Laisse passer le 13

jeudi 13 août 2009, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Qui laisse passer le 13
sans rien en dire
s’expose au malaise
ou à bien pire…

Et pourtant… je…

« Tous les matins, avec une exactitude de machines, à la même heure et à la même minute, nous, des millions, nous nous levons comme un seul numéro. À la même heure et à la même minute, nous, des millions à la fois, nous commençons notre travail et le finissons avec le même ensemble. Fondus en un seul corps aux millions de mains, nous portons la cuiller à la bouche à la seconde fixée par les Tables ; tous, au même instant, nous allons nous promener, nous nous rendons à l’auditorium, à la salle des exercices de Taylor, nous nous abandonnons au sommeil…
Je serai franc : nous n’avons pas encore résolu le problème du bonheur d’une façon tout à fait précise. Deux fois par jour, aux heures fixées par les Tables, de seize à dix-sept heures et de vingt et une à vingt-deux heures, notre puissant et unique organisme se divise en cellules séparées. Ce sont les Heures Personnelles. À ces heures, certains ont baissé sagement les rideaux de leurs chambres, d’autres parcourent posément le boulevard en marchant au rythme des cuivres, d’autres encore sont assis à leur table, comme moi actuellement.» (Eugène Zamiatine, Nous Autres / traduit du russe par B. Cauvet-Duhamel, préface de Jorge Semprun, Paris : Gallimard, 2008 ([reprint de 1971], p. 25 — le livre a été écrit en 1920, publié en français en 1923)

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2 commentaires

  1. PhA

    Je serais intéressé par la solution précise au problème du bonheur – quand nous l’aurons trouvée.

  2. Talents

    Bonjour

    Comme des robots à la recherche d’une âme nous recherchons le bonheur – le touchant parfois du doigt – nous échappant la plupart du temps.

    Certains les écrivent – d’autres les lisent dans de formidables livres apportant eux-aussi un peu de bonheur.

    Frédéric
    Vision personnelle d’un moment de bonheur grâce à la littérature.