Sang tranquille en circuit fermé

jeudi 13 janvier 2011, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Mes vœux ? Oui, vous vous en doutez ! Mais j’ai jusqu’à la fin du mois pour leur donner une forme… Une forme acceptable. Une forme voulue.

Qu’il est agréable de n’avoir rien à dire pendant quelques semaines, d’aller incognito ici ou là sans être le paparazzi de soi, de se sentir le sang tranquille en circuit fermé, machinant sa belle machine de projets intimes, ayant un temps de froide indifférence aux événements répugnants qui viennent se fracasser sans cesse contre nos rétines et nos tympans (otages abattus et instrumentalisés, ministres corrompus et triomphants, trains plus jamais à l’heure, etc.).

Le silence et dors !

Essayez ! Vous qui twittez et facebookez jour et nuit ! Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi vous y passiez tant d’heures ? Moi oui.

N’était le silence, ce serait la colère (j’en ai déjà parlé) et la honte. Et mes brouillons sous le coude, qui sortiront petit à petit, avec Maupassant, Perec, Robbe-Grillet, Pautrel, Volodine et quelques autres…
Mais puisqu’il était question de la honte, je passe la parole à Dominique Meens (et le salue camaradement) :

« Quand aujourd’hui rougit de colère ou de rage, de confusion, de fureur ou de plaisir, c’est encore et toujours la honte qui le motive, qui l’affecte, qui l’infecte. » (Dominique Meens, Aujourd’hui rougie, Paris : P.O.L., 2010, p.7)
« Comment nous y prendre ? Prévenir le lecteur, qu’il aille se procurer quelque mouchoir pour se protéger, ou, s’il fait bon, qu’il ouvre grand chez lui ? Devait-il nous lire en plein air ? Devions-nous écrire un essai de plage ? Commençons par celui qui nous est venu de bon matin, un exemple si habituel que le haut-le-cœur sera moindre. Un président de la République française s’exprime. On l’entend dire : « Je forme un rêve. » Cela n’est-il pas rédigé par son nègre sur le même tempo que le « I have a dream » de Martin Luther King ? Cela n’est-il pas impudique ? Et qui, dites-nous, rougit, sinon l’auditeur conscient ? » (Ibid., p. 18)

L’Or, pour changer et justement, de Blaise Cendrars, ou plutôt son adaptation radiophonique de 1954 – mazette ! – passera dans les Nuits de France Culture du 17 au 19 janvier. Qu’on se le dise !

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Publié dans le JLR

2 commentaires

  1. brigetoun

    Merci, pour la honte, et pour Cendrars

  2. Berlol

    On constate un décalage de 24 heures dans le programme des Nuits. « L’Or » semble devoir passer aux mêmes heures, mais du 18 au 20.