ne passera pas par moi !
Qu'en sera-t-il ?...
C'est ce que vous saurez en suivant les prochains épisodes de La très Riche Chronique de la Vergogneuse Flamme Inolympique de l'An de Grâce 2008. Sur tous les écrans.