lundi 5 mai 2008
Le mystère s'épaissit d'autant
Par Berlol, lundi 5 mai 2008 à 17:34 :: General
Ce jour, Lutz Bassmann sort des limbes et
nous propose quelque chose. Enfin !
Le mystère s'épaissit d'autant.
Mais je n'en dirais pas plus car, à l'instar des biographes de Jorian Murgrave, il est à craindre que ceux qui tenteraient d'en savoir plus sur le ou les Bassmann, voire d'en théoriser l'évolution disparaîtraient dans des conditions dramatiques...
Ça n'intéressera personne, sans doute, mais de ce jour je décide d''utiliser prioritairement Exalead pour mes recherches.
Encore une journée à compiler et triturer du Claude Simon. Pendant que je suis concentré là-dessus, T. parvient à déjouer ma surveillance et s'enfuit au centre de sport de Shibuya, où elle retrouve deux amis avec lesquels elle déjeune ensuite, non sans leur raconter par le menu l'enfer monacal qu'est devenu notre maison depuis que je me suis lancé dans cette course folle... Et d'où elle revient radieuse.
« Elle arrive, la voici la reine des illusions, la femme qui passe comme un baiser, la femme vive comme un éclair, comme lui jaillie brûlante du ciel, l'être incréé, tout esprit, tout amour. Elle a revêtu je ne sais quel corps de flamme, ou pour elle la flamme s'est un moment animée ! Les lignes de ses formes sont d'une pureté qui vous dit qu'elle vient du ciel. Ne resplendit-elle pas comme un ange ? N'entendez-vous pas le frémissement aérien de ses ailes ? Plus légère que l'oiseau, elle s'abat près de vous et ses terribles yeux fascinent ; sa douce, mais puissante haleine attire vos lèvres par une force magique ; elle fuit et vous entraîne, vous ne sentez plus la terre.» (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, « Épilogue », 1831)
J'ai profité d'une pause pour finir de visionner La Peau de chagrin, téléfilm INA de 1980. Cela m'a un peu déçu : dans l'ensemble plus mou et plus uniforme que ce que le roman avait déposé en moi — c'est peut-être toujours comme ça puisque la lecture ouvre tous les possibles tandis que le film n'en met qu'un en scène.
Tout le monde connaît la valeur philosophique et ontologique de la peau de chagrin, à la fois talisman et symbole. Cependant, je penche pour une erreur, ou tout au moins une simplification de la part de Balzac. En effet, ce n'est qu'aux yeux des êtres humains que la réduction de la peau de chagrin mène à sa disparition totale. En réalité, la peau est toujours là mais elle est entrée dans la dimension microscopique, puis moléculaire, corpusculaire, etc.
Quoi qu'il en soit, ce pauvre Raphaël de Valentin, que Balzac a ironiquement voulu auteur d'une théorie de la volonté — sorte de furet qui passe entre les lignes —, aurait mieux fait de jeter cette vieille peau dans un caniveau pour ne plus la voir et vivre tranquillement ses désirs sans faille assouvis jusqu'au moment où il aurait clamsé avant d'en avoir conscience.
L'anticipation et l'attente exclusive de la mort constituent une erreur grave du vivant — et quelle vanité de nous en faire tout un plat, puisque c'est le lot commun !
Le mystère s'épaissit d'autant.
Mais je n'en dirais pas plus car, à l'instar des biographes de Jorian Murgrave, il est à craindre que ceux qui tenteraient d'en savoir plus sur le ou les Bassmann, voire d'en théoriser l'évolution disparaîtraient dans des conditions dramatiques...
Ça n'intéressera personne, sans doute, mais de ce jour je décide d''utiliser prioritairement Exalead pour mes recherches.
Encore une journée à compiler et triturer du Claude Simon. Pendant que je suis concentré là-dessus, T. parvient à déjouer ma surveillance et s'enfuit au centre de sport de Shibuya, où elle retrouve deux amis avec lesquels elle déjeune ensuite, non sans leur raconter par le menu l'enfer monacal qu'est devenu notre maison depuis que je me suis lancé dans cette course folle... Et d'où elle revient radieuse.
« Elle arrive, la voici la reine des illusions, la femme qui passe comme un baiser, la femme vive comme un éclair, comme lui jaillie brûlante du ciel, l'être incréé, tout esprit, tout amour. Elle a revêtu je ne sais quel corps de flamme, ou pour elle la flamme s'est un moment animée ! Les lignes de ses formes sont d'une pureté qui vous dit qu'elle vient du ciel. Ne resplendit-elle pas comme un ange ? N'entendez-vous pas le frémissement aérien de ses ailes ? Plus légère que l'oiseau, elle s'abat près de vous et ses terribles yeux fascinent ; sa douce, mais puissante haleine attire vos lèvres par une force magique ; elle fuit et vous entraîne, vous ne sentez plus la terre.» (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, « Épilogue », 1831)
J'ai profité d'une pause pour finir de visionner La Peau de chagrin, téléfilm INA de 1980. Cela m'a un peu déçu : dans l'ensemble plus mou et plus uniforme que ce que le roman avait déposé en moi — c'est peut-être toujours comme ça puisque la lecture ouvre tous les possibles tandis que le film n'en met qu'un en scène.
Tout le monde connaît la valeur philosophique et ontologique de la peau de chagrin, à la fois talisman et symbole. Cependant, je penche pour une erreur, ou tout au moins une simplification de la part de Balzac. En effet, ce n'est qu'aux yeux des êtres humains que la réduction de la peau de chagrin mène à sa disparition totale. En réalité, la peau est toujours là mais elle est entrée dans la dimension microscopique, puis moléculaire, corpusculaire, etc.
Quoi qu'il en soit, ce pauvre Raphaël de Valentin, que Balzac a ironiquement voulu auteur d'une théorie de la volonté — sorte de furet qui passe entre les lignes —, aurait mieux fait de jeter cette vieille peau dans un caniveau pour ne plus la voir et vivre tranquillement ses désirs sans faille assouvis jusqu'au moment où il aurait clamsé avant d'en avoir conscience.
L'anticipation et l'attente exclusive de la mort constituent une erreur grave du vivant — et quelle vanité de nous en faire tout un plat, puisque c'est le lot commun !