Trois fois au-dessus des flamèches
Par Berlol, dimanche 13 juillet 2008 à 23:59 :: General :: #1069 :: rss
Journée chargée. Au service des
ancêtres. Mais pas seulement.
Ça commence par le cimetière, à Aoyama, où l'on va nettoyer la concession (quelques mauvaises herbes, un bon coup de balai, des fleurs nouvelles) avant Obon — sachant qu'Obon a lieu, à Tokyo, un mois plus tôt qu'ailleurs dans le Japon, pour une raison que j'ignore.
Pas
mal d'animation au cimetière, en cette saison. Les
gens viennent tôt, pleins d'entrain pour un grand nettoyage,
avant que la chaleur ne devienne pénible. On finit en une
demi-heure. Après un petit
en-cas dans un Starbuck, où je trouve le café pas
trop
mauvais, pour une fois, nous filons au centre de sport de Shibuya. J'y
pédale et y transpire comme en plein soleil avec Dominique
Sylvain, que je me suis enfin décidé à
lire (ayant
acheté deux livres d'elle il y a plus de six mois...). Comme
vendredi, j'empoigne quelques machines de musculation en faisant
très attention à l'épaule droite, le
triceps
devenu douloureux depuis deux semaines. Je peux tirer et pousser devant
et vers le haut mais pas sur le côté. Et puis
c'est le
bain, au moins vingt minutes dans le mist-sauna. Pour le sauna sec, pas
la peine, on a déjà
l'extérieur.
« Les Françaises. Elles parlaient égalité des sexes quand ça les arrangeait mais avaient vite déballer la séduction en cas d'urgence. Même leurs voix changeaient dans ces moments-là. Elles parlaient doux et elles allaient même jusqu'à se taire, assez souvent, laissant le mâle croire qu'il menait la barque en même temps que la conversation. On avait alors l'impression que l'Histoire s'enroulait en sens inverse à la manière d'une vieille moquette, la sensation que les féministes n'avaient jamais brûlé leurs soutiens-gorge en symbole de libération. Qu'on avait toutes eu une illusion d'optique et que les ardentes batailleuses du women power n'avaient été qu'un club de charmantes ladies aspirant à s'échanger la recette du cake au citron entre deux tasses de thé. Qu'aucune d'elles n'avait jamais dit : les hommes sont de Mars, les femmes de Vénus. Jamais.» (Dominique Sylvain, Passage du désir, J'ai lu / policier [rééd. de Viviane Hamy, 2004], p. 22)
Je ne le fais pas exprès. Un film de Vadim avec Brigitte Bardot sur TV5 Monde, pris en cours de route. La Bride sur le coup (1961), avec son intrigue désespérément normative et sa jeune fille maladivement honnête et droite, se prétendant descendante de... Colomba ! Et donc maniant le fusil ! Rien moins que ça. Montage et musique tout de même très originaux. Saviez-vous que BB y fait du bobsleigh ? Enfin, un plan de trois secondes... Mais aussi une excellente version de la Bamba, chanson qui habituellement m'exaspère (ici spécialement pour ce film, par les Aymara & Arvanitas Quintet — dont j'ignorais le nom jusqu'à cet instant).
Nous nous
dépêchons de finir de dîner :
il faut
effectuer le rite d'accueil des ancêtres chez nous avant 21
heures, sinon il risque d'y avoir aussi des mauvais esprits parmi ceux
qui entreront. T. a préparé les simulacres
d'animaux avec
un concombre et une aubergine, auxquels elle a fixé des
pieds en morceaux de paille, les a disposés sur une tapis,
également de paille, devant
l'autel familial. Ceci fait, nous sortons sur le trottoir pour allumer
un
petit feu dans une coupe en terre cuite, il doit servir de
repère aux esprits des ancêtres pour qu'ils ne se
trompent
pas de chemin. Nous-mêmes devons passer trois fois au-dessus
des flamèches pour être
protégés.
La Fête nationale délocalisée à l'Institut ? le bal des lampihonte ? Mais je ne sais même pas de quoi il s'agit. Mépris souverrain.
Ça commence par le cimetière, à Aoyama, où l'on va nettoyer la concession (quelques mauvaises herbes, un bon coup de balai, des fleurs nouvelles) avant Obon — sachant qu'Obon a lieu, à Tokyo, un mois plus tôt qu'ailleurs dans le Japon, pour une raison que j'ignore.
Pas
mal d'animation au cimetière, en cette saison. Les
gens viennent tôt, pleins d'entrain pour un grand nettoyage,
avant que la chaleur ne devienne pénible. On finit en une
demi-heure. Après un petit
en-cas dans un Starbuck, où je trouve le café pas
trop
mauvais, pour une fois, nous filons au centre de sport de Shibuya. J'y
pédale et y transpire comme en plein soleil avec Dominique
Sylvain, que je me suis enfin décidé à
lire (ayant
acheté deux livres d'elle il y a plus de six mois...). Comme
vendredi, j'empoigne quelques machines de musculation en faisant
très attention à l'épaule droite, le
triceps
devenu douloureux depuis deux semaines. Je peux tirer et pousser devant
et vers le haut mais pas sur le côté. Et puis
c'est le
bain, au moins vingt minutes dans le mist-sauna. Pour le sauna sec, pas
la peine, on a déjà
l'extérieur.« Les Françaises. Elles parlaient égalité des sexes quand ça les arrangeait mais avaient vite déballer la séduction en cas d'urgence. Même leurs voix changeaient dans ces moments-là. Elles parlaient doux et elles allaient même jusqu'à se taire, assez souvent, laissant le mâle croire qu'il menait la barque en même temps que la conversation. On avait alors l'impression que l'Histoire s'enroulait en sens inverse à la manière d'une vieille moquette, la sensation que les féministes n'avaient jamais brûlé leurs soutiens-gorge en symbole de libération. Qu'on avait toutes eu une illusion d'optique et que les ardentes batailleuses du women power n'avaient été qu'un club de charmantes ladies aspirant à s'échanger la recette du cake au citron entre deux tasses de thé. Qu'aucune d'elles n'avait jamais dit : les hommes sont de Mars, les femmes de Vénus. Jamais.» (Dominique Sylvain, Passage du désir, J'ai lu / policier [rééd. de Viviane Hamy, 2004], p. 22)
Je ne le fais pas exprès. Un film de Vadim avec Brigitte Bardot sur TV5 Monde, pris en cours de route. La Bride sur le coup (1961), avec son intrigue désespérément normative et sa jeune fille maladivement honnête et droite, se prétendant descendante de... Colomba ! Et donc maniant le fusil ! Rien moins que ça. Montage et musique tout de même très originaux. Saviez-vous que BB y fait du bobsleigh ? Enfin, un plan de trois secondes... Mais aussi une excellente version de la Bamba, chanson qui habituellement m'exaspère (ici spécialement pour ce film, par les Aymara & Arvanitas Quintet — dont j'ignorais le nom jusqu'à cet instant).
Nous nous
dépêchons de finir de dîner :
il faut
effectuer le rite d'accueil des ancêtres chez nous avant 21
heures, sinon il risque d'y avoir aussi des mauvais esprits parmi ceux
qui entreront. T. a préparé les simulacres
d'animaux avec
un concombre et une aubergine, auxquels elle a fixé des
pieds en morceaux de paille, les a disposés sur une tapis,
également de paille, devant
l'autel familial. Ceci fait, nous sortons sur le trottoir pour allumer
un
petit feu dans une coupe en terre cuite, il doit servir de
repère aux esprits des ancêtres pour qu'ils ne se
trompent
pas de chemin. Nous-mêmes devons passer trois fois au-dessus
des flamèches pour être
protégés.La Fête nationale délocalisée à l'Institut ? le bal des lampihonte ? Mais je ne sais même pas de quoi il s'agit. Mépris souverrain.
Commentaires
1. Le lundi 14 juillet 2008 à 10:14, par Dom :
Dans Wikipedia in english, sorry. Si c'est pas exactement ça, c'est quelque chose comme ça.
The festival of Obon lasts for three days; however its starting date varies within different regions of Japan. When the lunar calendar was changed to the solar calendar in the beginning of the Meiji era, the localities in Japan reacted differently and this resulted in three different times of Obon. "Shichigatsu Bon" (Bon in July) is based on the solar calendar and is celebrated around 15 July in areas such as Tokyo, Yokohama and Tohoku region. "Hachigatsu Bon" (Bon in August) is based on the solar calendar, is celebrated around the 15th of August and is the most commonly celebrated time. "Kyu Bon" (Old Bon) is celebrated on the 15th day of the seventh month of the lunar calendar, and so differs each year. "Kyu Bon" is celebrated in areas like the northern part of the Kantō region, Chūgoku, Shikoku, Kyūshū and the Southwestern islands. These three days are not listed as public holidays but it is customary that people are given leave.[1]
2. Le lundi 14 juillet 2008 à 14:44, par Berlol :
Ah, ouais ! J'étais pas allé jusque là ! Merci.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.