Sept millions de signatures

samedi 16 juin 2012, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Il est temps de finir – la semaine prochaine – le cours sur le livre d’Olivia Rosenthal : de par ses qualités littéraires et le jeu vertigineux des voix alternantes, ce texte nous met tous sérieusement en danger…

Besoin de distraction ? Justement, j’ai un peu négligé France Culture depuis quelques semaines. Il y a pas mal de bonnes émissions que je dois récupérer. À commencer par les derniers épisodes de Millénium 2.

« On a déplacé le corps pour l’emmener. Euh… Vous devriez venir voir…
– OK.
(Bruits de pas puis de fermeture éclair)
– Regardez son ventre !
Je suis un porc sadique, un salaud et un violeur. Putain ! Qu’est-ce que c’est que ce tatouage ?
– Peut-être le début d’un mobile… » (Extrait du 6e épisode de l’adaptation radiophonique de Millénium 2, France Culture, 21 mai 2012)

Oui, j’imagine que vous avez comme nous entendu parler du redémarrage de la centrale nucléaire d’Ohi. C’est pour juillet, la décision a été entérinée par le premier ministre japonais, prétextant le besoin énergétique et l’accord démocratique large des communautés environnantes. Je doute du démocratique des consultations, pour ma part, et je me demande quelles garanties ont pu être données quant à la sécurité. Et que signifie, comme l’a déclaré le premier ministre, « assumer pleinement [ses] responsabilités devant la population en cas de relance » (ou l’équivalent en japonais) ? En cas d’accident, cela signifie quitter le pouvoirdémissionner… Voire subir un procès qui aboutit à un non-lieu de type responsable mais pas coupable du fait que telle catastrophe ou tel enchaînement des faits n’étaient pas prévisibles. On connait la chanson. Ce n’est pas cher payé. En prime, il viendra pleurer devant les caméras en disant qu’il regrette mais que c’était ce qu’il croyait, etc. Alors que ladite population, et son territoire et leurs activités seront détruits pour toujours !
Il faut savoir tout de même qu’à la différence de Fukushima (et si l’on peut faire pire), il n’y a pas de lieu de refuge insubmersible pour les personnels de la centrale d’Ohi qui, par ailleurs, se trouve sur une presqu’île et n’a donc qu’une seule voie d’accès terrestre. Enfin, en cas d’accident comme celui de Fukushima, par exemple, les zones urbaines de Kyoto et d’Osaka (beaucoup plus proches que Tokyo de Fukushima) seront directement menacées, voire irradiées et évacuées. Qu’on se le dise.
Cerise sur le gâteau : la pétition de sept millions de signatures portée hier par Kenzaburo Oe n’a eu aucune incidence sur cette décision.

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Publié dans le JLR


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