Synecdoquant sans le savoir
Par Berlol, dimanche 20 avril 2008 à 17:50 :: General :: #983 :: rss
Sarkozy et la Princesse
de Clèves.
Le problème n'est pas que Sarkozy abhorrerait spécialement cette œuvre-ci plutôt que d'autres, mais bien qu'en fait et jusqu'à aujourd'hui il n'a pas réussi à retenir un seul autre titre d'œuvre littéraire. Synecdoquant sans le savoir, le monsieur Jourdain que les Français ont porté à l'Élysée emploie ce titre pour désigner l'ensemble de la littérature. Et ce, pour dire et répéter sa conviction que la littérature n'a été inventée que pour embrener les pauv' gars qui passent des concours de catégorie B.
Il n'y a donc pas lieu de défendre particulièrement Mme de Lafayette ou de pétitionner. De toute façon, Sarkozy ignore qu'elle en est l'auteur(e).
Installation du nouveau RealPlayer 11, gratuit — parce qu'elle était proposée. Un peu plus tard, je découvre la possibilité d'enregistrer une vidéo par simple clic. Essai avec Portishead en studio. Ça marche. Essai avec Esprits libres sur Césaire. Ça marche lentement mais ça marche. Je ne vais donc pas tarder à acquérir un baladeur vidéo... Mais faudrait être sûr qu'il lise les différents formats de documents vidéos (je vois du « ivr », du « flv », quoi d'autre encore ?). Si quelqu'un a des lumières sur ce sujet...
Une question. Aviez-vous écouté ce débat absolument ahurissant dans le Ce soir ou Jamais du 25 mars ? Moi pas encore, je le récupère in extremis (et l'enregistre, il va bientôt sortir de la liste des 15 dernières émissions). En bientôt deux ans d'écoute, je crois n'avoir jamais vu une telle fureur. Il aurait été nécessaire que Frédéric Taddeï intervienne fermement, c'est son rôle. On ne peut pas laisser Guy Millière ou Thierry Lévy tenir les propos qu'ils ont tenu sans réagir. Mais on ne peut pas laisser Jean-Jacques Beineix ou Raphaël Enthoven réagir comme ils l'ont fait. Il ne s'agit pas d'empêcher l'expression des opinions, ni d'éviter que certaines personnes ne se rencontrent, mais il faut que ce soit cadré avec fermeté et... retenue — celles et ceux qui ont vu l'émission comprendront.
Le problème n'est pas que Sarkozy abhorrerait spécialement cette œuvre-ci plutôt que d'autres, mais bien qu'en fait et jusqu'à aujourd'hui il n'a pas réussi à retenir un seul autre titre d'œuvre littéraire. Synecdoquant sans le savoir, le monsieur Jourdain que les Français ont porté à l'Élysée emploie ce titre pour désigner l'ensemble de la littérature. Et ce, pour dire et répéter sa conviction que la littérature n'a été inventée que pour embrener les pauv' gars qui passent des concours de catégorie B.
Il n'y a donc pas lieu de défendre particulièrement Mme de Lafayette ou de pétitionner. De toute façon, Sarkozy ignore qu'elle en est l'auteur(e).
Installation du nouveau RealPlayer 11, gratuit — parce qu'elle était proposée. Un peu plus tard, je découvre la possibilité d'enregistrer une vidéo par simple clic. Essai avec Portishead en studio. Ça marche. Essai avec Esprits libres sur Césaire. Ça marche lentement mais ça marche. Je ne vais donc pas tarder à acquérir un baladeur vidéo... Mais faudrait être sûr qu'il lise les différents formats de documents vidéos (je vois du « ivr », du « flv », quoi d'autre encore ?). Si quelqu'un a des lumières sur ce sujet...
Une question. Aviez-vous écouté ce débat absolument ahurissant dans le Ce soir ou Jamais du 25 mars ? Moi pas encore, je le récupère in extremis (et l'enregistre, il va bientôt sortir de la liste des 15 dernières émissions). En bientôt deux ans d'écoute, je crois n'avoir jamais vu une telle fureur. Il aurait été nécessaire que Frédéric Taddeï intervienne fermement, c'est son rôle. On ne peut pas laisser Guy Millière ou Thierry Lévy tenir les propos qu'ils ont tenu sans réagir. Mais on ne peut pas laisser Jean-Jacques Beineix ou Raphaël Enthoven réagir comme ils l'ont fait. Il ne s'agit pas d'empêcher l'expression des opinions, ni d'éviter que certaines personnes ne se rencontrent, mais il faut que ce soit cadré avec fermeté et... retenue — celles et ceux qui ont vu l'émission comprendront.
Commentaires
1. Le dimanche 20 avril 2008 à 05:17, par patapon :
Pétitionner pour que Sarko lise la Princesse de Clèves et rédige ensuite un mémoire de 50 pages sur le sujet (allez, disons 10 pages, ce serait déjà formidable pour lui, à condition qu’on surveille Guaino, qui serait tenté de lui filer une antisèche...)? Pas mal, on pourrait rigoler (mais il est vrai que depuis un an, les occasions de rigoler ne manquent pas). Pendant ce temps-là, son pote Berlusconi pourrait plancher sur Pétrarque…
2. Le dimanche 20 avril 2008 à 05:33, par Berlol :
Bonnes idées ! On signe où ?
3. Le dimanche 20 avril 2008 à 07:01, par Manu :
Merci pour Portishead !
4. Le dimanche 20 avril 2008 à 13:53, par DM :
Pour la vidéo :
une fois le fichier enregistré avec RealPlayer (par exemple : bidule), le renommer en .flv au bout (bidule.flv). Puis vous rendre là :
media-convert.com/convert...
où vous le convertirez (gratuitement) en .avi, lisible à peu près partout.
À moins que quelqu'un ait une solution plus simple encore à proposer.
Cordialement.
5. Le dimanche 20 avril 2008 à 14:26, par christine :
pour télécharger des vidéos, j’utilise depuis longtemps video downloadhelper, extension gratuite de firefox
addons.mozilla.org/en-US/...
c’est souple, simple et souvent efficace, on obtient aussi des fichiers flv
concernant "La Princesse de Clèves", ce n’est pas si simple à mon sens, car :
- quelque chose me dit que ce roman n’est pas choisi au hasard ni sans raisons, aussi inconscientes soient-elles : un roman de femme, plein de finesse, de subtilité de la langue, de goût de la nuance, de mépris pour le brillant, qui prône le renoncement à la facilité, plein de lignes de fuite : une sorte d’antithèse à ce qu’est le président
- le livre, cité à plusieurs reprises par Sarkozy et repris dans les discours d’autres membres du gouvernement (parmi les plus sympathiques, Darcos, Bertrand...), désigne en effet l’ensemble de la littérature, voire l’ensemble de la culture, inutile par définition
- il est donc peut-être important de synecdoquer nous aussi (en le sachant !) pour défendre toutes ces valeurs-là à travers La "Princesse de Clèves"
6. Le dimanche 20 avril 2008 à 16:03, par Berlol :
Oui, tu as tout à fait raison, le terme synecdochique est souvent central, quintessentiel. Mais ce sont des combats perdus d'avance, pour les attaquants, puisqu'en défendant n'importe quelle œuvre, Volodine, Gracq ou Queneau, nous défendons en même temps Mme de Lafayette et toute la littérature. En revanche, il est beaucoup plus efficace de supprimer les moyens et les personnels (direction du Livre, etc.). Je crains par conséquent que tout comme pour les fameux couacs à répétition du gouvernement, les attaques contre Clèves ne soient que des diversions : pendant que les intellectuels se soucient de défendre une princesse de papier, le véritable travail de sape se fait dans l'ombre et presque sans réaction.
7. Le dimanche 20 avril 2008 à 17:04, par christine :
il y a toujours plus grave, mais tout se tient (le battement d'aile du papillon ...)
je viens de lire ce que ton ami Assouline écrit à ce sujet
passouline.blog.lemonde.f...
et qui est assez juste, non ?!
8. Le dimanche 20 avril 2008 à 17:05, par patapon :
Au moins, ce qui est formidable maintenant, c’est qu’on sait comment entrer en résistance! Il suffit de prendre le contre-pied des obsessions affichées par sa Majestueuse Beaufitude! Donc, célébrer mai 68 en grande pompe (ce qui d’ailleurs est en train de se préparer très activement!), et avoir toujours sur soi un exemplaire de La Princesse de Clèves, dont on pourra lire quelques pages en toute circonstance: le soir en se couchant, le matin au réveil, à pied, à cheval en voiture, on encore dans les bars, les cafés, les trains les autobus (comme dirait Brassens)...
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