samedi 26 avril 2008
Quelque chose — ma berlue ?
Par Berlol, samedi 26 avril 2008 à 23:59 :: General
Trois passages du Rivage
des Syrtes bien relus hier soir, notes ce matin de 6
à 8 pour le cours de 10 à 12. Il s'agit, dans
l'économie du roman, du moment d'extrême
exacerbation des sentiments et fantasmes d'Aldo (la
cérémonie aux morts, p. 65-68) avant qu'une
preuve matérielle ne vienne le conforter, comme si elle
était produite par le désir d'Aldo (le bateau
sans immatriculation dans les ruines de Sagra, p. 70-74), et qu'il ne
retrouve celle qui sera pour lui à la fois appui et guide
(Vanessa, voyage de la Chambre des cartes à Maremma, p.
81-84).
La vision du cimetière militaire en coupe géologique, avec son empilement de cadavres inutiles, la mort-monstre de trois siècles se nourrissant des vivants de la surface, corroborent la devise (66) polysémique (272) d'Orsenna et détachent Aldo de la tutelle de Marino, de sorte qu'ayant retrouvé le bateau clandestin par un hasard que guident encore une fois la colère et le dépit, Aldo décide de ne pas en référer au capitaine, croyant faire cavalier seul et basculant sans le savoir du côté des comploteurs.
Je ne me lasse pas d'expliquer une fois de plus les jeux mimétiques d'assonances et d'allitérations qui font du transport nocturne (voiture-métaphore d'un Aldo qui s'abandonne) un des plus beaux moments de ce livre (le paragraphe de la page 81 à 82).
Les conversations entre Vanessa et Aldo sont d'époque... Quelque chose — ma berlue ? le désœuvrement lascif des personnages ? — les fait ressembler à celles de L'Année dernière à Marienbad ou à celles des Petits Chevaux de Tarquinia...
Sautons un demi siècle. Vous l'avez vue, la flamme à Nagano ? Plus du tout ! Symbole soufflé par les nationalismes, voilé par les drapeaux. Ça commence à castagner entre peuples, le parfait contraire de l'olympisme. Il est temps que les Chinois ouvrent la porte...
Je vois ça après le saint-Martin où T. et moi avons partagé une grande salade niçoise et un poulet-frites en admirant le ciel qui virait au noir, et les courses que nous nous sommes dépêchés de faire dans Kagurazaka avant que la pluie ne tombe.
Ce matin, j'ai vu Ségolène Royal au 20-Heures de France 2 d'hier. Elle s'est exprimée de façon très claire et très posée. De la longue intervention de Sarkozy, elle n'a trouvé « ni le cap ni la cohérence » et assimile le programme fixé (?) à « une feuille de déroute », griffonnée par celui qui, selon Jean Véronis, prétendra qu'il a encore changé... (Pas encore vu Véronis dans Ce soir ou Jamais de jeudi, ce sera pour demain).
Pendant ce temps-là, un peu partout en France, des gens se jettent sous des trains...
La vision du cimetière militaire en coupe géologique, avec son empilement de cadavres inutiles, la mort-monstre de trois siècles se nourrissant des vivants de la surface, corroborent la devise (66) polysémique (272) d'Orsenna et détachent Aldo de la tutelle de Marino, de sorte qu'ayant retrouvé le bateau clandestin par un hasard que guident encore une fois la colère et le dépit, Aldo décide de ne pas en référer au capitaine, croyant faire cavalier seul et basculant sans le savoir du côté des comploteurs.
Je ne me lasse pas d'expliquer une fois de plus les jeux mimétiques d'assonances et d'allitérations qui font du transport nocturne (voiture-métaphore d'un Aldo qui s'abandonne) un des plus beaux moments de ce livre (le paragraphe de la page 81 à 82).
Les conversations entre Vanessa et Aldo sont d'époque... Quelque chose — ma berlue ? le désœuvrement lascif des personnages ? — les fait ressembler à celles de L'Année dernière à Marienbad ou à celles des Petits Chevaux de Tarquinia...
Sautons un demi siècle. Vous l'avez vue, la flamme à Nagano ? Plus du tout ! Symbole soufflé par les nationalismes, voilé par les drapeaux. Ça commence à castagner entre peuples, le parfait contraire de l'olympisme. Il est temps que les Chinois ouvrent la porte...
Je vois ça après le saint-Martin où T. et moi avons partagé une grande salade niçoise et un poulet-frites en admirant le ciel qui virait au noir, et les courses que nous nous sommes dépêchés de faire dans Kagurazaka avant que la pluie ne tombe.
Ce matin, j'ai vu Ségolène Royal au 20-Heures de France 2 d'hier. Elle s'est exprimée de façon très claire et très posée. De la longue intervention de Sarkozy, elle n'a trouvé « ni le cap ni la cohérence » et assimile le programme fixé (?) à « une feuille de déroute », griffonnée par celui qui, selon Jean Véronis, prétendra qu'il a encore changé... (Pas encore vu Véronis dans Ce soir ou Jamais de jeudi, ce sera pour demain).
Pendant ce temps-là, un peu partout en France, des gens se jettent sous des trains...