Quelle réserve mal placée
Par Berlol, lundi 7 juillet 2008 à 23:49 :: General :: #1063 :: rss
J'entends ce matin (aux infos d'hier soir) qu'il y a des
réactions aux propos ignobles de Sarkozy sur les
grèves maintenant invisibles en France. Ça met du
temps ; on voit que c'est juillet. D'ailleurs, la France
ferait bien de ne pas trop partir en vacances parce qu'elle risque de
trouver tout changé à la rentrée, et
dans le mauvais sens (droit du travail, université,
école, justice, prisons, etc.). Ceci dit, ça ne
fera qu'accélérer la montée de
l'indignation et rapprocher le jour où Sarkozy se fera
chasser — là, je rêve tout debout, j'en
suis bien conscient.
Je passe toute la journée à la maison, à cause de tâches à finir, pour mes cours et mes examens, pour T. sur les mazarinades, pour Litor (et je poste au sujet des Flux Litor).
Une seconde dans les infos :
Prix du G8 en hausse. Cent millions de plus que l'an dernier : 361 millions d'euros (608 億円, 60,8 milliards de yens), ce qui fait environ... 500 yens par habitant du Japon, moins de 3 euros. Comme quoi, les gros nombres, hein...
Suite de ce que j'écrivais vendredi sur le 14 Juillet.
Dans la mesure où je suis un quidam à l'étranger et où le Conseiller à l'assemblée des Français de l'Étranger, Francis Nizet, m'envoie comme à tous copie de trois lettres envoyées respectivement au ministre Kouchner le 6 mai, au président Sarkozy le 20 juin, et aux chefs de postes le 6 juillet, je ne vois pas quelle réserve mal placée m'empêcherait de les publier afin que d'autres compatriotes voient en quelle estime on nous tient. Je pourrais aussi rechercher la profession de foi du candidat Sarkozy pour vous montrer son haut verbe et ses belles promesses...
De toute façon, ce sera sans moi.
Francis NIZET
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour l’Asie du Nord Pékin, le 6 mai 2008
Monsieur le Président de l’Assemblée des Français de l’Etranger,
C’est sur un ton quelque peu badin que je rebondis sur les courriers que viennent de vous adresser mes collègues Robert Denis Del Picchia, Sénateur des Français établis hors de France, et Joël Doglioni, Conseiller élu à l’Assemblée des Français de l’Etranger pour la zone Andine. Tous deux réagissaient à l’annonce que nous ont confiée les Chefs de poste de nos circonscriptions respectives d’une forte réduction des moyens mis à leur disposition par le Département pour organiser à l’étranger la traditionnelle réception du 14 juillet.
Qu’il faille réaliser des économies, y compris dans le cadre de notre action extérieure, dans le contexte budgétaire délicat qu’est celui de la France aujourd’hui, nul n’en conteste la nécessité. Mais le choix de toucher, pour de relatives menues économies, à cette célébration républicaine me paraît particulièrement mal venu.
- En effet, la fête du 14 juillet, fête populaire par essence, est à l’étranger la seule véritable occasion de l’année pour l’ensemble de la communauté française de se retrouver et de croiser le personnel diplomatique et consulaire. La consigne donnée aux postes de trier sur le volet les invités et de ne garder pour les ripailles que les personnalités les plus « représentatives » risque en effet d’être extrêmement mal vécue par tous ceux, sans culottes ou pas, qui resteront aux grilles du château. Il ne leur restera peut-être plus alors qu’à regagner leur chaumière pour regarder, par la petite lucarne de TV5 si jamais ils reçoivent cette chaîne, le défilé militaire sur les Champs. Piètre façon pour eux de célébrer leur Fête Nationale.
- De plus, cette mesure va à contre-courant de l’attention particulière portée par le Président de la République au sort des Français de l’étranger qu’il ne manque pas, au cours de ses voyages, de rencontrer lors de réceptions ouvertes à tous et pour lesquels il a tenu à appliquer ou à initier de façon scrupuleuse ses deux promesses de campagne à savoir la prise en charge des frais de scolarité et leur représentation politique à l’Assemblée Nationale. Comment ces Français comprendraient-ils alors qu’on veuille les priver de leur unique rendez-vous annuel de convivialité et de communion républicaine ? Un bien sale coup donné en fait aux « Equipes France » à l’étranger.
- Mais encore, à l’heure où la politique d’influence est le bon mot de notre diplomatie, il serait un peu décalé de démontrer à nos partenaires et amis de tout pays, dont les élites très francophiles sont toujours les hôtes de cette réception, que le pays de la triade Liberté, Egalité, Fraternité n’a plus les moyens de fêter cette journée de la Liberté en toute Egalité et Fraternité !
Notre pays peine déjà, faute de moyens et en de nombreux endroits, à maintenir ou à construire ses ambassades et ses écoles et nous n’aurions donc même plus aux yeux de nos partenaires le loisir de fêter la République une fois l’an ! France Eternelle, qu’es-tu donc devenue ?
J’ai donc l’honneur, Monsieur le Ministre, de solliciter votre bienveillance pour que soit revue cette décision qui pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, me semble mal tombée.
Les Français de l’Etranger ont en tout domaine moins de droits que leurs compatriotes de l’Hexagone ; ils se reconnaissent pourtant tous le devoir d’être les meilleurs ambassadeurs de leur pays à l’étranger. Ils ont droit à leur 14 juillet, on ne doit pas leur retirer. Parce qu’ils sont attachés à leur devoir de réserve à l’étranger et parce qu’ils n’ont pas la possibilité de battre le pavé Place de la Bastille, ils ne viendront pas au Quai d’Orsay vous réclamer « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». Ils veulent simplement, ce jour là, qu’on leur laisse le pain, le fromage et le bon vin pour célébrer, comme à l’habitude, leur République. Qu’ils soient ainsi
entendus !
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de ma très haute
considération.
Francis NIZET
Monsieur Francis
NIZET
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour la Circonscription d’Asie du Nord en résidence à Pékin
Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint Honoré
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur d’attirer votre bienveillante attention sur la préparation des célébrations du 14 juillet à l’étranger.
En effet, en février une circulaire du Ministre des Affaires étrangères et européennes invitait les postes à réduire l’enveloppe allouée à la célébration de notre fête nationale. Au lieu de la célébration républicaine et ouverte à tous, la manifestation devait être réduite aux élus, aux représentants des associations françaises et à certaines personnalités.
Cette décision avait créé un vif émoi parmi les élus, toutes sensibilités confondues, des Français établis hors de France, aussi bien au Sénat qu’à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Cet émoi relayait la consternation et le désarroi unanime de nos compatriotes comprenant mal qu’on veuille les priver, pour la plupart, de la seule occasion annuelle de se retrouver et de fêter ce grand rendez-vous républicain.
Monsieur le Président, vous savez à quel point cette manifestation importe à nos compatriotes résidant à l’étranger.
A la suite de très nombreuses interventions en séance et de très nombreux courriers adressés par les élus au Ministre des Affaires étrangères et européennes, nous avons pu acquérir l’assurance qu’il ne s’agissait là que d’une décision un peu hâtive et qu’une autre circulaire rectificative serait envoyée aux postes, leur demandant de conserver le format des années précédentes.
Le Ministre des Affaires étrangères et européennes a bien voulu répondre le 26 mai dernier au courrier que je lui adressais à ce sujet et que je vous joins. Il m’indiquait « qu’il n’avait jamais été question de ne plus inviter la communauté française aux réceptions du 14
juillet » et que « Notre fête nationale est un moment privilégié…et qu’elle revêt sans doute chez nous une importance symbolique qu’elle n’a pas chez nos principaux partenaires ».
Or, la circulaire rectificative n’est jamais parvenue aux postes, lesquels, en l’absence de nouvelles consignes, se préparent à organiser une célébration a minima. Cette restriction sera, sans nul doute, extrêmement mal perçue.
Les Français de l’étranger sont bien sûr prêts à comprendre que des restrictions budgétaires soient nécessaires et à participer à l’effort national sur ce plan. Ils sont prêts à accepter dans l’urgence de ce 14 juillet prochain que le buffet soit moins garni et à s’organiser pour lever les fonds manquants avec le relais des élus, des associations, des chambres de commerce et de tous les acteurs présents sur place.
Monsieur le Président, vous avez su, en une seule année, initier des réformes fondamentales en faveur des Français établis hors de France.
Nous savons votre engagement, et votre détermination à réaliser les ambitions que vous avez pour nous, et pour la France. A chacun de vos déplacements, vous les réaffirmez : scolarité gratuite et représentation dans les deux chambres du Parlement. Vous nous avez convaincus que les Français établis hors de France ne seront oubliés ou écartés de la vie française. Vous nous avez convaincus de notre rôle dans la promotion économique, diplomatique et culturelle de notre pays au-delà de ses frontières.
Lors de votre visite à Pékin, en novembre dernier, près de deux mille Français étaient venus à votre rencontre. Votre discours a été ovationné et s’est clos par une Marseillaise bruyamment reprise par une foule enthousiaste.
Pour le 14 juillet, les Français de Pékin, comme ceux d’Alger, de Manille ou d’ailleurs veulent pouvoir chanter leur hymne national, réunis et rassemblés dans la maison de la France, une France qui leur est si chère même - et surtout - au bout du monde.
Monsieur le Président, j’ai l’honneur de solliciter votre haute bienveillance pour que la célébration de la fête du 14 juillet reste à l’étranger celle de tous les Français.
En vous assurant de ma très grande reconnaissance pour l’attention que vous voudrez bien porter à cette demande, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.
Francis NIZET
Francis NIZET
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour l’Asie du Nord Pékin, le 6 juillet 2008
Monsieur l’Ambassadeur de France en République Populaire de Chine,
Monsieur l’Ambassadeur de France en République de Corée du Sud,
Monsieur l’Ambassadeur de France au Japon,
Monsieur l’Ambassadeur de France en Mongolie,
Monsieur le Directeur de l’Institut Français à Taipei,
Messieurs les Consuls Généraux de France à Canton, Chengdu, Hong Kong, Osaka-Kobe, Shanghai, Shenyang et Wuhan,
(par ordre alphabétique)
Dans une semaine aura lieu la célébration du 14 juillet dans les postes diplomatiques et consulaires d’Asie du Nord. En de nombreux endroits, les ressortissants français ont découvert, découvrent ou vont découvrir que la traditionnelle réception organisée à l’occasion de la fête nationale a changé de format. Autrefois, ouverte à tous les résidents et parfois même aux français de passage (dans la limite évidemment des capacités d’accueil de nos « Maisons de la France » et des tolérances particulières en termes de rassemblement), cette cérémonie cette année n’est ouverte en certains lieux, qu’à certains et pas à d’autres. De très nombreux français nous font part de leur frustration et de leur désappointement.
Une calamiteuse circulaire du Département vous invitait en effet en février à réduire de façon substantielle le budget alloué à cette réception. S’en est suivi une levée de boucliers de nos Sénateurs des Français établis hors de France et des élus de l’Assemblée des Français de l’Etranger, toutes sensibilités confondues, pour dénoncer, le mot n’est pas trop fort, ces économies jugées « mal placées ». Non pas que les Français de l’étranger ne soient pas disposés à participer à l’effort national de réduction de la dépense publique, mais parce qu’ils estiment cette mesure inopportune au regard d’autres largesses du Ministère comme par exemple celle de l’augmentation, à hauteur de 40 % en 7 ans, des contributions aux organisations internationales, rapportée avec inquiétude le 2 juillet dernier lors de l’examen en commission des finances du Sénat du projet de loi de règlement pour 2007.
L’instruction donnée au Directeur de Cabinet par le Ministre des Affaires Etrangères à l’occasion du débat sur la politique étrangère de la France le 14 mai n’a pas été suivie des faits et pour des raisons de lenteurs administratives aucune circulaire rectificative n’a été envoyée dans les postes. Dans de nombreux endroits cependant, les chefs de poste ont anticipé et ont pu, en faisant appel au mécénat, compenser ces réductions et offrir aux français de leur ressort le même évènement que l’année passée. Qu’ils en soient grandement remerciés!
En d’autres endroits il est malheureusement trop tard pour rectifier le tir pour cette année. J’ai saisi le collège des Vice-présidents de l’Assemblée des Français de l’Etranger pour que la question de la célébration du 14 juillet à l’étranger soit évoquée en session plénière de septembre et que le Ministre des Affaires Etrangères, Président de l’Assemblée des Français de l’Etranger, puisse être interpellé en séance inaugurale à ce sujet et qu’un comité ad hoc se saisisse de cette question à l’Assemblée. D’autre part, vous trouverez ci-joint mon courrier remis au Président de la République ainsi qu’à son Conseiller pour les Français de l’Etranger, lui faisant part du désappointement des Français de l’Etranger.
Dans notre circonscription, il me semble opportun, si cette proposition reçoit votre insigne assentiment, qu’un « comité républicain du 14 juillet » soit formé en chaque poste et regroupant les représentants des associations, les élus, les administrateurs des chambres de commerce et toute autre personne « intéressée » pour que la fête nationale qui sera célébrée en 2009 redevienne un évènement gratuit et ouvert à tous, s’il ne l’est plus en 2008. Les Français d’Asie du Nord s’associent en leur grande majorité à moi pour appuyer cette demande. Il ne fait d’ailleurs aucun doute que le Ministère sera revenu à de meilleurs sentiments l’année prochaine. Je sais par ailleurs que vous savez voir en cet émoi partagé par de nombreux compatriotes et la quasi-totalité de leurs élus non un caprice d’enfants privés d’une bonne occasion de se « rincer » aux frais de la Nation mais plutôt le désir ardent de citoyens « d’Outre Frontière » de préserver l’unique opportunité de se rassembler et de célébrer leur République.
Je vous prie d’agréer, Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Consuls Généraux, Monsieur le Directeur de l’Institut Français, l’expression de ma très haute considération.
Je passe toute la journée à la maison, à cause de tâches à finir, pour mes cours et mes examens, pour T. sur les mazarinades, pour Litor (et je poste au sujet des Flux Litor).
Une seconde dans les infos :
Prix du G8 en hausse. Cent millions de plus que l'an dernier : 361 millions d'euros (608 億円, 60,8 milliards de yens), ce qui fait environ... 500 yens par habitant du Japon, moins de 3 euros. Comme quoi, les gros nombres, hein...
Suite de ce que j'écrivais vendredi sur le 14 Juillet.
Dans la mesure où je suis un quidam à l'étranger et où le Conseiller à l'assemblée des Français de l'Étranger, Francis Nizet, m'envoie comme à tous copie de trois lettres envoyées respectivement au ministre Kouchner le 6 mai, au président Sarkozy le 20 juin, et aux chefs de postes le 6 juillet, je ne vois pas quelle réserve mal placée m'empêcherait de les publier afin que d'autres compatriotes voient en quelle estime on nous tient. Je pourrais aussi rechercher la profession de foi du candidat Sarkozy pour vous montrer son haut verbe et ses belles promesses...
De toute façon, ce sera sans moi.
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour l’Asie du Nord Pékin, le 6 mai 2008
Bernard KOUCHNER
Ministre des Affaires Etrangères et Européennes
37 Quai d’Orsay
75007 Paris
Objet : « Touchez pas à mon quatorze juillet »
Monsieur le
Ministre,Ministre des Affaires Etrangères et Européennes
37 Quai d’Orsay
75007 Paris
Objet : « Touchez pas à mon quatorze juillet »
Monsieur le Président de l’Assemblée des Français de l’Etranger,
C’est sur un ton quelque peu badin que je rebondis sur les courriers que viennent de vous adresser mes collègues Robert Denis Del Picchia, Sénateur des Français établis hors de France, et Joël Doglioni, Conseiller élu à l’Assemblée des Français de l’Etranger pour la zone Andine. Tous deux réagissaient à l’annonce que nous ont confiée les Chefs de poste de nos circonscriptions respectives d’une forte réduction des moyens mis à leur disposition par le Département pour organiser à l’étranger la traditionnelle réception du 14 juillet.
Qu’il faille réaliser des économies, y compris dans le cadre de notre action extérieure, dans le contexte budgétaire délicat qu’est celui de la France aujourd’hui, nul n’en conteste la nécessité. Mais le choix de toucher, pour de relatives menues économies, à cette célébration républicaine me paraît particulièrement mal venu.
- En effet, la fête du 14 juillet, fête populaire par essence, est à l’étranger la seule véritable occasion de l’année pour l’ensemble de la communauté française de se retrouver et de croiser le personnel diplomatique et consulaire. La consigne donnée aux postes de trier sur le volet les invités et de ne garder pour les ripailles que les personnalités les plus « représentatives » risque en effet d’être extrêmement mal vécue par tous ceux, sans culottes ou pas, qui resteront aux grilles du château. Il ne leur restera peut-être plus alors qu’à regagner leur chaumière pour regarder, par la petite lucarne de TV5 si jamais ils reçoivent cette chaîne, le défilé militaire sur les Champs. Piètre façon pour eux de célébrer leur Fête Nationale.
- De plus, cette mesure va à contre-courant de l’attention particulière portée par le Président de la République au sort des Français de l’étranger qu’il ne manque pas, au cours de ses voyages, de rencontrer lors de réceptions ouvertes à tous et pour lesquels il a tenu à appliquer ou à initier de façon scrupuleuse ses deux promesses de campagne à savoir la prise en charge des frais de scolarité et leur représentation politique à l’Assemblée Nationale. Comment ces Français comprendraient-ils alors qu’on veuille les priver de leur unique rendez-vous annuel de convivialité et de communion républicaine ? Un bien sale coup donné en fait aux « Equipes France » à l’étranger.
- Mais encore, à l’heure où la politique d’influence est le bon mot de notre diplomatie, il serait un peu décalé de démontrer à nos partenaires et amis de tout pays, dont les élites très francophiles sont toujours les hôtes de cette réception, que le pays de la triade Liberté, Egalité, Fraternité n’a plus les moyens de fêter cette journée de la Liberté en toute Egalité et Fraternité !
Notre pays peine déjà, faute de moyens et en de nombreux endroits, à maintenir ou à construire ses ambassades et ses écoles et nous n’aurions donc même plus aux yeux de nos partenaires le loisir de fêter la République une fois l’an ! France Eternelle, qu’es-tu donc devenue ?
J’ai donc l’honneur, Monsieur le Ministre, de solliciter votre bienveillance pour que soit revue cette décision qui pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, me semble mal tombée.
Les Français de l’Etranger ont en tout domaine moins de droits que leurs compatriotes de l’Hexagone ; ils se reconnaissent pourtant tous le devoir d’être les meilleurs ambassadeurs de leur pays à l’étranger. Ils ont droit à leur 14 juillet, on ne doit pas leur retirer. Parce qu’ils sont attachés à leur devoir de réserve à l’étranger et parce qu’ils n’ont pas la possibilité de battre le pavé Place de la Bastille, ils ne viendront pas au Quai d’Orsay vous réclamer « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». Ils veulent simplement, ce jour là, qu’on leur laisse le pain, le fromage et le bon vin pour célébrer, comme à l’habitude, leur République. Qu’ils soient ainsi
entendus !
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de ma très haute
considération.
Francis NIZET
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour la Circonscription d’Asie du Nord en résidence à Pékin
Pékin, le 20 juin 2008
Monsieur le
Président de la RépubliquePalais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint Honoré
75008 Paris
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur d’attirer votre bienveillante attention sur la préparation des célébrations du 14 juillet à l’étranger.
En effet, en février une circulaire du Ministre des Affaires étrangères et européennes invitait les postes à réduire l’enveloppe allouée à la célébration de notre fête nationale. Au lieu de la célébration républicaine et ouverte à tous, la manifestation devait être réduite aux élus, aux représentants des associations françaises et à certaines personnalités.
Cette décision avait créé un vif émoi parmi les élus, toutes sensibilités confondues, des Français établis hors de France, aussi bien au Sénat qu’à l’Assemblée des Français de l’Etranger. Cet émoi relayait la consternation et le désarroi unanime de nos compatriotes comprenant mal qu’on veuille les priver, pour la plupart, de la seule occasion annuelle de se retrouver et de fêter ce grand rendez-vous républicain.
Monsieur le Président, vous savez à quel point cette manifestation importe à nos compatriotes résidant à l’étranger.
A la suite de très nombreuses interventions en séance et de très nombreux courriers adressés par les élus au Ministre des Affaires étrangères et européennes, nous avons pu acquérir l’assurance qu’il ne s’agissait là que d’une décision un peu hâtive et qu’une autre circulaire rectificative serait envoyée aux postes, leur demandant de conserver le format des années précédentes.
Le Ministre des Affaires étrangères et européennes a bien voulu répondre le 26 mai dernier au courrier que je lui adressais à ce sujet et que je vous joins. Il m’indiquait « qu’il n’avait jamais été question de ne plus inviter la communauté française aux réceptions du 14
juillet » et que « Notre fête nationale est un moment privilégié…et qu’elle revêt sans doute chez nous une importance symbolique qu’elle n’a pas chez nos principaux partenaires ».
Or, la circulaire rectificative n’est jamais parvenue aux postes, lesquels, en l’absence de nouvelles consignes, se préparent à organiser une célébration a minima. Cette restriction sera, sans nul doute, extrêmement mal perçue.
Les Français de l’étranger sont bien sûr prêts à comprendre que des restrictions budgétaires soient nécessaires et à participer à l’effort national sur ce plan. Ils sont prêts à accepter dans l’urgence de ce 14 juillet prochain que le buffet soit moins garni et à s’organiser pour lever les fonds manquants avec le relais des élus, des associations, des chambres de commerce et de tous les acteurs présents sur place.
Monsieur le Président, vous avez su, en une seule année, initier des réformes fondamentales en faveur des Français établis hors de France.
Nous savons votre engagement, et votre détermination à réaliser les ambitions que vous avez pour nous, et pour la France. A chacun de vos déplacements, vous les réaffirmez : scolarité gratuite et représentation dans les deux chambres du Parlement. Vous nous avez convaincus que les Français établis hors de France ne seront oubliés ou écartés de la vie française. Vous nous avez convaincus de notre rôle dans la promotion économique, diplomatique et culturelle de notre pays au-delà de ses frontières.
Lors de votre visite à Pékin, en novembre dernier, près de deux mille Français étaient venus à votre rencontre. Votre discours a été ovationné et s’est clos par une Marseillaise bruyamment reprise par une foule enthousiaste.
Pour le 14 juillet, les Français de Pékin, comme ceux d’Alger, de Manille ou d’ailleurs veulent pouvoir chanter leur hymne national, réunis et rassemblés dans la maison de la France, une France qui leur est si chère même - et surtout - au bout du monde.
Monsieur le Président, j’ai l’honneur de solliciter votre haute bienveillance pour que la célébration de la fête du 14 juillet reste à l’étranger celle de tous les Français.
En vous assurant de ma très grande reconnaissance pour l’attention que vous voudrez bien porter à cette demande, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.
Francis NIZET
Francis NIZET
Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger
Membre élu pour l’Asie du Nord Pékin, le 6 juillet 2008
Monsieur l’Ambassadeur de France en République Populaire de Chine,
Monsieur l’Ambassadeur de France en République de Corée du Sud,
Monsieur l’Ambassadeur de France au Japon,
Monsieur l’Ambassadeur de France en Mongolie,
Monsieur le Directeur de l’Institut Français à Taipei,
Messieurs les Consuls Généraux de France à Canton, Chengdu, Hong Kong, Osaka-Kobe, Shanghai, Shenyang et Wuhan,
(par ordre alphabétique)
Dans une semaine aura lieu la célébration du 14 juillet dans les postes diplomatiques et consulaires d’Asie du Nord. En de nombreux endroits, les ressortissants français ont découvert, découvrent ou vont découvrir que la traditionnelle réception organisée à l’occasion de la fête nationale a changé de format. Autrefois, ouverte à tous les résidents et parfois même aux français de passage (dans la limite évidemment des capacités d’accueil de nos « Maisons de la France » et des tolérances particulières en termes de rassemblement), cette cérémonie cette année n’est ouverte en certains lieux, qu’à certains et pas à d’autres. De très nombreux français nous font part de leur frustration et de leur désappointement.
Une calamiteuse circulaire du Département vous invitait en effet en février à réduire de façon substantielle le budget alloué à cette réception. S’en est suivi une levée de boucliers de nos Sénateurs des Français établis hors de France et des élus de l’Assemblée des Français de l’Etranger, toutes sensibilités confondues, pour dénoncer, le mot n’est pas trop fort, ces économies jugées « mal placées ». Non pas que les Français de l’étranger ne soient pas disposés à participer à l’effort national de réduction de la dépense publique, mais parce qu’ils estiment cette mesure inopportune au regard d’autres largesses du Ministère comme par exemple celle de l’augmentation, à hauteur de 40 % en 7 ans, des contributions aux organisations internationales, rapportée avec inquiétude le 2 juillet dernier lors de l’examen en commission des finances du Sénat du projet de loi de règlement pour 2007.
L’instruction donnée au Directeur de Cabinet par le Ministre des Affaires Etrangères à l’occasion du débat sur la politique étrangère de la France le 14 mai n’a pas été suivie des faits et pour des raisons de lenteurs administratives aucune circulaire rectificative n’a été envoyée dans les postes. Dans de nombreux endroits cependant, les chefs de poste ont anticipé et ont pu, en faisant appel au mécénat, compenser ces réductions et offrir aux français de leur ressort le même évènement que l’année passée. Qu’ils en soient grandement remerciés!
En d’autres endroits il est malheureusement trop tard pour rectifier le tir pour cette année. J’ai saisi le collège des Vice-présidents de l’Assemblée des Français de l’Etranger pour que la question de la célébration du 14 juillet à l’étranger soit évoquée en session plénière de septembre et que le Ministre des Affaires Etrangères, Président de l’Assemblée des Français de l’Etranger, puisse être interpellé en séance inaugurale à ce sujet et qu’un comité ad hoc se saisisse de cette question à l’Assemblée. D’autre part, vous trouverez ci-joint mon courrier remis au Président de la République ainsi qu’à son Conseiller pour les Français de l’Etranger, lui faisant part du désappointement des Français de l’Etranger.
Dans notre circonscription, il me semble opportun, si cette proposition reçoit votre insigne assentiment, qu’un « comité républicain du 14 juillet » soit formé en chaque poste et regroupant les représentants des associations, les élus, les administrateurs des chambres de commerce et toute autre personne « intéressée » pour que la fête nationale qui sera célébrée en 2009 redevienne un évènement gratuit et ouvert à tous, s’il ne l’est plus en 2008. Les Français d’Asie du Nord s’associent en leur grande majorité à moi pour appuyer cette demande. Il ne fait d’ailleurs aucun doute que le Ministère sera revenu à de meilleurs sentiments l’année prochaine. Je sais par ailleurs que vous savez voir en cet émoi partagé par de nombreux compatriotes et la quasi-totalité de leurs élus non un caprice d’enfants privés d’une bonne occasion de se « rincer » aux frais de la Nation mais plutôt le désir ardent de citoyens « d’Outre Frontière » de préserver l’unique opportunité de se rassembler et de célébrer leur République.
Je vous prie d’agréer, Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Consuls Généraux, Monsieur le Directeur de l’Institut Français, l’expression de ma très haute considération.
Commentaires
1. Le mardi 8 juillet 2008 à 03:41, par brigetoun :
pour le début, vu d'ici et en suivant ce qui se discute à l'assemblée (enfin - honte - moins depuis le 5) je dirais qu'il ne faut pas réagir aux provocations du bonhomme qui sont là pour donner de la copie aux journalistes, leur permettre des effets de plume et de scruter leur conscience, et évite que l"on parle des lois en cours de discussion (aucune allusion alors que le temps légal de travail va devenir virtuel)
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