Une sorte de Conférence de Wannsee

mercredi 2 juin 2010, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Je
pense
qu’il y a
eu quelque part
vers 2007 ou 2008, à l’Élysée,
place Beauvau ou au Quai d’Orsay une sorte de…
Conférence de Wannsee… — superbe ace Godwin d’entrée de jeu —
dans laquelle de hauts dirigeants de l’État français se sont entendus secrètement sur d’ignobles procédures visant à réduire drastiquement le nombre d’étudiants étrangers susceptibles d’être en infraction durant leur séjour ou susceptibles de le prolonger illégalement, tout simplement en diminuant le nombre total des étudiants étrangers (génial, non ? Fallait y penser !), et pour que, de simple agence de renseignements, ÉduFrance soit transformée en un bureau totalement embassadillé, nommé CampusFrance, cheville ouvrière de la mise en fiche centralisée de tous les demandeurs de visa étudiant de tous les pays, après quoi il a été fait en sorte que de subtils communicants trouvent de cosmétiques lignes graphiques et de lénifiants discours de gentil État d’accueil pour les sites web de CampusFrance par lesquels on allait tout faire passer, recrutant pour l’occasion de gentils jeunes gens intéressés par la promotion dans la diplomatie (ça fait encore rêver) auxquels on ne dirait bien entendu que le strict nécessaire pour qu’ils n’aient pas de problème de conscience quand ils auront à déférer vers la poubelle environ 50% des dossiers de demande de visa étudiant pour la France.

J’ai dans mon ordinateur (et ailleurs) une dizaine de courriers reçus depuis quelques semaines d’imprudents gentils personnels de CampusFrance Japon et de l’Ambassade de France ayant pour but d’abord de m’envelopper du nuage de fumée réglementaire, fait de « services » et « d’avantages » et de « satisfaction des usagers », puis tentant de me stigmatiser comme un inutile et « stérile » interlocuteur pour que je cesse de poser des questions pas constructives qui ne faisaient que leur faire perdre le précieux temps qu’ils doivent consacrer aux nombreux dossiers d’étudiants en souffrance dans la base de données.
(Et pas une seconde, ils n’ont pu penser ou essayer de penser que j’avais peut-être raison… Pour moi, c’est cela le pire, l’inhumain chez ces hommes, cette surdité, cet aveuglement de machine imbue d’elle-même. Et de penser qu’ils vont continuer à sévir, qu’ils vont devenir attachés, conseillers, ambassadeurs. Ça dégoûte vraiment.)

Dans mon dernier courrier, je re-re-posais les deux principales questions que tous nos collègues se posent s’ils ont un peu de respect pour le porte-monnaie de leurs étudiants et pour la dignité de leurs accords inter-universitaires :

  1. « Comment un étudiant fait-il valoir qu’il est inscrit et qu’il souhaite partir en France dans le cadre d’un échange entre une université japonaise et une université française ? Quelle est la pièce justificative qu’il faut joindre ? Comme il n’existe pas de « certificat d’accord universitaire », j’ai demandé à […] s’il était possible de fournir une déclaration sur l’honneur du chef de département garantissant l’existence d’un accord inter-universitaire (également vérifiable par vos soins auprès de l’université française concernée). Je souhaiterais en avoir la confirmation par écrit. »
  2. « Pourriez-vous avoir l’amabilité de m’indiquer les références ou me donner copie des documents officiels ou des textes légaux qui fixent le montant des services de CampusFrance pour le Japon à 20.000 yens, ainsi qu’à 15.000 dans le cadre des échanges inter-universitaires ? »

On ne m’a pas encore répondu. On recherche peut-être les textes dans le Journal Officiel… Car tout citoyen a droit de demander aux administrations communication des références des textes légaux qui régissent sa situation.

La dernière découverte, c’était en faisant le tour des tarifs pratiqués dans les CampusFrance d’autres pays (d’ailleurs très variables : par exemple, l’équivalent de 6.000 yens pour les Étasuniens, et plus de 22.000 yens pour les Chinois, dont nous ignorions qu’ils fussent plus riches, en moyenne, que les Étasuniens) : là, dans le site CampusFrance du Canada, cette belle page qui nous informe de la gratuité dans le cas d’un accord d’échange avec une université française, c’est la « procédure allégée » (Ah bon, l’autre était lourde ?).

A priori, je ne vois pas pourquoi ce qui existe au Canada n’existerait pas au Japon.

Il nous reste maintenant à demander aux présidents des universités françaises qui ont des accords avec des universités étrangères (tous) s’ils sont d’accord pour que CampusFrance, alias le Quai d’Orsay, centralise tous les textes de leurs accords (car déjà nous savons que des universités japonaises ont donné aux étudiants affolés la copie du texte de l’accord dans le cadre duquel ils demandaient à partir, au lieu de demander une « lettre de participation dans un échange » comme le stipule le site canadien, décidément très différent de celui du Japon).
Puis à alerter le sénateur des Français à l’étranger, l’AUF, l’ONU et le gouvernement inter-galactique sur ces pratiques douteuses de certaines ambassades. Et des médias ? Bon allez, d’accord.

Douteuses, vous disiez, les pratiques…
En attendant d’être un jour requalifiées en iniques voire criminelles, dans trente ou cinquante ans, quand la France aura encore dégringolé quelques étages du fait de sa politique de contrôle des flux migratoires…

Publié dans le JLR

4 commentaires

  1. gombrovitzsczchs

    M’sieur Berlol obtient ici, haut la main, l’admissibilité dans un établissement de soins psychiatriques. Ce que l’on pouvait penser n’être qu’un taux inquiétant de bêtise et d’infatuation se révèle être un symptôme délirant, à traiter sans délais.
    Mettons pudiquement sur le compte de sa faiblesse d’esprit l’invention d’une analogie aussi vomitoire que grotesque, qui vaudrait à tout individu sain et responsable opprobre et mépris.

  2. Berlol

    Je le prends comme un compliment. Merci !

  3. gombrovitzsczchs

    Diagnostic malheureusement confirmé, augmenté d’une inhibition manifeste des facultés de jugement.
    Souhaitons au sujet que la corrélation que son pitoyable cerveau a pu imaginer d’imaginer entre le projet d’extermination industrielle des juifs européens et la demande d’une somme de 20 000 Yen auprès des étudiants japonais désirant séjourner en France ne lui attirent que rires et commisération.
    Rappelons incidemment que cette somme sera immédiatement récupérée, et au minimum au décuple pour un séjour de 6 mois, par l’étudiant une fois en France. A.P.L. (remboursement d’une partie du loyer par les Allocations Familiales, i.e. le salarié français) est depuis de nombreuses années le vocable français le plus célèbre, et usité, auprès des jeunes et moins jeunes résidents japonais.

  4. Berlol

    Cher Gombrovitzsczchs, qui jugez facilement des capacités des autres,

    J’appelle « sorte de » quelque chose qui a la même structure (planification secrète à grande échelle) et qui touche à un autre élément commun : le fait d’être étranger, c’est-à-dire de « n’être pas français » selon certains critères que malheureusement M. Besson a échoué à déterminer vu que son enquête s’est enlisée en cours de route, et qui est aussi le fait d’être suspect (aux yeux de certains) de vouloir illégalement rester en France après leur durée légale de visa.

    À part ça, j’ai moi-même qualifié ceci d' »ace Godwin » pour pointer l’énormité de la différence entre la vraie Conf. de Wannsee et « une sorte de ».
    Merci quand même !