Bâti sur du vent avec un ton

lundi 30 novembre 2009, à 23:45 par Berlol – Enregistrer & partager

Petit déjeuner et 20 Heures de France 2 avalés — un peu dure à déglutir, tout de même, l’interview de Christian Clavier qui trouve « étrange qu’on puisse reprocher des amitiés »
Mais passons aux choses sérieuses, l’Atelier littéraire d’hier, avec Antoine Volodine et Éric Hazan, où il est question de Macao (et de Macau), de Paris et de Johannesbourg, improbable trilogie — mais pourquoi pas, les deux invités soulignant in fine l’actuel devenir-camp de beaucoup de grandes villes.

Pascale Casanova : « J’ai lu ce livre, pour ma part, comme un texte très très beau mais comme une sorte de… comme un livre exténué, sur le bord de l’épuisement, de l’épuisement du désir de poursuivre une œuvre… Antoine Volodine ?
Antoine Volodine : — Eh bien, je ne suis pas du tout d’accord avec vous…
PC : — Tant mieux… (rires)
AV : — Non, parce que je crois que depuis de très nombreux livres, ce que vous avez défini comme étant la matière de Macao, de ce livre qui s’appelle Macau, est fondamental ; dans tous ces livres, finalement, les narrateurs sont souvent placés en situation d’agonie, exténués, avant la mort ou après la mort, souvent c’est après la mort qu’ils commencent à raconter l’histoire, et la situation d’épuisement, d’exténuation, de perte de la parole, de perte de la volonté de dire, est quelque chose qu’on trouve… qui court tout au long de livres comme Nuit blanche en Balkhyrie, par exemple, qui a été publié en 98, ou Songes de Mevlido il y a deux ou trois ans, et je pense que là on retrouve un type de personnages qui est en face de… du bilan de sa vie et qui tire le bilan de sa vie, et qui a du mal, qui a du mal à parler, à continuer, et qui a du mal à trouver un sens à ce qui s’est passé et qui se rattache, comme tous mes personnages, à certaines lumières du passé qui sont soit des lumières militantes soit des lumières amoureuses.»

Première question et première réponse…
Je n’ai pas le temps de préparer pour le montrer mais je m’en souviens très bien : plusieurs émissions de Pascale Casanova invitant Volodine ont assez mal commencé, même quand la suite devenait plus agréable, voire consensuelle. Il faut dire qu’elle a souvent le défaut d’assener un jugement bâti sur du vent avec un ton péremptoire et que je comprends que ça agace…
J’enregistre aussi les 5 émissions sur Machiavel pour écoute ultérieure, dans des trains, par exemple. La question qui me taraude étant : Machiavel était-il vraiment machiavélique ?
Je devais sortir. Et puis non, suis très bien à la maison. T. a fini la lecture à voix haute de Dans les Bois éternels de Fred Vargas et on a commencé celle des Comptines assassines de Pierre Dubois. Humour différent, plus spirituel, vocabulaire plus étendu, phrasé plus musical, ça saute aux oreilles.
Et en dînant et après, Carlito’s Way (de Palma, 1993), un film que sans savoir pourquoi je voulais voir depuis longtemps. Maintenant je le sais : parce que c’est génial.

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Publié dans le JLR


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