Quand un taureau saute la fracture numérique…

mercredi 24 décembre 2008, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Ce matin, grisaille. Mais qu’à cela ne tienne.
Enregistrement de Penthésilée (Heinrich von Kleist, 1808, pièce jouée à la Comédie française cette année) et sortie des pinceaux, de la pierre à encre, des papiers à calligraphie, concentration en délayant une infime partie du bâtonnet d’encre, entraînement sur une dizaine de longueurs et c’est parti pour cinquante cartes à tête de taureau, selon deux des plus rustiques idéogrammes proposés par la planche postale.
Fini avant midi. Quelques photos, dont une qui se retrouve dans mon profil Facebook — ou : quand un taureau saute la fracture numérique…

Après le déjeuner, la promenade et les courses (T. marche plus de deux kilomètres avec ses nouvelles bottes, sort de nouveau pour voir des gens du quartier), je regarde la première partie du Napoléon de Sacha Guitry (1955) que je n’avais jamais vu. Très impressionnant. Daniel Gélin jeune me fait une grosse impression. Et beaucoup d’autres. C’est vraiment très prenant. Moi qui craignais de m’ennuyer… Comme quoi les grandes figures ne sont jamais si barbantes que l’on croit.

« Il disait aussi : « Vous commencez à me couper des morceaux de steak beaucoup trop gros. Est-ce que le respect se perd ? » Et comme je m’affairais sur son assiette, il se mettait à rire. « Vous êtes quelqu’un de très gentil, non ? C’est bon signe. Les gens intelligents sont toujours gentils. Je n’ai connu qu’un type intelligent et méchant, mais il était pédéraste et il vivait dans le désert.» Il en avait assez aussi des hommes, de ces anciens jeunes hommes, de ces garçons, de ces anciens garçons qui le réclamaient comme père, lui qui n’aimait et n’avait jamais aimé que la compagnie des femmes, « Ah, mais ils me fatiguent ! disait-il ; c’est ma faute, Hiroshima…, c’est ma faute, Staline, c’est ma faute leur prétention, c’est ma faute leur bêtise…» Et il riait de tous les détours de tous ces faux orphelins intellectuels qui le voulaient comme père. Père, Sartre ? Quelle idée ! Mari, Sartre ? Non plus ! Amant, peut-être. Cette aisance, cette chaleur que même aveugle et à demi paralysé il montrait envers une femme était révélatrice.» (Françoise Sagan, Avec mon meilleur Souvenir, p. 190-191)

En dînant d’un excellent nabé de Noël, regardons Two Days in Paris (Deux Jours à Paris, film de Julie Delpy, 2007), original, joyeux et très instructif, même quand on connaît déjà les problèmes du couple interculturel. Un peu comme une rencontre improbable — et donc belle — entre Cédric Klapisch et Woody Allen.
Conclusion sur les taxis parisiens, un sur cinq fait l’affaire.

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Publié dans le JLR

Un commentaire

  1. grapheus tis

    Napoléon : j’ai le souvenir d’un chant et de la basse d’Armand Mestral lors d’un bivouac… je n’ai pas rêvé ?
    Bon vent pour 2009.