Détricoter — c'est tout qui vient
Par Berlol, dimanche 1 juin 2008 à 23:52 :: General :: #1026 :: rss
Il
fait beau, contrairement à hier. On reste à la
maison, deux lessives à étendre, l'aspirateur
à passer, etc. Je ne sors que pour quelques courses
— mais dans trois directions
différentes : à Hanamasa le matin,
quatre cents mètres plein Sud pour fruits et viande de
bœuf, à Yoshiya après le
déjeuner, neuf cents mètres plein Nord pour des
yaourts, enfin à Miuraya vers 19 heures, mille
mètres Est-Sud-Est pour du poisson et du beurre —
y'en a !« Et mon mot, alors, personne ne le connaît ?
J'ai écrit mysogyne au tableau, puis, après réflexion, misogyne.
— Le préfixe est utilisé négativement, et « gyne » c'est lié à un mot grec qui veut dire utérus.
Je confondais avec hystérie, mais ce n'est pas pour ça qu'ils ont pouffé. Ni ce qui a provoqué l'intervention d'Aissatou.
— M'sieur ceux-là qui veulent que la femme elle reste au foyer c'est des misogynes ?
— Voilà, par exemple.
Oui mais, a dit Dounia, il faut aussi la protéger la femme, oui mais, a dit Soumaya, rester à la maison toute la journée c'est abuser, oui mais regarde les films porno c'est abuser aussi, a dit Sandra branchée sur le secteur, moi j'dis il faut les interdire parce que c'est un manque de respect, et même moi j'vois, a dit Hinda qui ressemble à je ne sais plus qui, des fois t'as des films ils sont même pas porno eh ben même là t'as des scènes avec du sexe et tout, ouais moi c'est pareil, a repris Sandra, quand j'tombe dessus et j'suis avec mon père oh là là j'ai trop la honte, c'est pour ça maintenant quand il m'fait viens on va regarder la télé et tout moi j'dis non non, ouais, a dit Soumaya ou Imane ou Aissatou, au moins quand on est au bled on est pas obligé d'avoir la main sur la télécommande ou quoi que ce soit, au bled on peut regarder tranquille alors que ici c'est pas pareil on a toujours la main sur la télécommande des fois qu'y aurait du sexe ou quoi que ce soit, ouais moi en Égypte c'est pareil quand j'regarde la télé j'suis tranquille j'ai pas besoin de changer de chaîne tout l'temps alors qu'ici en France c'est même pas la peine tellement tout l'temps y'a des trucs bizarres vous voyez m'sieur ?
— Oui.» (François Bégaudeau, Entre les Murs, p. 137-138 — et un petit merde à Sorin qui peut rester avec son Houellebecq et sa Carla tant qu'il voudra...)
Ce soir, avons vu Je ne suis pas là pour être aimé (S. Brizé, 2005), film plaisant par son austérité même. En effet, me disais-je, dès trente ans tout le monde est plus ou moins coincé par ses relations antérieures (avec parents, enfants, amis, travail, etc.). Et le jour où une vraie rencontre — un événement — peut changer complètement le cours de la vie, il arrive souvent qu'on n'y donne pas suite, que le courage manque pour s'y risquer. Parce que rompre avec le passé n'est pas instantané : ça arrache, ça déchire, ça détricote. Parce que détricoter — c'est tout qui vient — nécessite beaucoup d'énergie, parce que la plupart des gens de votre entourage seront contre vous, parce que les chances d'échec... on sait ce qu'on quitte... et tout et tout... Mais je ne suis pas là pour raconter ma vie.
Commentaires
1. Le lundi 2 juin 2008 à 07:22, par Manu :
Ai vu également récemment sur Wowow. Pas mal.
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