Style poissons crus contre cubes de bœuf

mardi 24 mai 2011, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Grande première
Berlol il peut comme ça
enfoncer la carte ETC
que sa banque lui a envoyée
sans qu’il la demande
et ça lui permet de passer les péages
par file spéciale
sans s’arrêter ni sortir la monnaie
voir facture le mois prochain

Départ mouillé à quatre vers neuf heures dans notre belle Prius… après passage à l’agence de location pour nous faire expliquer la programmation du système de navigation.
Déchantons en sortie de Nagoya : accordéons sur l’autoroute, gros engins de terrassement sur la voie de gauche. Il y a quarante kilomètres de travaux, spécialement programmés cette semaine ! Heureusement qu’on peut faire la causette entre amis…
Roulons, roulons, tout de même, comme on peut, avec arrêts café, pipi et boutiques de produits régionaux.

Vers 15 heures, enfin, la mer ! Les plages de grands rouleaux dangereux, les rochers déchirés, bref, la côte de Kumano. Ayant perdu en bouchons les deux heures prévues pour la promenade, arrivons à l’heure à l’hôtel Katsuura Kanko de Nachi.
Brève marche à pied jusqu’au bord de mer ; le soleil va se coucher derrière l’hôtel, comme nous y revenons, T. et moi, faisant le point sur le choix de l’hôtel. Il y a plus d’un mois, j’avais spécialement recherché, notamment par Google Map et pour notre sécurité durant ce voyage, des hôtels à flanc de montagne, et non en bord de mer, disposant par ailleurs d’une route de dégagement vers l’intérieur des terres.
Pendant le service du dîner, somptueux, servi dans notre grande chambre de tatamis, le garçon nous indique que l’hôtel est centre de refuge en cas de séisme et de tsunami, ce qui a parfaitement fonctionné le 11 mars, la population locale ayant afflué dès le séisme et avant un tsunami d’un mètre quarante (sans dégâts ni victimes, évidemment).
Puis on nous laisse à nos agapes et échanges alimentaires, style poissons crus contre cubes de bœuf, tofu contre tempura, etc.

Après, les amies descendent pour leur courrier avec ordinateur en libre-service ; je découvre peu après que mon portable se connecte au wifi, ce qui permet d’écouter France Info et la lie des actus françaises, le dossier DSK. Puis on va tous au bain, sur la terrasse, au 7e étage, trois filles d’un côté, moi tout seul de l’autre ; bonne température, paysage urbain nocturne, bien mais sans plus.
Après, dans la promiscuité relative, je dors comme un bébé ; T. dit que je ronfle un bon moment…

« Je reste abstraitement furieux, mécontent, humilié. Je me brosse les dents, cale les fenêtres ouvertes à l’aide de bouchon de liège, monte à l’étage, me déshabille et, tout en même temps, soulève la couette pour repérer la boîte de boules Quies, la chaussette noire et le drap-housse défait. Je m’alite et, appuyé sur le coude gauche, dispose sur les jambes le drap-housse libre, un second drap-housse, différent de celui qui couvre le matelas, plus léger que la couette que j’ai repoussée sur ma droite il y a près d’une semaine lorsqu’il a commencé à faire ces nuits étouffantes, à l’endroit de la seconde place où je ne dors jamais, j’ôte le nimbe de coton qui enrobe deux boules de cire que je n’ai nul besoin de malaxer pour ramollir vu la chaleur et en introduis une dans chaque oreille, repousse sur le parquet le stylo, le livre en cours et la feuille de notes pliée en deux, enfin place comme une paire de lunettes la chaussette noire de façon à occulter le jour à venir, m’entortille, m’agite, m’endors en vrac. » (Alain Sevestre, Manuel de l’innocent, p. 41)

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Publié dans le JLR

Un commentaire

  1. Dominique Hasselmann

    Heureux de relire – cela faisait un bail – ces nouvelles japonaises, après Fukushima.

    Il y a toujours des péages quelque part…