Ta mère ou une autre femme tenant le rôle de ta mère ?
Par Berlol, lundi 2 juin 2008 à 11:14 :: General :: #1027 :: rss
Nous étions déjà quelques-uns
à l'avoir dit, à le dire depuis un an :
ce gouvernement Sarkozy a des tendances nazies. Ce qui ne veut pas dire
qu'il est
Nazi (voir explication de texte sur pétasse
il y a trois jours). En voici une preuve
supplémentaire dans le Contre-Journal
avec les questionnaires diffusés dans les écoles,
soit en catimini auprès des enfants, soit imposés
aux parents sous peine d'amende. On croit rêver —
cauchemarder, plutôt ! Et c'est le spectre des
fichiers juifs, la saga des délations que l'on revoit en
arrière-plan. Sous prétexte de
pédagogie ou d'ajustement budgétaire, ce
gouvernement, impunément, produit cela — mais
c'est un inconscient nazi qui le fait agir. Comment expliquer sinon que
des fonctionnaires s'autorisent à inventer de telles
questions : "Ta mère est née
en France ?", "Ton père est né
en France ?", "Quelle langue parles-tu à
la maison ?", "Qui vit avec toi à la
maison ? (ta mère ou une autre femme tenant le
rôle
de ta mère ?)", ou, aux parents : "À quelle heure
rentrez-vous du travail ?", "Quelle langue parlez-vous
à votre enfant ?", "Quelle est votre
nationalité ?", "Quel est le montant mensuel
dont dispose votre famille pour un mois ordinaire ?"...
JAMAIS une démocratie ne devrait accepter de tels questionnaires. J'ai honte pour la France. J'ai honte d'être français.
En fait, la question, le titre, vous avez remarqué ? On croirait que c'est encore une citation de Bégaudeau, tellement ça épouse le moule de la langue jeune, de la langue pour parler aux jeunes... Comme quand le loup prend la voix de la grand-mère pour montrer patte blanche...
Plus anecdotique : on a sauvé le 14 juillet ! Une circulaire ministérielle (du gouvernement susnommé) voulait nous sucrer la réception démocratique de la fête nationale à l'ambassade. (Même si je n'y vais pas systématiquement, même si je snobbe parfois la garden-party, elle existe et je fais mon choix.)
Sombre mesure budgétaire, avait-on prétendu. Mais tout le monde y voyait comme en plein jour le mépris du peuple — qui rime souvent avec l'amour des yachts.
À part ça, j'ai plutôt pas mal travaillé, aujourd'hui. Des pages web à actualiser (de recherche en équipe, des choses pas encore accessibles), du courrier. Et puis un rendez-vous annulé, sinon je ne m'en sors pas. J'accompagne T. au métro, en fin d'après-midi, et j'achète mon dîner. Elle va discuter archives avec une bibliothécaire jusqu'à dix heures passées — revient pendant que je regarde Des Fleurs pour Algernon (Delrieu, 2006), adaptation quand même très moyenne.
JAMAIS une démocratie ne devrait accepter de tels questionnaires. J'ai honte pour la France. J'ai honte d'être français.
En fait, la question, le titre, vous avez remarqué ? On croirait que c'est encore une citation de Bégaudeau, tellement ça épouse le moule de la langue jeune, de la langue pour parler aux jeunes... Comme quand le loup prend la voix de la grand-mère pour montrer patte blanche...
Plus anecdotique : on a sauvé le 14 juillet ! Une circulaire ministérielle (du gouvernement susnommé) voulait nous sucrer la réception démocratique de la fête nationale à l'ambassade. (Même si je n'y vais pas systématiquement, même si je snobbe parfois la garden-party, elle existe et je fais mon choix.)
Sombre mesure budgétaire, avait-on prétendu. Mais tout le monde y voyait comme en plein jour le mépris du peuple — qui rime souvent avec l'amour des yachts.
À part ça, j'ai plutôt pas mal travaillé, aujourd'hui. Des pages web à actualiser (de recherche en équipe, des choses pas encore accessibles), du courrier. Et puis un rendez-vous annulé, sinon je ne m'en sors pas. J'accompagne T. au métro, en fin d'après-midi, et j'achète mon dîner. Elle va discuter archives avec une bibliothécaire jusqu'à dix heures passées — revient pendant que je regarde Des Fleurs pour Algernon (Delrieu, 2006), adaptation quand même très moyenne.
Commentaires
1. Le lundi 2 juin 2008 à 03:57, par brigetoun :
nou n'avons pas fini d'avoir honte, et une des priorités affichées de la "présidence française de l'Europe" sera d'amener les autres pays à uniformiser et durcir les conditions d"immigration. Heureusement, mais la honte n'en est que plus grande, l'enthousiasme des autres est très relative.
Quel beau rayonnement !
2. Le lundi 2 juin 2008 à 07:29, par Manu :
Mais c'est l'horreur, qu'est-ce que c'est que ce truc ??!!??
Je ne pourrai jamais rentrer en France avec mes enfants !
3. Le lundi 2 juin 2008 à 08:02, par Berlol :
Bah, pour l'instant, ça résiste parce qu'il y a encore suffisamment de gens avec de la conscience et de l'humanité pour dénoncer ces fichages mais quand on les aura remplacés par des emplois précaires en sous-nombre, ça sera nettement plus facile. Je pense qu'à ce train-là, si je puis dire (ou devrais-je dire : à ce charter-là), on y verra plus clair (dans l'épuration) durant le second mandat du président...
4. Le lundi 2 juin 2008 à 18:22, par patapon :
Et si Badiou avait raison? Son expression de « transcendantal pétainiste » était un peu alambiquée, mais sur le fond, on pourrait p.e. lui faire crédit d’une certaine lucidité. Moi, je parlerais de « résurgence vichyssoise » (plutôt que de nazisme), mais trève de logomachie… car enfin, cette histoire (dont on n’avait jusque-là pas entendu parler), ça va commencer à se voir et à se savoir, et si les contre-pouvoirs font leur métier, le scandale sera énorme (je me demande au passage comment des gens de bonne volonté, comme Kouchner ou Rama Yade, vont accepter d’avaler cette couleuvre: en tt cas pour Kouchner qui depuis l’affaire des JO a l’air de chercher désespérément une porte de sortie, c’est l’occasion rêvée de claquer la porte). Mais le plus important n’est pas là. La machine mise en marche est lourde, très lourde, donc facile à saboter, et pour qu’elle fonctionne, il faut que des milliers de bonnes volontés ou de passivités s’y associent. Tu dis toi-même que ça résiste encore (quant à un deuxième mandat... refusons de prendre nos cauchemars pour des réalités !). Ce qui est intéressant pour l’instant, c’est donc précisément de voir combien de rouages refuseront de fonctionner. A mon avis, ça va faire pschitt! Suis-je trop optimiste ?
5. Le lundi 2 juin 2008 à 21:39, par brigetoun :
un certain optimisme dans le commentaire ci-dessus,
d'abord il y a déjà eu un petit scandale de ce genre il y a un an, quand on a essayé de généraliser une enquète similaire (sous le prétexte de la lutte contre les dicrimination)
ensuite dans la foi en la sincérité de Kouchner (oui, mais celle d'un croisé) et Rama Yade
6. Le lundi 2 juin 2008 à 23:12, par Berlol :
Oui, un optimisme un peu difficile à avoir, pour moi. Qui suis un optimiste de nature. Mais là... Et puis Yade et Kouchner, ils ont déjà les mains très sales, depuis un an ! Ça ne te suffit pas, Patapon ? Tu peux encore les croire capables de quelque chose de "bien" ?
7. Le mardi 3 juin 2008 à 00:02, par patapon :
A mon avis, quant ils se retrouvent avec Hortefeux (qui, dans l'habitus porcin et haineux, a tout, lui, du haut-fonctionnnaire vichyste) et autres, ils doivent se dire: bon sang, qu'est-ce que je fous ici !? Donc en l'occurrence, faire "qqch de bien", c'est claquer la porte, et j'ose croire (en incorrigible optimiste, je sais) qu'un jour ou l'autre, c'est ce qui va finir par arriver...
8. Le mardi 3 juin 2008 à 02:05, par Berlol :
Un jour ou l'autre, oui. Mais avant ou après les premières déportations ?...
9. Le mardi 3 juin 2008 à 02:09, par patapon :
Évidemment, le plus tôt serait le mieux...
10. Le mardi 3 juin 2008 à 23:39, par raoul de g. :
Je pense que Patapon a plutôt raison de parler de résurgences vichyssoises que de nazisme. Le nazisme est aussi une esthétique (cf Nancy & Lacoue-Labarthe) ce que notre pauvre gouvernement n'a pas le moins du monde. Sauf celui de la vulgarité bling-bling. On me dira que c'est une esthétique, sans doute, mais qui ne fait pas bcp d'émules et ne lie pas les foules.
11. Le mercredi 4 juin 2008 à 01:06, par Berlol :
Oui, oui... J'ai beaucoup réfléchi à ces distingos, entre vichysme et nazisme... De toute façon, nous les employons à titre prophylactique (voire apotropaïque) et de manière analogique. Il s'agit d'abord de faire mouche sur une cible visible pour que les esprits de nos contemporains se trouvent excités au point d'en arriver à "penser" par eux-mêmes — dingue, non ? —, après quoi le comparant devrait céder la place au comparé... pour lui faire quitter la sienne. Et comme cible, façon épouvantail, moi, je vois qu'Hitler fait quand même beaucoup plus peur que Pétain.
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