À une réunion UMP, l'individu qui occupe actuellement le poste de président de la République française a déclaré qu'il était possible maintenant de faire grève en France sans que personne ne s'en aperçoive.
S'agissant des conditions de la libération des otages des FARC, un ministre français, pour ne pas avoir à répondre à la question d'un journaliste a simplement déclaré que cette polémique ne l'intéressait pas.

Exit le respect.
Exit la responsabilité.

Vraiment, il vaut mieux que je m'intéresse à autre chose.
À lire (trouvé par hasard, en cherchant autre chose avec T.) : Adresse des femmes françaises aux femmes de toutes les nations, Paris, 20 août 1870 (Gallica). Beauté et limpidité de l'expression. Je vais essayer de savoir qui l'a écrit.
À lire aussi (trouvé intentionnellement dans les nouveaux M@nuscrits chez Léo Scheer) : Niemandsland de Laurent Margantin. La patine des événements et des souvenirs de 1990 compensée par la fraîcheur presque neutre de l'écriture d'un passant. Tout est dans le « presque » :

« Près de Check Point Charlie, je suis entré dans une galerie de photos portant l'enseigne Wall Street Gallery (bourse de l'art ?). Y sont exposées des photos d'actualité, dont l'une d'entre elles où flambe un feu terroriste et passent des policiers de je ne sais quel pays (le cliché s'intitule "La guerre dans ma rue"), puis d'autres photos représentant des ossements et des masques collés sur le mur, ou bien, plus saisissant comme le sont toujours pour moi les reflets brisés, une quantité d'éclats de miroir reflétant des fragments des immeubles voisins, des nuages, des visages, le trottoir, des feuillages, éclats de miroir qui me font apercevoir entre deux errances le grand tableau berlinois, sans cadre ni sujet. Et c'est peut-être là, dans cette galerie et devant ce mur éclaté en mille bris de glace, que quelque chose a commencé pour moi à Berlin, au-delà du vide de l'époque.» (Laurent Margantin, Niemandsland, 19 p.)

Les Flux Litor s'avancent. Ajout de...

Enregistrement des trois Surpris par la nuit de la semaine (mardi à jeudi) intitulés « Après l'avant-garde ». Très intéressants ! Puis l'Abécédaire d'Olivier Cadiot, très bien aussi.

Pas mal de courrier aussi.
Sortie en vélo pour faire des courses au Seijo Ishii de Korakuen pendant que T. prépare des confitures d'abricot (avec 1 kg de fruits, elle obtiendra finalement 3 pots, entre 600 et 700 g au total). Ça y est, le camembert Gilot est passé de 1300 à plus de 1500 yens (un peu moins de 10 €). L'huile d'olive extra vierge est dans les 1700 yens, plus du double de son prix il y a encore un an. Je ramène en nombre des yaourts BIO de Danone, leur prix a légèrement diminué parce que c'est un marché en pleine expansion ; habituellement vendus par quatre, on les trouve maintenant par six pour moins de 300 yens (moins de 2 €). Les Japonais consomment deux fois plus de produits lactés qu'il y a vingt ans (beurre, fromage et surtout yaourts).

Dîner post-exotique (le premier) (l'unique ? Non, je n'espère pas !) au Saint-Martin avec T., Toshihiro (traducteur des Rolling Stones de François Bon) et François d'Aoyama. Il s'agit de jeter les bases d'un colloque encore invisible, d'imaginer des types d'intervention adaptés aux œuvres, de choisir entre un bordeaux et un bourgogne, d'arriver jusqu'au dessert tellement on s'est déshabitués de repas copieux. Objectif atteint, semble-t-il.
De retour au lit, ayant achevé Lutz Bassmann, je me lance dans les premiers Volodine, gardés sous la main jusqu'à maintenant. Dès les premières pages, un tenace fumet de Lautréamont se dégage...

« Le professeur de brègne marchait lentement entre les rangs, déchirant par-ci par-là le doigt d'un insolent qu'il recrachait ensuite au hasard, comme un noyau de prune ou de cerise : cela provoquait l'hilarité malsaine des élèves, et une grimace dépitée sur les traits de la victime, qui n'osait pas montrer sa douleur.
Pour le reste, le professeur de brègne avait de longs et noirs cheveux, ondulés et dépeignés comme la course de la mort dans le goudron, et les yeux ocellés, terrifiants, qui regardaient partout à la fois. Il n'était pas de très grande taille, mais il était de proportions acceptables, surtout si on le compare à nous autres, monstrueux et loqueteux.
Je me rappelle aussi, évidemment, ce que j'étudiais sans cesse : son cou dont la peau était tendue, solide comme le dessus d'un tambour, ses veines battantes, sa nuque sans faille, si durement vissée à son corps...» (Antoine Volodine, Biographie comparée de Jorian Murgrave, Paris : Denoël, 1985, p. 35 dans la réédition Denöel de 2003)