Même après deux verres, l'espoir survit
Par Berlol, vendredi 4 juillet 2008 à 23:59 :: General :: #1060 :: rss
... Aller au centre de sport et finir Bassmann en pédalant,
ce qui est moins triste que de l'achever dans le silence de la maison
ou du train. Mon maillot trempé par la sueur, je me dis
qu'Ingrid est enfin libre, certes, même si l'heureux
événement n'est pas vierge de fiction, mais Myriam et Teddy sont
toujours retenus dans l'isolateur, dont il n'est pas certain
qu'on parvienne à les faire sortir avant qu'ils ne
s'éloignent définitivement. Ainsi
s'éclaire le sens de Vain
Temps après. Et là non plus, il n'y
aura pas de vidéo.
« Il m'examinait à présent avec une grimace de dégoût, en cognant et glissant bizarrement ses doigts les uns contre les autres. Je ne réussissais pas à distinguer ses traits, mais je devinais sa bouche tordue, son mépris. Il me défiait. J'entendais le bruit de ses phalanges creuses. Après un temps mort, il me lança que je pouvais encore renoncer et rentrer chez moi.
— Quelles conséquences ? ai-je demandé.
Confusion mentale, dégénérescence de la volonté, a-t-il dit. Vous vous sentirez étranger à l'idée même de survivre.
— Ce n'est pas nouveau pour moi, ça, ai-je dit. J'ai l'habitude de surmonter ça. Écoutez, Fuchs, quoi qu'il arrive, je veux faire le maximum pour Myriam et Teddy. Ils m'ont aidé après ma mort. Je leur dois tout. Sans eux, je ne serais rien.
Vous n'êtes rien, Monge, a chuchoté le médecin en haussant ses clavicules de freak mal éclairé. Mais, une fois dans l'isolateur, vous serez moins que rien.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 238)
Déjeuner avec David au Downey. Il semble que les hostilités aient repris entre certains de nos collègues, des courriels volent bas. Ça ne m'empêche pas de prendre un dessert de crêpes à la mangue. D'ailleurs, je ne remonte pas au bureau, je pars directement. Dans le train, quand je ne dors pas, j'essaie de m'accrocher à Enfilades de Christophe Claro. Je ne suis pas sûr d'y parvenir, les trente pages lues ne m'ont rien apporté d'autre que l'impression d'un exercice formel.
Du pain à GranSta et j'arrive à la maison avant 17 heures. La chaleur est encore plus perceptible que ce midi. On pourra dire que c'est ce jour-ci qu'elle a commencé cette année, la chaleur.
En attendant l'heure de sortir, je mets la main sur tous les modules France Culture et positionne ceux des émissions littéraires dans l'onglet des ondes du Flux Litor. Ça s'étoffe. La diffusion est instantanée et intégrée à l'en-tête de page, d'un bel effet. Dommage qu'on ne puisse pas donner d'intitulé aux colonnes. J'ai choisi la transparence des modules, sinon ça faisait trop de boîtes, trop de lignes, trop de géométrie à imposer aux yeux.
On s'habille chic pour aller dans les jardins de l'Institut rejoindre un bon nombre de nos amis et collègues au cocktail de départ de la directrice de la Maison franco-japonaise, Françoise Sabban, des directeurs de l'Institut, Bruno Asseray, et des cours de l'Institut, Jean-Philippe Rousse — même si, aujourd'hui même, j'ai reçu l'information officielle de l'installation d'une pointeuse, prétendûment pour conformité au droit japonais du travail (n'ai jamais vu aucune pointeuse dans aucune fac ni école ici...). Laurent me fait remarquer que je n'aime habituellement pas les mondanités. Je lui réponds que c'est vrai mais que j'ai de l'estime pour ces trois personnes — ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'ils ont décidé de joindre amicalement leurs pots de départ, une première, s'il m'en souvient.
Un ami me raconte à quelle sauce nous mangerons le 14 juillet : le 13, à l'Institut et non à l'Ambassade, organisé par une association et non par l'ambasssadeur lui-même — déni de démocratie et sous-traintance bien dans l'air du temps.
Surtout, je suis ici en mission, recrutant pour une future, lointaine encore, opération post-exotisme au Japon ; approchés l'un après l'autre, Michaël, Thierry et François ont donné leur accord, M. sera peut-être aussi des nôtres. « L'organisation s'est constituée », on attend que les idées surgissent... Vain ou vin, même après deux verres, l'espoir survit — c'est un enseignement reçu Avec les Moines-soldats. Après les discours, nous nous translatons dans la Brasserie climatisée où le rush nutritif bat son plein, faisons la queue pour ramasser quelques bricoles et aller les manger, T. et moi, tranquillement, sur les banquettes rouges. Moins d'une demi-heure plus tard, quelques palabres sur la terrasse et nous sentons les premières gouttes d'une première pluie d'été. Signal de notre départ.
« Il m'examinait à présent avec une grimace de dégoût, en cognant et glissant bizarrement ses doigts les uns contre les autres. Je ne réussissais pas à distinguer ses traits, mais je devinais sa bouche tordue, son mépris. Il me défiait. J'entendais le bruit de ses phalanges creuses. Après un temps mort, il me lança que je pouvais encore renoncer et rentrer chez moi.
— Quelles conséquences ? ai-je demandé.
Confusion mentale, dégénérescence de la volonté, a-t-il dit. Vous vous sentirez étranger à l'idée même de survivre.
— Ce n'est pas nouveau pour moi, ça, ai-je dit. J'ai l'habitude de surmonter ça. Écoutez, Fuchs, quoi qu'il arrive, je veux faire le maximum pour Myriam et Teddy. Ils m'ont aidé après ma mort. Je leur dois tout. Sans eux, je ne serais rien.
Vous n'êtes rien, Monge, a chuchoté le médecin en haussant ses clavicules de freak mal éclairé. Mais, une fois dans l'isolateur, vous serez moins que rien.» (Lutz Bassmann, Avec les Moines-soldats, p. 238)
Déjeuner avec David au Downey. Il semble que les hostilités aient repris entre certains de nos collègues, des courriels volent bas. Ça ne m'empêche pas de prendre un dessert de crêpes à la mangue. D'ailleurs, je ne remonte pas au bureau, je pars directement. Dans le train, quand je ne dors pas, j'essaie de m'accrocher à Enfilades de Christophe Claro. Je ne suis pas sûr d'y parvenir, les trente pages lues ne m'ont rien apporté d'autre que l'impression d'un exercice formel.
Du pain à GranSta et j'arrive à la maison avant 17 heures. La chaleur est encore plus perceptible que ce midi. On pourra dire que c'est ce jour-ci qu'elle a commencé cette année, la chaleur.
En attendant l'heure de sortir, je mets la main sur tous les modules France Culture et positionne ceux des émissions littéraires dans l'onglet des ondes du Flux Litor. Ça s'étoffe. La diffusion est instantanée et intégrée à l'en-tête de page, d'un bel effet. Dommage qu'on ne puisse pas donner d'intitulé aux colonnes. J'ai choisi la transparence des modules, sinon ça faisait trop de boîtes, trop de lignes, trop de géométrie à imposer aux yeux.
On s'habille chic pour aller dans les jardins de l'Institut rejoindre un bon nombre de nos amis et collègues au cocktail de départ de la directrice de la Maison franco-japonaise, Françoise Sabban, des directeurs de l'Institut, Bruno Asseray, et des cours de l'Institut, Jean-Philippe Rousse — même si, aujourd'hui même, j'ai reçu l'information officielle de l'installation d'une pointeuse, prétendûment pour conformité au droit japonais du travail (n'ai jamais vu aucune pointeuse dans aucune fac ni école ici...). Laurent me fait remarquer que je n'aime habituellement pas les mondanités. Je lui réponds que c'est vrai mais que j'ai de l'estime pour ces trois personnes — ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'ils ont décidé de joindre amicalement leurs pots de départ, une première, s'il m'en souvient.
Un ami me raconte à quelle sauce nous mangerons le 14 juillet : le 13, à l'Institut et non à l'Ambassade, organisé par une association et non par l'ambasssadeur lui-même — déni de démocratie et sous-traintance bien dans l'air du temps.
Surtout, je suis ici en mission, recrutant pour une future, lointaine encore, opération post-exotisme au Japon ; approchés l'un après l'autre, Michaël, Thierry et François ont donné leur accord, M. sera peut-être aussi des nôtres. « L'organisation s'est constituée », on attend que les idées surgissent... Vain ou vin, même après deux verres, l'espoir survit — c'est un enseignement reçu Avec les Moines-soldats. Après les discours, nous nous translatons dans la Brasserie climatisée où le rush nutritif bat son plein, faisons la queue pour ramasser quelques bricoles et aller les manger, T. et moi, tranquillement, sur les banquettes rouges. Moins d'une demi-heure plus tard, quelques palabres sur la terrasse et nous sentons les premières gouttes d'une première pluie d'été. Signal de notre départ.
Commentaires
1. Le samedi 5 juillet 2008 à 15:43, par F :
d'autant qu'il se confirme qu'AV (enfin l'homme qui en tient lieu) s'en va vivre à Macao pour un an : il pourra même venir en kayak!
2. Le samedi 5 juillet 2008 à 16:17, par Berlol :
En kayak, je sais pas, mais nous on va essayer d'aller faire un tour là-bas. C'est ce qu'on s'est dit. Je ferai volontiers le lien avec Robbe-Grillet en passant par Hong-Kong (suis dans La Maison de rendez-vous, par ailleurs...).
3. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:35, par christine :
l'homme qui en tient lieu va vivre à Macao
je répète
l'homme qui en tient lieu va vivre à Macao
d'étranges messages qui semblent cryptés transitent la nuit (3h33 à Paris) entre New York et Tokyo
4. Le samedi 5 juillet 2008 à 18:46, par Berlol :
Gros trafic, cette nuit comme en plein jour !
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