Les noctambules de la rue des Carmes ne m'ont pas empêché de dormir avant minuit, fenêtre entr'ouverte.
À 5 heures du matin, la ruelle est très calme et le wifi comme dans du beurre passe. J'ai même le choix entre deux ou trois réseaux voisins. En revanche, vers 7 heures, ça ne passe plus du tout... sauf dans la voiture quand j'essaie après le petit déjeuner, ce qui me permet notamment de poster le billet d'hier.
Je démarre avec l'espoir de me garer quelque part dans Châtelet-Les Halles pour une ou deux courses. Mais grosse circulation déjà, changement de sens de certaines rues, stationnement déjà saturé... Je tourne en rond, sans succès, jusqu'à l'heure de passer des coups de téléphone, à l'arrêt, rue de l'Amiral de Coligny, avec le beau paysage du Louvre sur ma gauche. De là, j'appelle T., qui va bien, et quelques amis pour les rendez-vous du déjeuner et du dîner.
Je rends la voiture à Austerlitz vers 11 heures et m'en sens bien allégé.

Déjeuner à la terrasse du Mauzac avec, dans l'ordre d'apparition, Philippe De Jonckheere, Constance, Cécile, Christine et Nathalie. Ma présence (catalytique ? — ou ce sont eux qui m'attirent ?) les a fait venir de tous les points de la ville, parfois au mépris de la stricte heure du déjeuner. Qu'ils en soient remerciés car ils m'ont donné le plus beau d'un bref séjour à Paris : un moment d'amitié intelligente, littéraire et presque campagnarde — presque comme si on était en vacances chez quelqu'un et qu'on s'endormait après le dessert entre les pages de l'Opoponax. Sans oublier qu'on y mange, aussi : gaspacho et tartare de thon.
Bien après 3 heures, il faut quand même nous séparer. Dans la chaleur aoûtienne des rues, j'accompagne Nathalie à Sèvres-Babylone, y fais ma réserve de thé Kusmi et retourne me reposer une heure.

Dîner avec un couple d'amis anonymes chez Vagenende, bd Saint-Germain, dans la tiédeur. On partage l'os à moelle pour rigoler, puis une salade d'endives au bleu avant d'attaquer les sublimes carrés d'agneau, tandis que la conversation roule de Tokyo à Macao et retour... Et LaureLi nous rejoint pour le dessert, avec des livres à offrir et plein de munitions pour la discussion malgré l'alarme stridulante et inextinguible du magasin voisin.
Ce sera mon coucher le plus tardif, sans cependant que mon carosse redevienne citrouille.

Pendant ce temps, selon un courrier reçu hier soir, le baiser d'un exorcisme en bord de mer mouille chastement l'envoûtante prose de Lutz Bassmann (par Christophe Bergon et Manuella Agnesini).