Au sport avec
Vue sur
l'ossuaire que j'ai pris vite fait sur un rayonnage du
bureau, me demandant si je l'avais déjà lu ou
pas. Les premières pages m'ont paru nouvelles, ne rien
rappeler à ma mémoire, puis la situation de Maria
Samarkande s'est précisée et avant de me rappeler
la suite du récit, je me suis souvenu d'être en
train de lire ce livre dans un train allant ou revenant de
l'aéroport de Narita. C'était en
janvier 2007. Je
ne me suis pas arrêté de pédaler et
j'ai relu plus de quarante pages avec grand bonheur.
D'ailleurs,
j'ai voté pour
Des Anges mineurs
au Livre sur la Place de Nancy.
Rangement d'un meuble dans lequel je retrouve tout un tas d'articles
sur des auteurs dits du Nouveau Roman, autres que Claude Simon dont les
éléments bibliographiques sont
déjà strictement rangés. Joie de
relire ces articles, certains datant des années 1950,
écrits dans la fougue journalistique des nouvelles
propositions littéraires — sans rien
connaître ni des chocs pétroliers, ni des
délocalisations, ni des guerres bushiques, sans imaginer la
foire au chiffre que ça deviendra, le livre.
« Je connaissais bien Robbe-Grillet. J'avais
vu Beckett
arriver, puis Butor. Je savais que ces hommes venaient d'horizons
différents, et suivaient des logiques
différentes. Entre
ces trois-là, il n'existait aucune ligne
théorique. Leur
présence conjointe formait une de ces équations
propre
à la littérature, qui connaissent un certain
point
d'équilibre, puis basculent et doivent se reconstruire
autrement. Il y avait des problèmes d'écriture,
des
problèmes de construction romanesque, une conscience
très
vive des ambiguïtés de l'époque.
D'autres encore,
à Minuit, ou chez Paulhan, Privat, Julliard, etc.,
participaient
à cette équation invisible. qu'on en tire une
théorie, si l'on veut : elle ne s'applique au mieux
qu'à trois ou quatre années de production.
Il suffit qu'un nouveau venu réussisse un livre, quel qu'il
soit (le Vent
de Claude Simon, en 1957 ; le
Procès-verbal
de Le Clézio, en 1963, par exemple), pour que les cartes
soient
à nouveau redistribuées, dirigeant autrement la
partie.
Et la littérature. Après quoi les
théoriciens de
l'équation brusquement défunte traînent
la savate
vingt-cinq ans durant, pendant que les « crises » du
roman,
et les solutions répétées à
cette
« crise », se poursuivent sans eux. Quand il publie
en 1971 Pour une Théorie du nouveau roman
,
Ricardou s'installe dans une chapelle vide : même
Robbe-Grillet a pris le large.
C'était d'ailleurs quelqu'un de très
intéressant, Robbe-Grillet. À l'époque
des Gommes
,
nous déjeunions chaque semaine ensemble. Nous parlions de ce
qu'il faisait. Il avait une manière très
originale de
concevoir les intrigues, les descriptions et surtout
l'écriture.
Il parlait assez peu des problèmes de construction, de
montage,
qui l'occupèrent beaucoup dans la suite. Il
évoquait
encore moins ses futures théories. Je trouvais, pour ma
part,
son style très prenant, très classique. Je me
demande
s'il n'est pas un classique contrarié.»
(Georges Lambrichs,
Entretien avec Jean-Maurice de Montremy
[les 4, 8 et 15 avril 1991],
La
Nouvelle Revue Française, n°473, Juin
1992, p. 74-75)
Ne se trouve apparemment pas dans la pourtant remarquable
bibliographie robbe-grilletienne,
sur le site réalisé par Christian Milat
à l'université d'Ottawa.

En
voiture avec un collègue et sa fille, je me rends
à une invitation lancée le mois dernier par
l'agent immobilier, que nous récupérons
à un coin de rues. À notre grand
étonnement, il nous avait proposé d'aller dans un
temple qu'il connaît bien pour y déguster un
chanko nabe en
compagnie des
sumotoris
qui participeront au tournoi de Nagoya ce week-end. Ah, oui, on en
parlait dans la voiture... Il paraît que Sarkozy a
refusé un entretien à Fukuda pendant le G8,
ça fait du bruit au Japon qui était tout de
même la
puissance
invitante, comme on dit, mais je suis sûr qu'on
n'en parle pas du tout en France — où le fanfaron
s'empêtre à trop parler à tort et
à travers, et risque bien de revenir à pied de la
Chine.

Mais revenons au
chanko nabe. Je
m'attendais à du solennel, du
cérémonial, voire du protocolaire. Mais rien de
tout ça, c'est, dans toutes les pièces d'un
temple, qui ressemblent pour la plupart à celles d'un
pavillon de grande banlieue, une sorte de kermesse informelle et de
plus en plus bruyante, des tables chargées de victuailles et
de bouteilles de bière, des apprentis sumo qui servent le
nabe au porc et au
poulet sur une terrasse où il faut faire la queue, et
surtout des sumos en grand
yukata,
souriants, détendus, acceptant de faire des photos
très simplement avec toutes sortes de personnes. Et puis une
jeune française, aussi surprise que moi de la rencontre,
boursière du Rotary, finissant son année de
lycée et prête à revenir au Japon, et
pourquoi pas dans notre université... Car la famille du
temple accueille des boursiers et la fille de la maison parle elle
aussi couramment le français. Que d'étonnement en
un soir.
On ne reste pas trop longtemps pour ne pas abuser de
l'hospitalité et, pour moi, afin d'avoir un shinkansen pas
trop tard. Je suis à la maison avant 22h30...
Chez
David Abiker : une
question que je me pose, moi aussi, et pas seulement dans
MySpace : comment gérer ceux qui
oublient
définitivement leur mot de passe...
En attendant, voici le bouton sur lequel vous pouvez cliquer, si j'ai
bien compris,
pour ajouter à votre page Netvibes le module des
Flux Litor
contenant les dernières recommandations de lecture d'Hubert
de
Phalèse :

Enfin, si ça marche... Je voulais faire une copie texte et
liens de cette sélection pour l'envoyer en message
à la liste. Impossible, c'est tout du javascript !
Pourtant, pour archive, ça serait intéressant...