jeudi 8 mai 2008
Nuées droite nées de la transe
Par Berlol, jeudi 8 mai 2008 à 23:59 :: General
Confère hier, en pire.
Non pas un mais trois cours.
Et quand même trois heures grapillées ; non plus pour indexer, maintenant, mais pour dessiner des nuages... de mots.
Nuées droite nées de la transe.
Avant que j'oublie, deux choses importantes (au moins). La première qu'en effet je n'ai rien senti du tremblement de terre qui a secoué Tokyo tôt ce matin. Plus tard, au téléphone, T. m'a dit qu'après quelques dizaines de secondes, elle avait tout de même commencé à s'inquiéter et à se demander si elle n'allait pas s'abriter sous la table en pyjama... Elle n'en a rien fait, cependant. Après j'ai regardé les images des secousses à la télé.
Mais quand on voit ce qui se passe ailleurs, notamment les films amateurs reçus de Birmanie, on arrête de faire son amusant.
La seconde, c'est que j'ai vu tout à l'heure le dernier billet d'Assouline, à propos d'André Suarès. Le lisant, je me disais qu'il faudrait vérifier demain matin mais je crois bien que Vercors, alias Jean Bruller, illustrateur et humoriste dans les années 30 et pas encore tout à fait écrivain, a fait paraître de diverses manières son inquiétude face à la montée du nazisme. Assurément, Suarès et lui ne sont pas les seuls qui n'ont pas été écoutés à cette époque. Mais au lieu de parler de ceux-là et d'actualiser leurs inquiétudes, on préfère généralement continuer à citer et gloser à l'envi les salauds, les pleutres et les hypocrites qui ont pavé l'histoire littéraire (et pas seulement littéraire, hélas) de cette époque. C'est comme si on persistait aujourd'hui à les trouver cassandresques alors même que la catastrophe annoncée a eu lieu dans les grandes largeurs — éternelle bouc-émissarisation de ceux qui avaient raison, voisinant tolérance pour les crapules grandes et petites.
Mais revenons au blog. L'homme à la moustache trempée dans le café achève son billet par une belle surprise : « Ce n’est pas tant qu'André Suarès nous manque, à nous qui le connaissons si peu ; c’est surtout qu’il nous manque un André Suarès.»
Eh bien, pour cette phrase, je retire au moins la moitié des griefs que j'ai contre lui.
Dans ces temps d'augmentations tous azimuts, c'est bien de voir quelque chose qui baisse, je trouve. C'est un geste pour la planète.
Non pas un mais trois cours.
Et quand même trois heures grapillées ; non plus pour indexer, maintenant, mais pour dessiner des nuages... de mots.
Nuées droite nées de la transe.
Avant que j'oublie, deux choses importantes (au moins). La première qu'en effet je n'ai rien senti du tremblement de terre qui a secoué Tokyo tôt ce matin. Plus tard, au téléphone, T. m'a dit qu'après quelques dizaines de secondes, elle avait tout de même commencé à s'inquiéter et à se demander si elle n'allait pas s'abriter sous la table en pyjama... Elle n'en a rien fait, cependant. Après j'ai regardé les images des secousses à la télé.
Mais quand on voit ce qui se passe ailleurs, notamment les films amateurs reçus de Birmanie, on arrête de faire son amusant.
La seconde, c'est que j'ai vu tout à l'heure le dernier billet d'Assouline, à propos d'André Suarès. Le lisant, je me disais qu'il faudrait vérifier demain matin mais je crois bien que Vercors, alias Jean Bruller, illustrateur et humoriste dans les années 30 et pas encore tout à fait écrivain, a fait paraître de diverses manières son inquiétude face à la montée du nazisme. Assurément, Suarès et lui ne sont pas les seuls qui n'ont pas été écoutés à cette époque. Mais au lieu de parler de ceux-là et d'actualiser leurs inquiétudes, on préfère généralement continuer à citer et gloser à l'envi les salauds, les pleutres et les hypocrites qui ont pavé l'histoire littéraire (et pas seulement littéraire, hélas) de cette époque. C'est comme si on persistait aujourd'hui à les trouver cassandresques alors même que la catastrophe annoncée a eu lieu dans les grandes largeurs — éternelle bouc-émissarisation de ceux qui avaient raison, voisinant tolérance pour les crapules grandes et petites.
Mais revenons au blog. L'homme à la moustache trempée dans le café achève son billet par une belle surprise : « Ce n’est pas tant qu'André Suarès nous manque, à nous qui le connaissons si peu ; c’est surtout qu’il nous manque un André Suarès.»
Eh bien, pour cette phrase, je retire au moins la moitié des griefs que j'ai contre lui.
Dans ces temps d'augmentations tous azimuts, c'est bien de voir quelque chose qui baisse, je trouve. C'est un geste pour la planète.