dimanche 27 avril 2008
Nous sommes morts sur le coup
Par Berlol, dimanche 27 avril 2008 à 23:59 :: General
Voici une requête qui a conduit
quelqu'un dans mes pages : « choisissez
un fait d'hiver ou un événement de votre vie et
rédigez un texte dans lequel vous imaginer ce qui aurait pu
arriver a la place des faits qui ce sont produit »
(sic). Cinq
fautes en 33 mots (150 au kilo) et pas le droit aux faits
d'été.
En
1982 (?), je revenais de boîte avec un copain, dans sa
voiture, par les petites routes de la région de
Pontault-Combault.
C'était le petit matin sur de minuscules
routes sinueuses entre les champs et les villages. Nous n'avions pas
excessivement bu, nous ne somnolions pas et le copain ne roulait pas
très vite. Je ne sais plus si nous écoutions de
la
musique, Supertramp
ou Blue Öyster Cult. Nous
parlions des filles,
bien sûr, en ne regardant pas assez la route
peut-être. Au
détour d'un virage, dans la brume, juste au moment
où on
accélérait pour une petite ligne droite, il y a
eu un
cheval, énorme, bien plus haut que la voiture. Il
était
arrêté au milieu de la route, comme perdu, hagard.
Ses
yeux nous regardèrent arriver, freiner, déraper,
sortir
de la route et nous écraser contre un
arbre planté
là à cet effet. Je n'eus pas le temps de sentir
la
rosée rafraîchir mes blessures. Nous sommes morts
sur le
coup.
En réalité, le cheval était dans l'autre sens et il ne vit rien venir. Sa croupe s'est écrasée sur l'avant de la voiture et a fait voler en éclats le pare-brise de mon côté. Nous sommes sortis de la voiture indemnes. Le cheval avait disparu, sans doute relevé par réflexe. Quand les yeux du copain tombèrent sur moi, il fit une drôle de tête et voulut s'appuyer contre la voiture. Je ne compris qu'après ce qui l'avait ému : mon visage était constellé de minuscules éclats de verre par où du sang coulait. Je ne sentais rien. Un éclat un peu plus gros m'a laissé une cicatrice sur la lèvre supérieure. Les gendarmes nous apprirent que le cheval avait été abattu parce qu'il avait les jambes cassées.
(Les jambes, pas les pattes.)
Comme il fait beau, je fête
mon mois de convalescence en sortant
le vélo pliable. Bien emballé, il a
passé l'hiver
sans dommages. Un petit peu d'air dans les boyaux et le
revoilà
tout pimpant, me menant matin jusqu'à Seijo Ishii
où je
fais des courses, puis après-midi jusqu'à
Akihabara
où je traîne dans de vieilles rues que je connaissais
pas,
à l'écart des commerces
d'électronique. Pas plus
de 15 kilomètres en tout, histoire de ménager ce
qui
reste des clips. Ça commence à prendre des
proportions
mythiques, tout cela, ou fantasmatiques. Faut que je me dise une fois
pour toutes que je suis guéri et puis basta !
T. quant à elle rédige des documents administratifs. Quand je rentre, elle a fini mais un problème avec la nouvelle version de Word empêche le formulaire préformaté de s'imprimer correctement (il provient d'un Word plus ancien). Du coup, après le dîner, elle retape tout sur un autre ordinateur (que par chance, elle a encore).
Moi, je ne vais pas plus loin parce que je suis enfin entré dans ma bulle d'écriture pour le prochain colloque. Il était temps, c'est dans moins de trois semaines... Pour sûr, le JLR va raccourcir d'ici là.
En
1982 (?), je revenais de boîte avec un copain, dans sa
voiture, par les petites routes de la région de
Pontault-Combault.
C'était le petit matin sur de minuscules
routes sinueuses entre les champs et les villages. Nous n'avions pas
excessivement bu, nous ne somnolions pas et le copain ne roulait pas
très vite. Je ne sais plus si nous écoutions de
la
musique, Supertramp
ou Blue Öyster Cult. Nous
parlions des filles,
bien sûr, en ne regardant pas assez la route
peut-être. Au
détour d'un virage, dans la brume, juste au moment
où on
accélérait pour une petite ligne droite, il y a
eu un
cheval, énorme, bien plus haut que la voiture. Il
était
arrêté au milieu de la route, comme perdu, hagard.
Ses
yeux nous regardèrent arriver, freiner, déraper,
sortir
de la route et nous écraser contre un
arbre planté
là à cet effet. Je n'eus pas le temps de sentir
la
rosée rafraîchir mes blessures. Nous sommes morts
sur le
coup.En réalité, le cheval était dans l'autre sens et il ne vit rien venir. Sa croupe s'est écrasée sur l'avant de la voiture et a fait voler en éclats le pare-brise de mon côté. Nous sommes sortis de la voiture indemnes. Le cheval avait disparu, sans doute relevé par réflexe. Quand les yeux du copain tombèrent sur moi, il fit une drôle de tête et voulut s'appuyer contre la voiture. Je ne compris qu'après ce qui l'avait ému : mon visage était constellé de minuscules éclats de verre par où du sang coulait. Je ne sentais rien. Un éclat un peu plus gros m'a laissé une cicatrice sur la lèvre supérieure. Les gendarmes nous apprirent que le cheval avait été abattu parce qu'il avait les jambes cassées.
(Les jambes, pas les pattes.)
Comme il fait beau, je fête
mon mois de convalescence en sortant
le vélo pliable. Bien emballé, il a
passé l'hiver
sans dommages. Un petit peu d'air dans les boyaux et le
revoilà
tout pimpant, me menant matin jusqu'à Seijo Ishii
où je
fais des courses, puis après-midi jusqu'à
Akihabara
où je traîne dans de vieilles rues que je connaissais
pas,
à l'écart des commerces
d'électronique. Pas plus
de 15 kilomètres en tout, histoire de ménager ce
qui
reste des clips. Ça commence à prendre des
proportions
mythiques, tout cela, ou fantasmatiques. Faut que je me dise une fois
pour toutes que je suis guéri et puis basta !T. quant à elle rédige des documents administratifs. Quand je rentre, elle a fini mais un problème avec la nouvelle version de Word empêche le formulaire préformaté de s'imprimer correctement (il provient d'un Word plus ancien). Du coup, après le dîner, elle retape tout sur un autre ordinateur (que par chance, elle a encore).
Moi, je ne vais pas plus loin parce que je suis enfin entré dans ma bulle d'écriture pour le prochain colloque. Il était temps, c'est dans moins de trois semaines... Pour sûr, le JLR va raccourcir d'ici là.