Parmi d'autres poussées créatrices
Par Berlol, mercredi 14 mai 2008 à 23:59 :: General :: #1012 :: rss
Lever à 5 heures,
encore, pour deux heures de travail avec un
peu d'accès sur un ou deux réseaux...
Premier jour du colloque Claude Simon à la lumière de l'histoire littéraire, de l'histoire culturelle et de la sociologie de la littérature.
Je franchis avec inquiétude les 300 mètres qui me séparent de la Sorbonne : comment seront ces simoniens ? Comment m'accueilleront-ils ? Moi qui n'ai rien fait dans ce domaine depuis plus de dix ans... Qui ne suis même plus entré dans ce bâtiment depuis qu'il y a des vigiles aux portes... Y suis à 9 heures, salle Bourjac, et il n'y a presque personne. Au plus fort de la matinée, il y aura une vingtaine de présents. Conclusion d'un collègue : le Nouveau Roman n'attire pas les foules. En fait, il ne les a jamais attirées, ce serait être de mauvaise foi que de le prétendre. Et peut-être est-ce une preuve supplémentaire de sa valeur, qu'il ne soit pas présentable, médiatisable, marketisable. Ni même reproductible. Ni même définissable...
Ouverture « pittoresque », dit le vice-président Pierre Civil lui-même car, belle coïncidence, il est de Salses-le-Château. Son père faisait parfois la causette avec Claude Simon, il le voyait de temps en temps à la plage, etc.
Exercice méritoire et belle prise de risque de la part de Pascal Mougin qui, sans être bourdieusien, recourt aux outils d'une sociologie qui fait encore mal pour expliciter la généalogie simonienne.
Marie-Odile André nous détaille de nombreux éléments du Tricheur, annonciateurs des grands thèmes et des formes des romans à venir.
Katerine Gosselin réinsère Claude Simon dans un paysage littéraire néo-romanesque beaucoup plus meuble — et moins nouveau — qu'il n'y paraît aujourd'hui dans les notices révisionnistes (c'est moi qui utilise ce mot).
Déjeuner
à l'Écritoire à 9, personnes que je
connais de nom
ou de ce matin, pour la plupart. Mais la glace est vite
brisée.
Salade
périgourdine. Au retour, j'aperçois,
collés
en face de la Sorbonne, des affichettes qui me disent quelque chose...
— Une vague de création littéraire a passé, déjà plus vieille que moi, que nous étions quelques-uns à aimer et que nous honorons ou étudions aujourd'hui ; une nouvelle poussée créatrice est là, partout autour de nous et parmi d'autres poussées créatrices, et nous sommes aussi quelques-uns à l'aimer, sans doute pas les mêmes... Mais moi je suis encore là. Et je ne donnerai pas l'une pour l'autre, ni l'inverse. —
À la reprise, c'est Nathalie Piégay-Gros qui retrace la figure de la domestique dans les œuvres de Simon, un flou très parlant au sein du personnel romanesque.
Michel Bertrand lui succède pour expliciter d'une façon étonnamment révélatrice — et distrayante — la correspondance entre Claude Simon et Jean Dubuffet.
Enfin, cerise sur la journée, Cécile Yapaudjian-Labat nous donne une très belle leçon d'humanisme simonien — où j'entends, par anticipation, l'écho de mon propos (ça me conforte).
Et juste comme on finit, alors qu'on n'a rien demandé, — rideau ! — un gros orage s'abat sur la Sorbonne. Nous débriefons sous les arcades, évacuons la nervosité des attentes. J'ai bien entendu quelques propos un peu bizarres sur les absents mais d'où je viens ça ne me regarde ni ne m'atteint... On se donne rendez-vous tout à l'heure, à Mabillon.
Dîner du colloque. C'est là que beaucoup de choses se disent. Ça se passe dans les salons du CROUS, au 4 étage du resto U de Mabillon. Un cerbère nous attend à la porte en fer de l'entrée. Je ne savais pas que ça existait. Avec une très bonne cuisine : marinade de poivrons et aubergines au four, suivie d'aiguillettes de canard. Seul le café est dégueulasse, et pourtant j'en prends trois — et quitte la table à dix heures et demie pour pouvoir finir mon exposé... M'écroule de fatigue vers 23h30.
Premier jour du colloque Claude Simon à la lumière de l'histoire littéraire, de l'histoire culturelle et de la sociologie de la littérature.
Je franchis avec inquiétude les 300 mètres qui me séparent de la Sorbonne : comment seront ces simoniens ? Comment m'accueilleront-ils ? Moi qui n'ai rien fait dans ce domaine depuis plus de dix ans... Qui ne suis même plus entré dans ce bâtiment depuis qu'il y a des vigiles aux portes... Y suis à 9 heures, salle Bourjac, et il n'y a presque personne. Au plus fort de la matinée, il y aura une vingtaine de présents. Conclusion d'un collègue : le Nouveau Roman n'attire pas les foules. En fait, il ne les a jamais attirées, ce serait être de mauvaise foi que de le prétendre. Et peut-être est-ce une preuve supplémentaire de sa valeur, qu'il ne soit pas présentable, médiatisable, marketisable. Ni même reproductible. Ni même définissable...
Ouverture « pittoresque », dit le vice-président Pierre Civil lui-même car, belle coïncidence, il est de Salses-le-Château. Son père faisait parfois la causette avec Claude Simon, il le voyait de temps en temps à la plage, etc.
Exercice méritoire et belle prise de risque de la part de Pascal Mougin qui, sans être bourdieusien, recourt aux outils d'une sociologie qui fait encore mal pour expliciter la généalogie simonienne.
Marie-Odile André nous détaille de nombreux éléments du Tricheur, annonciateurs des grands thèmes et des formes des romans à venir.
Katerine Gosselin réinsère Claude Simon dans un paysage littéraire néo-romanesque beaucoup plus meuble — et moins nouveau — qu'il n'y paraît aujourd'hui dans les notices révisionnistes (c'est moi qui utilise ce mot).
Déjeuner
à l'Écritoire à 9, personnes que je
connais de nom
ou de ce matin, pour la plupart. Mais la glace est vite
brisée.
Salade
périgourdine. Au retour, j'aperçois,
collés
en face de la Sorbonne, des affichettes qui me disent quelque chose...— Une vague de création littéraire a passé, déjà plus vieille que moi, que nous étions quelques-uns à aimer et que nous honorons ou étudions aujourd'hui ; une nouvelle poussée créatrice est là, partout autour de nous et parmi d'autres poussées créatrices, et nous sommes aussi quelques-uns à l'aimer, sans doute pas les mêmes... Mais moi je suis encore là. Et je ne donnerai pas l'une pour l'autre, ni l'inverse. —
À la reprise, c'est Nathalie Piégay-Gros qui retrace la figure de la domestique dans les œuvres de Simon, un flou très parlant au sein du personnel romanesque.
Michel Bertrand lui succède pour expliciter d'une façon étonnamment révélatrice — et distrayante — la correspondance entre Claude Simon et Jean Dubuffet.
Enfin, cerise sur la journée, Cécile Yapaudjian-Labat nous donne une très belle leçon d'humanisme simonien — où j'entends, par anticipation, l'écho de mon propos (ça me conforte).
Et juste comme on finit, alors qu'on n'a rien demandé, — rideau ! — un gros orage s'abat sur la Sorbonne. Nous débriefons sous les arcades, évacuons la nervosité des attentes. J'ai bien entendu quelques propos un peu bizarres sur les absents mais d'où je viens ça ne me regarde ni ne m'atteint... On se donne rendez-vous tout à l'heure, à Mabillon.
Dîner du colloque. C'est là que beaucoup de choses se disent. Ça se passe dans les salons du CROUS, au 4 étage du resto U de Mabillon. Un cerbère nous attend à la porte en fer de l'entrée. Je ne savais pas que ça existait. Avec une très bonne cuisine : marinade de poivrons et aubergines au four, suivie d'aiguillettes de canard. Seul le café est dégueulasse, et pourtant j'en prends trois — et quitte la table à dix heures et demie pour pouvoir finir mon exposé... M'écroule de fatigue vers 23h30.
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