L’écho critique et le halo médiatique

mardi 13 juillet 2010, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Chère Martine et chère Christine,

qui avez twitté sur mon actuelle situation, je vous en remercie et vous adresse le compte rendu de cette journée, la première réelle journée du colloque « Antoine Volodine et les voix du post-exotisme ».

La matinée s’est ouverte sur une présentation de trois des directeurs somme toute… modeste et quelque peu academic oriented. Devant une trentaine de personnes réparties dans la somptueuse bibliothèque, ils ont évoqué l’avènement d’un Cerisy avant tout comme la consécration d’une sorte de discipline ou d’un champ d’études (propre à valider des carrières universitaires, semble-t-il), plutôt que comme un formidable terrain d’entraînement à penser en commun le génie et la diversité des œuvres post-exotiques. J’aurais préféré quelque chose de plus… « flambulant », peut-être.
L’histoire d’une réception (du post-exotisme) que trace Lionel Ruffel, de 1985 à 2009, a tout de même le mérite de matérialiser l’élargissement progressif du public, de l’articuler avec les changements d’éditeur des Volodine, Draeger, Bassmann et consorts, d’en montrer l’écho critique et le halo médiatique. Mais sans évoquer l’internet ni le théâtre, ce qui est tout de même un peu réducteur.

Cependant, je le dis tout net : les interventions qui nous explosent à la figure par la suite rouvrent grand le champ de la pensée. Pierre Ouellet, pour finir la matinée, puis Antonin Wiser, Simon Saint-Onge et Sylvie Servoise pour remplir l’après-midi, nous proposent des exposés de grande rigueur et de riche contenu, non sans humour et style, notamment pour Ouellet et Saint-Onge qui démontrent, s’il en était besoin, l’affût de la critique québécoise.
Après des mois de lectures errantes et d’égarements de mes élucubrations, je suis heureux d’être de retour dans un lieu où l’on pense dense et collectif.
Vous m’excuserez toutefois de ne pas pouvoir vous résumer chaque intervention ; la mienne est encore à préparer…
Par ailleurs, j’enregistre en audio, comme d’habitude, et nous verrons un jour si le droit m’est donné de diffuser. J’en doute. Pour l’instant, Cerisy campe sur son patrimoine inexploité, sinon par le livre ; et les dirigeants du colloque pensent Actes.

Après le dîner, Antoine Volodine, dans l’intimité du grenier, nous a offert quatre-vingt minutes de lecture, dont cinq issues des « remerciements » que contient le très prochain Écrivains (à paraître au Seuil).

La soirée est belle. Dans le parc, un peu à l’écart de la bâtisse, constellations et galaxies me viennent dessus. Je vous en poste amilittéréticulairement quelques photons.

« Nous allons modifier sa mémoire et y semer la confusion : il va être obligé de fuir le long de ses souvenirs, en les reconnaissant de plus en plus mal. Il va se réfugier dans ses rêves ; c’est là que nous allons essayer de le contrôler ; ses cauchemars et la réalité formeront un labyrinthe dont il ne sortira pas. » (Antoine Volodine, Biographie comparée de Jorian Murgrave, 1985)

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Publié dans le JLR

2 commentaires

  1. christine

    Chère marquise 2.0.,
    Un grand merci pour ta lettre, et de nous faire partager un peu de post-exotisme … comme si nous y étions – ou presque !
    Je forme des voeux pour que l’autorisation de diffuser (au moins en privé) tes enregistrements audio te soit accordée.

  2. martine

    J’ai fort tardé à accuser réception et par conséquent à remercier pour ces échos adressés : c’est que j’étais dans une Normandie moins post-exotique mais tout aussi étoilée les nuits d’été