La fée du blog m’a visité

dimanche 13 novembre 2016, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

« Mettre à jour immédiatement », me propose l’interface WordPress. À quoi j’obtempère.
Puis je me dis, a parte, que je lui mettrais bien une baffe, à ce butor, ou à cette butoresse. C’est fou la quantité de messages autoritaires, sans aucune politesse, parfois incorrects parce qu’automatiquement traduits de l’anglais, à laquelle nous sommes maintenant quotidiennement soumis. Et ça passe… On moufte plus.
C’est ça, le soft-fascisme du web mondialisé ?
C’est l’air ambiant dans lequel un Trump se fait élire les doigts dans le nez, fingers in the nose, à la barbe de tous les sondeurs qui ne sondaient sans doute pas au bon endroit. Air ambiant dans lequel on prorogera indéfiniment – 13 novembre oblige – l’état d’urgence sans que ça ne fasse plus ciller personne. Sous l’œil enthousiaste de BHL qui prétend qu’Hollande est un bon président et souhaiterait le voir réélu. Quelle buse, celui-là !

La politique, ça tend partout.

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Vous ne m’aviez pas vu/lu depuis un bon moment. Et vous saviez pourquoi, je l’avais assez écrit et redit : c’était à cause des mazarinades, de l’exposition et du colloque en préparation. Et ça m’allait très bien, sans JLR au quotidien. Avec parfois une petite démangeaison d’écriture, mais du genre qu’un coup de Twitter suffit à faire passer, voyez. Un peu comme on mâche un chewing-gum pour ne pas prendre une cigarette.

Mais après ce qui s’est passé cet après-midi, je n’ai pas pu y résister. C’était après avoir retrouvé François Bon à l’Institut français de Tokyo, où il avait été pacsé avec un auteur digital nippon. La fée du blog m’a visité et m’a dit, flatteuse, en substance : « Écris ! Ton beau colloque est derrière toi ! Tes vaillants invités ont tous regagné leurs pénates ! » – le vieux style… La version off, c’est que François m’a cassé façon Brice de Nice en disant devant tout le monde que j’avais arrêté mon blog depuis cinq ans – comme si j’avais trahi la cause. Et il avait raison. Le genre de cause qu’il ne faut surtout pas abandonner, parce que toujours déjà perdue, celle de l’écriture. Qu’il ressente cela comme un manque à la fois littéraire et affectif m’a troublé. J’ai rouvert ma page d’accueil, où sans doute plus personne ne va et dans laquelle figure la date de création : 1995. Avec mon petit logo bricolé à l’époque, et qui a l’air de flotter maintenant dans l’espace comme un débris de vaisseau abandonné…

Alors au lieu d’ouvrir un paquet de chips, je vais réécouter Chloé Delaume. Même si je dois encore me farcir Busnel…
Et puis ça me réveillera du Delphine de Vigan acheté hier 500 yens au marché aux livres. À voix haute, les premières pages étaient belles et fluides – comme du Colette, m’exclamé-je soudain. Et puis après vingt pages, un enfant mannequin photo et un enfant mort dans un puits, je me suis endormi. Désolé.

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Publié dans le JLR

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