Surprise, dans le shinkansen, ce matin, d'entendre un message légèrement différent dans les hauts-parleurs, deux ou trois mots que je ne me souviens pas avoir entendu précédemment sur des espaces fumeur dans le wagon 3, et non le wagon 3 tout entier. Plus tard, revenant des toilettes, je vérifie et en effet, le wagon 3 n'est pas plongé dans le brouillard cancérigène de la clope, tandis que quelques mètres de wagon ont été transformés en cabines vitrées, une de chaque côté du couloir, chacune pouvant accueillir trois fumeurs, voire quatre qui se serrent comme des sardines et dont la fumée est extraite par le plafond. C'est dehors, en revanche qu'il y a du brouillard, comme celui de Hokkaido où patauge le G8, au moins jusqu'à Shizuoka. Après, comme c'est souvent le cas, le temps change, on sort de la zone de turbulence du Mont Fuji et le ciel se dégage. À Nagoya, quelques gouttes sans suite et pour le reste : une journée humide et tiède. En moins d'une semaine, la chaleur s'est installée. L'ambiance estivale gagne les esprits, nos étudiants maintenant tournés vers les examens de la fin du mois, cherchant des preuves de leur niveau, maîtrisant à peu près le présent et le passé composé, leur esprit maintenant tourmenté par les partitifs et, pour les calmer, la seule méthode efficace devant le large et merveilleux choix des déterminants du nom en français — la méthode à Berlol — se forcer à produire en soi, comme sur un écran vidéo intégré, les images différenciées de ce qu'on peut dire pour pouvoir choisir ce qui convient. Ainsi « dans mes courses, il y a du poulet », « dans mes courses, il y a un poulet » et « dans mes courses, il y a des poulets » ; avec cette dernière phrase, voir l'incongruité comique d'oiseaux à plume sautillant dans une caisse grillagée, pour un qui vivrait à la ferme et renouvellerait sa basse-cour ; avec la première phrase, le quoditien japonais, ou français, ou international, de petits morceaux prédécoupés et prêts à cuisiner, vendus en supermarché sans qu'on ait à voir la bête ; avec la deuxième enfin, ce qui serait agréable pour un Français allant au marché et ramenant un poulet entier, déjà rôti dans son paquet étanche et tiède où la sauce a été généreusement ajoutée ou à embrocher soi-même dans un four domestique dont mes étudiants n'ont même pas idée, la plupart des familles japonaises ne disposant que d'un petit four de 15 cm sur 10 où se serrent difficilement trois sardines, voire quatre comme les fumeurs du wagon 3.
Et toujours pas de ping-pong après les cours ; David est à deux doigts du tarmac...

Je réécoute le Surpris par la nuit du 26 juin mais oui, c'est bien ça ! Plongé dans un univers sonore très réussi, une connexion s'effectue. Vérifiez ! Hugues Jallon dans sa Zone de combat (pas encore lu) se révèle proche à la fois du Philippe Vasset d'Un livre blanc (et d'Un Site blanc) ou de Carte muette et des espaces volodiniens qui me hantent quotidiennement. Chacun dans sa spécificité d'écriture, la question n'est pas là.

J'ai encore contaminé quelqu'un, une amie à qui j'avais laissé voir mon addiction en mai et qui m'écrit : « impossible désormais de quitter le monde de Volodine, impossible d'en sortir, c'est à sombrer folle.»

Nouvelle plongée dans Netvibes jusqu'à pas d'heure. Réforme du design, mais aussi pour comprendre le système d'amis et de recommandation d'articles qui pourrait être encore plus utile si on arrivait à l'afficher dans une boîte (mais je n'y suis pas parvenu, ça reste enfermé dans les Activités). Attention, chers lecteurs, bien comprendre que les Flux Litor ne sont pas ma page Netvibes. Il s'agit d'une sélection effectuée dans l'esprit d'Hubert de Phalèse, visant à promouvoir l'équipe de recherche et à moderniser la communication de la liste Litor. Veuillez en tenir compte dans vos intitulés, merci.

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