Seule nouvelle vraiment positive du Soir 3 d'hier soir : Scarlett Johansson sort un disque de reprises de Tom Waits, intitulé Anywhere I lay my Head. Comme Marie Drucker ne le dit pas, il y a déjà pas mal de possibilités d'écoute en ligne. Voix grave, arrangements délicats et sombres ambiances, on n'en attendait pas moins d'une actrice qui s'est choisi comme pères spirituels Woody Allen, Bill Murray, Tom Waits, Barack Obama et Bob Dylan ! Je sens que mes hauts-parleurs vont s'en lasser avant moi.
L'album a été enregistré à Louisiana, du côté du bayou faulknerien. Dans la conversation avec Scarlett, Debbie Harry (!) assure que la forte humidité des lieux affecte à l'évidence la tonalité de l'album. Nous sommes donc parés pour l'été japonais... Et puis ça me changera du Ralbum (Laureli / Léo Scheer) qui squatte la platine depuis deux bonnes semaines, au point que j'en parle la langue sans m'en rendre compte...

Hier je me plaignais de la pluie mais quand j'ai vu cette superbe photo de l'ami Bikun au Népal, je me suis dit qu'à tout prendre j'allais garder mon crachin nippon.

En même temps, ça fait envie, ce déluge ! Non ? La brillance... On se dit qu'on courrait pour aller se réfugier au restaurant d'en face, on y arriverait trempé et que ça serait guère moins humide à l'intérieur, avec des saveurs d'épices en sus, des conversations,  des fumeurs qui se la coulent douce sur le perron, on rirait en se regardant tout dégoulinant d'eau et d'adrénaline, on se raviserait en voyant l'état de notre matériel, le sac, l'appareil-photo qu'on essaierait d'essuyer tant bien que mal, on nous prierait de nous asseoir... Un thé viendrait, ou un curry... La pluie s'arrêterait sans que ça n'émeuve personne, dehors l'activité reprendrait, la vache étique ne serait plus là.
Merci, Bikun, cette photo m'a bien fait voyager !

Douche froide dans un courriel officiel :
Mme Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, prononcera le 13 Juin à 13H30 à l'Université de Tokyo, Campus de Recherche de Komaba, une conférence intitulée :
« Japon-France : l'enseignement supérieur et la recherche, un pont entre nous » (interprétation simultanée)
Vous êtes cordialement invité(e).
Plan du campus
La conférence aura lieu au Convention Hall, bâtiment 6 (bloc A)

Je suppose qu'il n'y aura que des apparatchiks de Todai, des grands profiteurs de la réforme japonaise qui sert de modèle à la française, et qu'ils vont tous s'entre-flagorner bien baveusement.
Plutôt crever que d'aller leur donner ma caution ou mon oreille !

Finalement (puisque je me suis reconduit à l'auditif), ça n'est encore pas aujourd'hui que je vais traiter du Ralbum...
Pour le cours de lecture & phonétique, expérience commencée, j'y reviendrai la semaine prochaine.

Débat mouvant, tournant, relativement consensuel sur la question du mariage annulé pour mensonge sur la virginité dans le Ce soir ou Jamais d'hier soir. Marrant : je trouve toujours ça bien quand il y a Régis Jauffret. Peut-être parce que ses emportements sont les miens, parfois même quand je ne le sais pas, parce que je ressens une adhésion a posteriori.
Adhésion a posteriori, ça devrait faire sourire, ça...
C'est d'actualité, ça prolongeait logiquement Lignes de fuite, où le sujet est d'abord littérairement introduit. D'où que je peux aussi m'en sortir par là :

« M'sieur on peut faire un débat ?
— Et le brevet, on s'en fout ?
— Les débats c'est mieux.
— Oui, mais y'a pas de débat au brevet.
Ils ont commencé à parler du mariage homosexuel, les filles n'étaient pas contre, les garçons totalement, dont Hakim qui a fait une grimace dégoûtée en donnant son opinion. Aissatou réfléchissait, Mohammed-Ali a dit que c'est pas comme ça qu'on fait l'amour, Sandra a dit qu'au bled les filles elles se faisaient sodomiser pour rester vierges au mariage, t'as vu, c'était n'importe quoi, les mecs ils faisaient style ils veulent pas des filles vulgaires et eux c'est des animaux, t'as vu. Les filles elles se font recoudre même des fois, a ajouté Katia, même embrasser en public c'est pas possible au Maroc, a dit Hinda qui ressemble à je ne sais plus qui et Sandra l'a regardée en prenant un air coquin allusif.
— C'est pas comme en France, hein Hinda ? » (François Bégaudeau, Entre les Murs, p. 262-263)