Quelque chose de joli ?
Par Berlol, jeudi 12 juin 2008 à 23:59 :: General :: #1038 :: rss
Enfilade des trois cours puis retour Tokyo. L'essentiel est a.i.l.l.e.u.r.s.
Mais
où ?
Dans le frisson de cette branche d'érable
l'âpre parfum de ce thé de Chine
la renaissance que procure la douche
ce sourire de l'étudiante qui soudain comprend
le rouge charnu de la grosse tomate
la colère de voir Sarkozy et Kouchner
la fatigue de mon voisin de trajet
le dernier rayon sur le Mont Fuji
la joie de T. retrouvée...
« Alors, il fait beau à Reservoir ? demanda-t-elle en le regardant crânement.
— Pareil qu'ici, dit Brown.
— C'est vraiment à l'intérieur des terres ?
— M'en a tout l'air, dit Brown.
— C'est une grande ville ?
— M'étonnerait, dit Brown.
Comme il n'était pas pressé d'aller à la recherche de son contact, il fouina un peu dans l'épicerie. Au-dessus des sacs de riz, une étagère supportait quelques livres et une pile de revues pornographiques d'occasion. La commerçante refusait de lui racheter son jeton inutilisé. Pour un dollar, il acquit un plan de Yagayane qui datait du début du siècle, ainsi qu'un morceau de fromage et un petit recueil de Shaggås intitulé Lettre au moine de la guerre. Il n'était pas grand lecteur et il n'avait jamais beaucoup apprécié la prose post-exotique, mais, parmi les articles proposés, cette Lettre avait l'avantage de ne coûter que cinq cents, beaucoup moins que les revues.
— En dehors du bord de mer, demanda-t-il à l'épicière en tendant son dollar, est-ce qu'il y a quelque chose de joli à voir à New Yagayane ?
— Quelque chose de joli ? répéta la marchande, ébahie.
— Oui, je ne sais pas, moi... Quelque chose à visiter... un monument, une pagode...
— Une pagode ?
— Par exemple, oui.
— Non, dit l'épicière. On n'a pas de ça à New Yagayane.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 53)
Mais
où ?Dans le frisson de cette branche d'érable
l'âpre parfum de ce thé de Chine
la renaissance que procure la douche
ce sourire de l'étudiante qui soudain comprend
le rouge charnu de la grosse tomate
la colère de voir Sarkozy et Kouchner
la fatigue de mon voisin de trajet
le dernier rayon sur le Mont Fuji
la joie de T. retrouvée...
« Alors, il fait beau à Reservoir ? demanda-t-elle en le regardant crânement.
— Pareil qu'ici, dit Brown.
— C'est vraiment à l'intérieur des terres ?
— M'en a tout l'air, dit Brown.
— C'est une grande ville ?
— M'étonnerait, dit Brown.
Comme il n'était pas pressé d'aller à la recherche de son contact, il fouina un peu dans l'épicerie. Au-dessus des sacs de riz, une étagère supportait quelques livres et une pile de revues pornographiques d'occasion. La commerçante refusait de lui racheter son jeton inutilisé. Pour un dollar, il acquit un plan de Yagayane qui datait du début du siècle, ainsi qu'un morceau de fromage et un petit recueil de Shaggås intitulé Lettre au moine de la guerre. Il n'était pas grand lecteur et il n'avait jamais beaucoup apprécié la prose post-exotique, mais, parmi les articles proposés, cette Lettre avait l'avantage de ne coûter que cinq cents, beaucoup moins que les revues.
— En dehors du bord de mer, demanda-t-il à l'épicière en tendant son dollar, est-ce qu'il y a quelque chose de joli à voir à New Yagayane ?
— Quelque chose de joli ? répéta la marchande, ébahie.
— Oui, je ne sais pas, moi... Quelque chose à visiter... un monument, une pagode...
— Une pagode ?
— Par exemple, oui.
— Non, dit l'épicière. On n'a pas de ça à New Yagayane.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 53)
Commentaires
1. Le vendredi 13 juin 2008 à 10:36, par brigetoun :
c'est bien les moines soldats, du moins je vais finir par le croire, me reste à aller les lire
mais votre essentiel l'est tout autant
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