T. s'en va au temple à Akasaka pour un office et une conférence. Une amie française est avec elle, intéressée par un moine très ancien, peut-être fondateur du temple. Il sera aussi question de la forme de la ville à l'époque d'Edo, le fait que la mer et la zone côtière occupaient une grande partie du Tokyo d'aujourd'hui.
Je sors mon vélo, cette fois pour aller chercher de l'huile d'olive à Yamaya, seul magasin où je suppose que le litre soit encore à moins de 1000 ¥. J'ai choisi celui d'Aoyama-itchome plutôt que celui de Shinjuku, parce que c'est moins loin et parce qu'il y a moins de monde ; pour atteindre le Yamaya de Shinjuku il faut traverser la zone de la gare avec des quantités de piétons ingérables. Il fait chaud, mais pas trop, et le soleil est voilé. Des contrôles policiers quasiment à tous les carrefours. Chaque fois deux voitures au moins, parfois des motos, et quatre ou cinq agents tout équipés qui observent les véhicules en faisant mine de régler la circulation déjà hyper fluide (c'est dimanche en fin de matinée). Sur tout mon parcours (Ichigaya, Yotsuya, Akasaka, Aoyama-itchome, et retour), je ne vois aucune voiture arrêtée et effectivement contrôlée. C'est donc plus de la présence dissuasive que du contrôle réel. En effet, l'extra vierge italienne existe à Yamaya en deux litres à 1770 ¥ (11 €). J'en prends deux, une bouteille de bordeaux, des olives et quelques autres bricoles. Il faut que j'arrime sérieusement mon panier pour que ces cinq ou six kilos soient centrés, répartis, sans glissements ni chocs quand je roule, descends et remonte des trottoirs (les vélos n'ont pas droit à la chaussée, ici). La police a les yeux rivés sur les voitures ; en vélo, on peut faire transiter n'importe quoi. Ceci dit, on ne peut fabriquer aucune arme explosive avec de l'huile d'olive et du vin rouge.

Antoine Compagnon est enfin mouché ! Je me demandais jusqu'à quand son dandysme insolent et désastreux resterait sans réponse. Ses récents propos sur les sciences humaines entâchées de soviétisme en auront énervé plus d'un (et heureusement que Fabula conserve ce que Le Monde rend payant...). Qu'il soit utilisé par le pouvoir en contrepartie de postes poudroyants et de charges chatoyantes ne fait aucun doute à mes yeux (rencontré plusieurs fois, je ne l'ai jamais trouvé franc du collier, toujours fuyant ou hautain, avec moi comme avec les collègues japonais). Déjà que ses cours sur Proust n'ont guère convaincu... Sans parler du prosélytisme et du révisionnisme anti-moderniste dans chacune de ses interventions radiophoniques.
On voudrait s'en débarrasser en allant chez Carlo Ossola, écouter des conférences sur Butor, mais Compagnon est encore là, se défendant d'être d'accord avec Nisard (toujours pas démoli, kèss-tu fous, Éric !) pour finalement le suivre dans une « [...] littérature française continue, pétrie de littérature, à mon sens c'est l'une de ses grandeurs, qu'elle soit toujours épaisse de littérature [...] ».
Mieux vaut passer directement à Mireille Calle-Gruber, ou à Butor lui-même.
Ou lire François Bon sur son Sony Reader.