mardi 22 avril 2008
Je serai dorénavant un trou de sécurité
Par Berlol, mardi 22 avril 2008 à 23:59 :: General
De quoi le 22 avril est-il le nom ? (la mode des titres...)
Je me demandais ça parce que j'avais une envie très moyenne d'écrire et ne l'ai pas fait. Vous me lisez donc du lendemain. J'ai vérifié en 2004, 2005 et 2006 mais n'ai rien trouvé qui plombât ce pauvre 22 avril. Mais 2007, mon dieu ! Je comprends tout ! Pauvre, pauvre 22 avril ! L'an dernier, c'était dimanche et on votait ! Période atroce, où l'on avait encore de l'espoir, où la France n'était pas encore bananière. Je suis sûr qu'il est resté une trace dans ma mémoire. Qui dit : 22 avril, tu perds le fil !
Le reprendre.
Dans le shinkansen matinal, entame de Manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir. Je lis jusqu'à la page 23 et je me demande... Ludisme d'écriture et d'images, pas sans sourires, mais : jeu sans enjeu, on dirait. Je ne dis pas que c'est mauvais, n'ai pas de reproche littéraire à formuler, vais sans doute continuer mais je me demande... ce que c'est. J'ai toujours besoin qu'en un livre quelque chose de politique ou d'ontologique se cherche et me travaille, derrière mots et figures. Or là, pour l'instant, je ne vois rien. Ça peut changer... Je ne suis pas braqué.
« Que fait-il ? On dirait qu'il calcule. On dirait qu'il récapitule tous les gestes qu'il lui faudrait faire au cas où il devrait réintégrer rapidement son module — alors qu'il n'en est qu'à la phase de conception. On dirait qu'il vérifie le nombre de dalles dans la grande cour, le nombre d'arbres autour de la grande cour, le nombre de toutes les marches, le nombre de livres dans la bibliothèque, le nombre de carrés dans le ciel, le nombre de comparaisons possibles, le nombre de grenouilles qui se sont trompées, le nombre de messages envoyés et reçus à ce jour. Vérifie-t-il aussi le nombre de mes secrets ? » (Pascale Petit, Manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir, Paris : Seuil, coll. « Déplacements », p. 18)
À la fac, c'est pied de guerre : deuxième semaine de vrais cours, avec des morceaux d'efforts dedans, il faut que les étudiants comprennent qu'ils doivent travailler tous les jours, qu'il leur faut se secouer les synapses. Puis je demande à notre secrétariat de convoquer un ingénieur informaticien à mon bureau à 17 heures (coup de bluff, d'habitude on va pleurnicher à leur bureau...), et ça marche. Florian un peu, puis David assistent à ça : deux ingénieurs, ils sont venus à deux, à qui on demande pourquoi ils ont modifié le réseau pendant notre absence et sans nous demander notre avis, bloquant l'accès à la plupart des flux audio et vidéo, mais aussi l'usage du ftp et du routage smtp pour un domaine hors de la fac. Quelque chose entre la Chine et la Corée du Nord. Bien sûr, ils défendent leur sacro-sainte sécurité. Mais nous, on leur dit que dans ces conditions, on ne peut plus travailler et que les étudiants ne vont pas s'amuser longtemps à nous entendre dire qu'ils peuvent faire telle ou telle chose — écouter les infos de France 2 ou de TV5 Monde, telle chanson française sur Youtube — mais chez eux uniquement, et qu'à la fac non, la sécurité vous savez...
Ils comprennent, règlent le problème du courrier en premier, acceptent de rebasculer mon ordinateur sur l'ancien système, non sans me faire bien comprendre que je serai dorénavant un trou de sécurité et qu'ils devront le rapporter à leurs chefs.
Après ça, repos. À la maison, je n'arrive même pas à finir Il est plus facile pour un chameau... Donc j'en parlerai un autre jour.
Je me demandais ça parce que j'avais une envie très moyenne d'écrire et ne l'ai pas fait. Vous me lisez donc du lendemain. J'ai vérifié en 2004, 2005 et 2006 mais n'ai rien trouvé qui plombât ce pauvre 22 avril. Mais 2007, mon dieu ! Je comprends tout ! Pauvre, pauvre 22 avril ! L'an dernier, c'était dimanche et on votait ! Période atroce, où l'on avait encore de l'espoir, où la France n'était pas encore bananière. Je suis sûr qu'il est resté une trace dans ma mémoire. Qui dit : 22 avril, tu perds le fil !
Le reprendre.
Dans le shinkansen matinal, entame de Manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir. Je lis jusqu'à la page 23 et je me demande... Ludisme d'écriture et d'images, pas sans sourires, mais : jeu sans enjeu, on dirait. Je ne dis pas que c'est mauvais, n'ai pas de reproche littéraire à formuler, vais sans doute continuer mais je me demande... ce que c'est. J'ai toujours besoin qu'en un livre quelque chose de politique ou d'ontologique se cherche et me travaille, derrière mots et figures. Or là, pour l'instant, je ne vois rien. Ça peut changer... Je ne suis pas braqué.
« Que fait-il ? On dirait qu'il calcule. On dirait qu'il récapitule tous les gestes qu'il lui faudrait faire au cas où il devrait réintégrer rapidement son module — alors qu'il n'en est qu'à la phase de conception. On dirait qu'il vérifie le nombre de dalles dans la grande cour, le nombre d'arbres autour de la grande cour, le nombre de toutes les marches, le nombre de livres dans la bibliothèque, le nombre de carrés dans le ciel, le nombre de comparaisons possibles, le nombre de grenouilles qui se sont trompées, le nombre de messages envoyés et reçus à ce jour. Vérifie-t-il aussi le nombre de mes secrets ? » (Pascale Petit, Manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir, Paris : Seuil, coll. « Déplacements », p. 18)
À la fac, c'est pied de guerre : deuxième semaine de vrais cours, avec des morceaux d'efforts dedans, il faut que les étudiants comprennent qu'ils doivent travailler tous les jours, qu'il leur faut se secouer les synapses. Puis je demande à notre secrétariat de convoquer un ingénieur informaticien à mon bureau à 17 heures (coup de bluff, d'habitude on va pleurnicher à leur bureau...), et ça marche. Florian un peu, puis David assistent à ça : deux ingénieurs, ils sont venus à deux, à qui on demande pourquoi ils ont modifié le réseau pendant notre absence et sans nous demander notre avis, bloquant l'accès à la plupart des flux audio et vidéo, mais aussi l'usage du ftp et du routage smtp pour un domaine hors de la fac. Quelque chose entre la Chine et la Corée du Nord. Bien sûr, ils défendent leur sacro-sainte sécurité. Mais nous, on leur dit que dans ces conditions, on ne peut plus travailler et que les étudiants ne vont pas s'amuser longtemps à nous entendre dire qu'ils peuvent faire telle ou telle chose — écouter les infos de France 2 ou de TV5 Monde, telle chanson française sur Youtube — mais chez eux uniquement, et qu'à la fac non, la sécurité vous savez...
Ils comprennent, règlent le problème du courrier en premier, acceptent de rebasculer mon ordinateur sur l'ancien système, non sans me faire bien comprendre que je serai dorénavant un trou de sécurité et qu'ils devront le rapporter à leurs chefs.
Après ça, repos. À la maison, je n'arrive même pas à finir Il est plus facile pour un chameau... Donc j'en parlerai un autre jour.