À part aller déjeuner avec T. au Saint-Martin (boudin-purée), je reste à la maison, devant l'ordinateur. Des tas de choses à faire. Dans l'après-midi, quand même, quand T. est à l'Université de Tokyo pour une conférence de Charles Mazouer, je change d'écran et visionne La Marseillaise (Jean Renoir, 1938). Quelques excellents passages, mais globalement un peu long et lourd côté idéologique. J'ai bien aimé l'arrivée des Marseillais à Paris, avec un beau mouvement de caméra au dessus de la foule, un silence relatif qui se fait et le chant qui entre dans l'écran en même temps que la troupe, tout au fond de la perspective. Les propos des immigrés à Coblence sont amusants. Certains propos prêtés à Louis XVI, notamment, sur le risque qu'un libérateur prussien ne devienne un envahisseur, sont peut-être prémonitoires, en 1937-38... Et puis la représentation du couple royal, à confronter à celle de Sofia Coppola dans Marie-Antoinette, par exemple, et sans doute quelques autres. Ça me donne l'idée d'un cycle sur la Révolution française au second semestre...

« Le cliquetis torturé de nos mandibules
est devenu littérature
Même Livres Hebdo va en parler » (Lutz Bassmann, haïku déchiré d'un cahier disparu)