L’impasse n’en est peut-être pas une

samedi 22 décembre 2012, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Pourquoi nous n’avons plus confiance en nos institutions. Toutes. Elles ont elles-mêmes changé leur mission, celle que nous avions assignée à chacune d’entre elles. Elles prétendent toujours travailler pour nous, œuvrer pour nous, comme elles disent parfois prétentieusement, alors qu’elles ne travaillent plus que pour elles-mêmes, leur direction et la partie supérieure de leur personnel, leur propre longévité, leur propre notoriété, leur propre survie dans la lutte avec d’autres institutions – et contre nous. Nous sommes devenus leur matière première ou leur force de travail, souvent les deux, mais nous ne sommes plus les destinataires de leur activité, si nous l’avons jamais été. Sur le papier, oui, dans les médias qu’elles téléguident oui, mais dans la réalité, non. Bien au contraire. Tout ce qu’elles peuvent nous enlever, jour après jour, dans l’ombre ou en pleine lumière, elles nous l’enlèvent. Et nous ne disons rien, nous ne faisons rien, parce que nous n’avons pas d’alternative. Nous avons décapité des rois, abattu des bastilles, arrosé des champs de bataille du sang des nôtres, sué sur leurs chaînes de production et consommé leurs produits sans qualité, et maintenant nous sommes dans l’impasse parce qu’il n’y a pas de système de rechange. Tout détruire, pour reconstruire, qui paraît être une solution, c’est aussi tout perdre dans notre propre vie, qui est tout ce que nous avons. Nos aïeux l’ont aussi pensé, l’ont parfois fait mais n’ont su empêcher l’impasse dans laquelle nous sommes. Beaucoup d’entre nous pensent maintenant que faire le sacrifice de soi-même, de quelque façon que ce soit, n’a pas d’utilité finale, puisque ceux qui se sont sacrifiés n’ont pas empêché que nous arrivions dans l’impasse. Enfin ceux d’entre nous qui pensent que l’impasse n’en est peut-être pas une sont trompés et manipulés par les institutions, ou en font déjà partie après qu’elles les aient soudoyés.

C’était un essai de ton, plus que de contenu. Quoique.

La fin de l’année approche, les cours s’arrêtent quelques jours et je consacre de plus en plus de temps au corpus des Mazarinades. Il faut aussi que je prépare les cartes de nouvel an avec les caractères de serpent réalisés lors du dernier cours de calligraphie. Et les messages de vœux. Il y a également mon anniversaire dans quelques jours, peut-être au restaurant Beige de Ginza. Nous verrons.

Merci à l’amie qui m’écrit qu’il ne faut rien espérer quant à la personne qui me poursuit de ses commentaires « toujours semblables, toujours blessants » car provenant d’un « esprit qui se croyait supérieur » mais qui ne produisait rien d’autre que « le fantasme de son génie » – je ne saurais mieux dire. Elle me dit avoir souffert plusieurs années de pareille « sangsue par blog et par mail » qui semblait ne se nourrir que « des blessures qu’elle croyait [lui] infliger », et dont elle s’est débarrassée en observant le silence le plus strict, après avoir comme moi essayé de « raisonner et d’argumenter », ce qui n’amenait qu’à de pires résultats. En fait, ajoute-t-elle pour finir, elle ne sait pas s’il a renoncé, est « passé à autre chose ou à quelqu’un d’autre », ou « s’il est mort ou interné »… Cela me console un peu mais ne me rassure qu’à moitié. Encore merci, chère amie, pour ce courrier et ces conseils, que je vais suivre.

[Paragraphes écrits le 22 décembre et non postés, par flemme de les corriger. Mis en ligne le 14 janvier 2013.]

Publié dans le JLR


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