L'écriture du jour ouvre des brèches
Par Berlol, jeudi 3 juillet 2008 à 23:56 :: General :: #1059 :: rss
Depuis quelques jours ou semaines, je n'écris plus le
soir-même mais le lendemain. Le soir, la motivation manque,
d'autres choses prennent le pas, ou rien, mais les idées
n'apparaissent ni ne se développent plus comme auparavant.
Ce n'est peut-être qu'une période comme
ça. Je ne me demande pas pourquoi j'écris ce
journal, encore moins si je dois l'arrêter, mais simplement
je ne le fais pas. Et tôt le lendemain matin, ou plus tard,
parfois à trois ou quatre reprises dans la
journée, je m'essaie à une sorte de sauvetage, de
rattrapage. Dont je vois bien que c'est aussi un rebouchage, un
masquage — le mouvement d'écriture et d'esprit qui
normalement
ficelle d'un coup d'un seul plusieurs éléments
n'ayant pas lieu. J'imagine que ça se ressent dans la
lecture, que dans leur for intérieur certains se disent que
ça baisse par ici, au moins pour ceux qui ont
estimé un tant soit peu mes propositions
journalières depuis plus
de quatre ans. À moins que cette
variabilité ait toujours existé et que je me sois
illusionné sur une sorte de constance, de note tenue.
En fait, j'ai l'impression qu'à tenter de retrouver ce que fut la veille, je suis complètement dans l'artifice d'un vouloir avoir quelque chose à dire, au lieu simplement d'avoir quelque chose à dire...
Ce qui fait, à mon avis, l'intérêt de ce journal, et sa littéréticularité, c'est l'ouverture potentiellement complète — et imprévisible — du spectre thématique, la liberté d'aborder n'importe quel sujet (littérature, bien sûr, mais aussi sites, médias, politique, Japon, cuisine, cinéma, plantes, vie intime, etc.), à la différence de celles et ceux qui se limitent, par conviction ou par timidité, à un seul thème, un seul domaine dont ils tiennent, comme un service offert, l'actualité (surtout dans les technologies mais aussi dans l'actualité de l'édition ou des arts, par exemple). Or, quand l'écriture du jour ouvre des brèches frémissantes avec un certain enthousiasme, l'écriture du lendemain s'astreint à ramasser péniblement quelques poussières inertes et vite mises en boîte — pour qu'au moins il reste ça. La nuit, le sommeil, la frontière entre deux états de présence ont vite et incompréhensiblement changé la donne. C'est même plus problématique que cela puisque l'orientation épuisante vers cet hier déjà insaisissable retarde ou perturbe la saisie du jour tel qu'il se présente.
Évidemment, j'écris cela un vendredi matin, lendemain d'un jeudi encore bien rempli (cours, discussions avec collègues et étudiants, écoute de médias si justement consacrés à Bétancourt), dont les interstices entre les cours ont été eux-mêmes employés au développement du Flux Litor dont j'essaie de cerner les missions et l'esprit (on peut faire des suggestions) et dont je n'annoncerai l'ouverture officiellement que la semaine prochaine.
Et je m'arrête pour aller au centre de sport...
En fait, j'ai l'impression qu'à tenter de retrouver ce que fut la veille, je suis complètement dans l'artifice d'un vouloir avoir quelque chose à dire, au lieu simplement d'avoir quelque chose à dire...
Ce qui fait, à mon avis, l'intérêt de ce journal, et sa littéréticularité, c'est l'ouverture potentiellement complète — et imprévisible — du spectre thématique, la liberté d'aborder n'importe quel sujet (littérature, bien sûr, mais aussi sites, médias, politique, Japon, cuisine, cinéma, plantes, vie intime, etc.), à la différence de celles et ceux qui se limitent, par conviction ou par timidité, à un seul thème, un seul domaine dont ils tiennent, comme un service offert, l'actualité (surtout dans les technologies mais aussi dans l'actualité de l'édition ou des arts, par exemple). Or, quand l'écriture du jour ouvre des brèches frémissantes avec un certain enthousiasme, l'écriture du lendemain s'astreint à ramasser péniblement quelques poussières inertes et vite mises en boîte — pour qu'au moins il reste ça. La nuit, le sommeil, la frontière entre deux états de présence ont vite et incompréhensiblement changé la donne. C'est même plus problématique que cela puisque l'orientation épuisante vers cet hier déjà insaisissable retarde ou perturbe la saisie du jour tel qu'il se présente.
Évidemment, j'écris cela un vendredi matin, lendemain d'un jeudi encore bien rempli (cours, discussions avec collègues et étudiants, écoute de médias si justement consacrés à Bétancourt), dont les interstices entre les cours ont été eux-mêmes employés au développement du Flux Litor dont j'essaie de cerner les missions et l'esprit (on peut faire des suggestions) et dont je n'annoncerai l'ouverture officiellement que la semaine prochaine.
Et je m'arrête pour aller au centre de sport...
Commentaires
1. Le jeudi 3 juillet 2008 à 20:38, par brigetoun :
vous non ça ne se sent pas - simplement on attend
moi à mon petit niveau le dégout est là, reste une discipline de maussade humeur
2. Le jeudi 3 juillet 2008 à 22:50, par christine :
sans doute juste une lassitude passagère ... de mon côté aussi ces temps-ci grosse fatigue et trop de travail ...
en tout cas pour nous lecteurs l'intérêt reste entier le lendemain, même si on ressent ta lassitude, le décalage dont tu fais état vaut surtout pour l'auteur, il me semble
quant à Flux Litor (juste quelques premières impressions en vitesse pour l'instant car je pars au bureau)
- il faut de toute évidence passer à autre chose
- je ne suis pas très convaincue par le titre
- mais c'est joli
- et je suis très fière de m'y retrouver !
3. Le vendredi 4 juillet 2008 à 07:09, par F :
pb récurrent et qu'on a souvent évoqué...
et pourtant ta présence et ton activité nécessaires, alors débrouille-toi à inventer, et trouve les formes!
reparle nous du citronnier et de tes faux matches de ping-pong comme allégorie du monde
embarque nous dans tes recherches, reviens sur les Syrtes, le FLEU tout ce que tu veux
et va t'acheter un Sony Reader pour avoir toi aussi de quoi raconter sur les essais techniques (sans déc', génial cette bécane...)
4. Le vendredi 4 juillet 2008 à 18:16, par Berlol :
Merci, Brigetoun. J'ai pensé à vous en entendant que le Festival d'Avignon commençait. Vous allez être occupée...
Oui, Christine, on essaie d'imaginer autre chose. Tes remarques sont les bienvenues, même en privé.
En effet, François, c'est récurrent, comme la vie. Merci pour les encouragements. Pour le Sony Reader, je vais voir...
5. Le samedi 5 juillet 2008 à 00:01, par pat :
Les hommes ne sont pas de marbre luisant. Encore moins de pierre, polie ou brute. Le ciel est notre reflêt tantot brillant comme un soleil, tantot, pâle, presque triste et morose. Il en va ainsi de l'Homme. Un journal littéRéticulaire ou non ne serait pas journal s'il n'avait pas ce côté intense, de bravoure entreméllée de nostalgie ou de dépis. Le moral a des hauts et des bas que l'on garde accrochés à des portes-jartelles qui s'avachissent et que l'on retend.
Non c'est le journal d'une vie peu ordinaire d'un français au pays du soleil levant et d'être toujours dans la mouvance du réveil, de temps en temps il faut songer à rêver.
Amicalement Pat
6. Le samedi 5 juillet 2008 à 16:59, par Berlol :
Merci, Pat. Comment va ton col ? J'y passe, tu sais, et ça fait rêver aussi.
7. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:39, par christine :
j'aime bien : "les hommes ne sont pas de marbre luisant" ... merci pour ces sages remarques qui remontent le moral de la blogueuse flemmarde que je suis en ce moment, pat
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