Jour entre des tuyaux

lundi 6 avril 2009, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Au réveil, j’apprends coup sur coup les violences de Strasbourg et de Bastia, le tremblement de terre d’Italie et le survol du Japon par un objet nord-coréen non identifié. Ça fait beaucoup. Et qu’y puis-je ?

« Il faut éviter de penser à ces difficultés que présente le monde, quelquefois. Sans ça, il deviendrait tout à fait irrespirable.» (Emmanuelle Riva dans Hiroshima mon amour, à 1:04:30, texte de Marguerite Duras, forcément — Alain Resnais lui écrivit du Japon en 1958 que le Japan Times l’avait alors nommée « Margrot Dora » ; c’était peut-être la première fois qu’on y parlait d’elle…)

Une (encore) introuvable fissure nous permet de connaître les menus de friture des voisins d’à côté. Une fissure, un joint défectueux, un jour entre des tuyaux… Que sais-je ? Ce n’est pas encore irrespirable, mais cela dégrade un peu les relations de palier. Et ça finit par prendre plus d’importance que le reste… Voir Le Planétarium et la porte en question.

Enregistrement des trois premiers épisodes de Roland furieux de l’Arioste, en feuilleton sur France Culture depuis lundi dernier. Je craignais que ce soit barbant, l’austérité d’un classique. Mais pas du tout ! C’est très enlevé, profond, surprenant, agréable. Comme je ne l’ai jamais entendu… Chaude recommandation !

« L’audacieuse jeune fille reste là toute la nuit, s’entretenant longuement avec Merlin, qui la persuade d’aller promptement au secours de son Roger. Puis, dès que l’air s’est embrasé d’une splendeur nouvelle, elle abandonne les chambres souterraines, à travers un long chemin obscur et sombre, ayant la magicienne avec elle.
Et elles débouchèrent dans un précipice caché entre des montagnes inaccessibles aux gens ; et tout le jour, sans prendre de repos, elles gravirent les rochers et franchirent les torrents. Pour que la marche fût moins ennuyeuse, elles tenaient de plaisants et beaux raisonnements, et, s’entretenant de ce qui leur était le plus doux, l’âpre chemin leur paraissait moins rude.» (L’Arioste, Roland furieux, chant III)

Déjeuner au Saint-Martin — oui, un lundi ! Parce qu’on n’a plus rien dans le frigo et pas beaucoup de temps.
Puis je rejoins Catherine, Martine et Alexandre à Kayabacho où nous devons, dans un studio professionnel, enregistrer les textes à quatre voix pour un CD qui accompagnera un livre de français. On s’amuse bien — et on finit dans les temps.

Tags : , , , ,

Publié dans le JLR

2 commentaires

  1. Caroline

    Roland furieux réalisé par Christine Bernard-Sugy qui vient de mettre en ondes un de mes textes avec beaucoup de talent.

  2. Philippe De Jonckheere

    Il y a de la friture dans la fissure?

    Amicalement

    Phil