Voici une requête qui a conduit quelqu'un dans mes pages : « choisissez un fait d'hiver ou un événement de votre vie et rédigez un texte dans lequel vous imaginer ce qui aurait pu arriver a la place des faits qui ce sont produit » (sic). Cinq fautes en 33 mots (150 au kilo) et pas le droit aux faits d'été.

En 1982 (?), je revenais de boîte avec un copain, dans sa voiture, par les petites routes de la région de Pontault-Combault. C'était le petit matin sur de minuscules routes sinueuses entre les champs et les villages. Nous n'avions pas excessivement bu, nous ne somnolions pas et le copain ne roulait pas très vite. Je ne sais plus si nous écoutions de la musique, Supertramp ou Blue Öyster Cult. Nous parlions des filles, bien sûr, en ne regardant pas assez la route peut-être. Au détour d'un virage, dans la brume, juste au moment où on accélérait pour une petite ligne droite, il y a eu un cheval, énorme, bien plus haut que la voiture. Il était arrêté au milieu de la route, comme perdu, hagard. Ses yeux nous regardèrent arriver, freiner, déraper, sortir de la route et nous écraser contre un arbre planté là à cet effet. Je n'eus pas le temps de sentir la rosée rafraîchir mes blessures. Nous sommes morts sur le coup.

En réalité, le cheval était dans l'autre sens et il ne vit rien venir. Sa croupe s'est écrasée sur l'avant de la voiture et a fait voler en éclats le pare-brise de mon côté. Nous sommes sortis de la voiture indemnes. Le cheval avait disparu, sans doute relevé par réflexe. Quand les yeux du copain tombèrent sur moi, il fit une drôle de tête et voulut s'appuyer contre la voiture. Je ne compris qu'après ce qui l'avait ému : mon visage était constellé de minuscules éclats de verre par où du sang coulait. Je ne sentais rien. Un éclat un peu plus gros m'a laissé une cicatrice sur la lèvre supérieure. Les gendarmes nous apprirent que le cheval avait été abattu parce qu'il avait les jambes cassées.
(Les jambes, pas les pattes.)

Comme il fait beau, je fête mon mois de convalescence en sortant le vélo pliable. Bien emballé, il a passé l'hiver sans dommages. Un petit peu d'air dans les boyaux et le revoilà tout pimpant, me menant matin jusqu'à Seijo Ishii où je fais des courses, puis après-midi jusqu'à Akihabara où je traîne dans de vieilles rues que je connaissais pas, à l'écart des commerces d'électronique. Pas plus de 15 kilomètres en tout, histoire de ménager ce qui reste des clips. Ça commence à prendre des proportions mythiques, tout cela, ou fantasmatiques. Faut que je me dise une fois pour toutes que je suis guéri et puis basta !

T. quant à elle rédige des documents administratifs. Quand je rentre, elle a fini mais un problème avec la nouvelle version de Word empêche le formulaire préformaté de s'imprimer correctement (il provient d'un Word plus ancien). Du coup, après le dîner, elle retape tout sur un autre ordinateur (que par chance, elle a encore).

Moi, je ne vais pas plus loin parce que je suis enfin entré dans ma bulle d'écriture pour le prochain colloque. Il était temps, c'est dans moins de trois semaines... Pour sûr, le JLR va raccourcir d'ici là.