Choses qu'on n'attendait plus, presque
Par Berlol, mercredi 2 juillet 2008 à 23:59 :: General :: #1058 :: rss
« [...]
comme tous ces
expatriés qui reproduisent à l'identique ce
qu'ils ont
cherché à fuir [...] »,
dit Pascal Elbé, à propos des habitants de la « rue des
grenouilles » à Londres
(dans le 20 Heures
de France 2 d'hier, sur la sortie du film Mes Amis, mes amours,
tiré du livre de Marc Lévy). Pour une parole
vraie,
combien de conneries à se farcir. Ce n'était
déjà pas de la littérature,
à mon avis ce
ne sera pas non plus du
cinéma...
Ce paradoxe fuite / reproduction, nous le voyons T. et moi, de nos fenêtres comme au cinéma, avec les familles françaises de l'immeuble d'en face. Sans parler des enfants qui braillent à heure fixe dans la rampe d'accès au parking souterrain...
Livre-audio chez Léo Scheer... À suivre, avec les oreilles.
Je réfléchis à une transformation de Litor qui, telle quelle, ne sert plus à rien. Je teste Netvibes dans ce sens. À suivre.
Avant et après, deux réunions. Tout cela se mélange. Avec un peu de Bassmann pour la perspective.
Fin, presque, de la préparation de mes sujets d'examen (qui auront lieu du 29 au 31 juillet).
« Du fond de son inconscient, une suggestion arriva, l'idée de construire entre elle et lui une passerelle rassurante, de lui parler et de se faire comprendre d'elle, et, exactement au même instant, il eut une révélation étrange, la certitude qu'il connaissait son nom. Elle s'appelle Natacha Dovjenko, pensa-t-il. En un très court instant il sut comment il avait forgé ce nom, comment ce nom était apparu en lui — il se souvenait de la plage où il avait reçu ses instructions de Boïan Cuzco, et il revoyait le moment où il avait déchiffré « Dovjenko » sur l'épave, et là-dessus se superposaient le repas au Yagayane Palace, et les lèvres de cette femme qui avait été l'objet de ses fantasmes pendant des heures, sa bouche articulait avec une certaine indolence son propre prénom. Je suis entré dans un monde de rêves qui se croisent et coïncident, pensa-t-il. Je suis entré dans un rêve de Boïan Cuzco, pensa-t-il. Je ne suis nulle part, je suis à l'intérieur d'un rêve de Boïan Cuzco, cette petite fille est une araignée qui s'appelle Natacha Dovjenko et elle rêve, elle aussi, et elle n'est nulle part, comme moi, et, d'une certaine manière, je l'ai atteinte.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 219-220)
Dîner avec Sophie, à Motoyama, seule rescapée de la pression sociale ambiante. (Tous les autres ont fait valoir des excuses de travail, sans parler de Benoît qui s'est carrément envolé pour Paris.)
Tard, aux infos, deux bonnes nouvelles, des choses qu'on n'attendait plus, presque : d'une part, Patrick de Carolis proteste contre la réforme de l'audiovisuel public, d'autre part et surtout, Ingrid Bétancourt est libre !
Ce paradoxe fuite / reproduction, nous le voyons T. et moi, de nos fenêtres comme au cinéma, avec les familles françaises de l'immeuble d'en face. Sans parler des enfants qui braillent à heure fixe dans la rampe d'accès au parking souterrain...
Livre-audio chez Léo Scheer... À suivre, avec les oreilles.
Je réfléchis à une transformation de Litor qui, telle quelle, ne sert plus à rien. Je teste Netvibes dans ce sens. À suivre.
Avant et après, deux réunions. Tout cela se mélange. Avec un peu de Bassmann pour la perspective.
Fin, presque, de la préparation de mes sujets d'examen (qui auront lieu du 29 au 31 juillet).
« Du fond de son inconscient, une suggestion arriva, l'idée de construire entre elle et lui une passerelle rassurante, de lui parler et de se faire comprendre d'elle, et, exactement au même instant, il eut une révélation étrange, la certitude qu'il connaissait son nom. Elle s'appelle Natacha Dovjenko, pensa-t-il. En un très court instant il sut comment il avait forgé ce nom, comment ce nom était apparu en lui — il se souvenait de la plage où il avait reçu ses instructions de Boïan Cuzco, et il revoyait le moment où il avait déchiffré « Dovjenko » sur l'épave, et là-dessus se superposaient le repas au Yagayane Palace, et les lèvres de cette femme qui avait été l'objet de ses fantasmes pendant des heures, sa bouche articulait avec une certaine indolence son propre prénom. Je suis entré dans un monde de rêves qui se croisent et coïncident, pensa-t-il. Je suis entré dans un rêve de Boïan Cuzco, pensa-t-il. Je ne suis nulle part, je suis à l'intérieur d'un rêve de Boïan Cuzco, cette petite fille est une araignée qui s'appelle Natacha Dovjenko et elle rêve, elle aussi, et elle n'est nulle part, comme moi, et, d'une certaine manière, je l'ai atteinte.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 219-220)
Dîner avec Sophie, à Motoyama, seule rescapée de la pression sociale ambiante. (Tous les autres ont fait valoir des excuses de travail, sans parler de Benoît qui s'est carrément envolé pour Paris.)
Tard, aux infos, deux bonnes nouvelles, des choses qu'on n'attendait plus, presque : d'une part, Patrick de Carolis proteste contre la réforme de l'audiovisuel public, d'autre part et surtout, Ingrid Bétancourt est libre !
Commentaires
1. Le mercredi 2 juillet 2008 à 18:21, par Lionel Dersot :
Je doute que ces familles françaises avec enfants soient en état de "fuite". Juste en prise d'opportunité d'aller voir ailleurs, recherchant rapidement dès l'arrivée leurs corréligionnaires, comme la majorité des êtres humains de toutes nationalité. Seuls les aventuriers s'enfoncent dans la brousse locale. Ce ne sont pas les familles qui ont des choses intéressantes à évoquer sur l'"expatriation".
Le niveau de bruit des enfants est surtout une fonction culturelle, ensuite de nature du caractère de chacun. Nous avons été bruyants, plus bruyants en tout cas que la moyenne locale notoirement sage en général, dans l'espace public.
Au sujet du livre audio, je suis abasourdi par ce format. J'ai acheté des livres audio sur CD, par téléchargement, qui ont tous fini intentionnellement sur le balladeur. Mais un machin de la sorte, une bibliothèque en forme de portemanteau mural portant des pendantifs avec vermicelles d'écouteurs pendouillants, me laisse bouche bée. On sait que la question numéro un pour l'éditeur est : comment éviter la copie. C'est l'aspect le plus flagrant avec ce format "hardware". Je doute de son avenir même si cela fait un jolie cadeau. Si tu ne lis, tiens, écoute au moins.
2. Le mercredi 2 juillet 2008 à 19:07, par Berlol :
Avec la photo de l'écrivain sur les écouteurs... Dans le train, on sait ce que tu écoutes. Si c'est comme on le voit sur le site ELS, c'est en effet un produit fermé, encombrant et... jetable. Éventuellement donnable et transmissible, ce qui serait une autre façon de faire de la copie gratuite, et légalement inattaquable, eh eh !
3. Le mercredi 2 juillet 2008 à 20:20, par karl :
Il y a quelque chose pour moi de profondément ironique dans la formule expatrié et dans ce que'elle recouvre concrètement.
Les « expatriés » recouvrent habituellement (dans le langage) une classe de gens qui ont fait le choix de partir pour une période courte. Ce ne sont pas des immigrants, des gens devant s'installer dans le pays où ils résident, malheureusement. Ces gens n'ont pas eu à fuir la France. Ils n'ont pas décidé d'abandonner leur culture française. Ce sont des gens diplômés la plupart du temps qui pensent avoir plus d'opportunités professionnelles ailleurs. Ce n'est pas surprenant qu'ils reproduisent ce qu'ils faisaient dans leur territoire d'origine. Leur « patrie » est bien ancrée.
Les gens qui émigrent (quitter un pays parce qu'on ne l'aime pas) ne sont pas forcément ceux qui immigrent (devoir s'installer dans un pays).
Il n'y a que peu de pays dans le monde où il y a vraiment accueil et intégration. Il y a les endroits où l'on demande « d'où viens tu ? » pour savoir l'origine culturelle, la société étant déjà largement composite (ex: Canada), et il y a ceux où la question est posée parce que ce n'est pas possible d'être du pays (ex: Japon.)
J'aime répondre 下北沢 quand on me le demande et cela provoque très souvent un moment d'hésitation, et on me demande à nouveau pour me préciser qu'on demandait mon pays d'origine. Une seule fois, une femme japonaise m'a répondu « Ah moi aussi ! Je vis dans setagaya ku. » C'est amusant.
Pour conclure, je ne jette pas tout à fait la pierre aux expatriés d'être ostentatoires de leur culture. Ce qui me dérange un peu plus, c'est leur discours de fuite « C'est plus vert ailleurs » sans reconnaître qu'ils sont bien les même ailleurs, si ce n'est plus parfois, processus de découverte de sa propre culture en milieu exotique.
bah j'ai trop écrit encore… blablabla :p zzz
4. Le jeudi 3 juillet 2008 à 01:45, par christine :
下北沢 ??
en français dans le texte cela pourrait donner quoi ?
la belle libération d'Ingrid Bétancourt est (un peu) gâchée par son traitement médiatique en France et sa récupération politique immédiate, mais bon ... pour vous heureux expatriés qui n'avez pas vu les images en boucle, je parle de ça :
www.lepost.fr/article/200...
5. Le jeudi 3 juillet 2008 à 02:29, par Berlol :
下北沢, ou Shimokitazawa, c'est le nom d'un quartier branché de Tokyo, avec plein de petites rues pleines de boutiques branchées. Karl en parlera peut-être mieux que moi (qui n'y suis pas allé depuis au moins quatre ans).
Déjà dans le Soir 3 d'hier, la Grande Sarkozade commençait ! Maintenant, j'imagine les trompettes !
6. Le jeudi 3 juillet 2008 à 02:50, par christine :
merci pour la précision : le traducteur de google m'avait répondu "Shimo-Kitazawa" ce qui donc était une réponse correcte ... mais pas très parlante pour moi !
trompettes de la renommée ... vous êtes bien mal embouchées (disait prémonitoirement l'autre)
7. Le jeudi 3 juillet 2008 à 17:17, par karl :
Ah désolé Christine. C'est un quartier animé à l'ouest de Tokyo, 5 minutes de Shibuya. Setagaya ku exactement. Le quartier est menacé par un projet de développement urbain touchant à la station de train et au passage d'une large route, qui fera une grosse saignée en plein coeur de shimokita.
Un site en japonais à propos des travaux: stsk.net/
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