Ce nouveau parc où nous perdre

samedi 19 novembre 2016, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Japon, 2016. MyNumber est le super-fichage national, adopté en 2013 dans une grande discrétion et progressivement mis en place. En 2015, on recevait un document officiel donnant à chacun, japonais ou résident étranger, un numéro MyNumber qu’il n’était pas obligatoire de communiquer à son employeur, m’avait-il semblé comprendre…
Avant hier, un employeur m’écrit : « […] vous devez impérativement fournir au service gestion une copie de votre carte MyNumber avant le 25 novembre […] »
Je lui réponds : « […] En quoi est-ce obligatoire ? Quelle loi nous l’impose ? […] »
Il me répond que son entreprise : « […] ne peut vous y contraindre mais nous nous devons de faire toutes les diligences possibles pour obtenir ce numéro. En cas de refus de votre part, lorsque le service fiscal du gouvernement japonais nous le demandera, nous leur communiquerons alors votre décision de ne pas transmettre votre MyNumber à votre employeur  […] »
Je le remercie pour cette clarification et recommande qu’elle soit donnée à tous les employés – et libre à chacun de faire son choix ou de chercher des informations supplémentaires sur les règles du parc humain.
Puis je lui communique mon numéro. D’ailleurs, ne pas le communiquer signalerait d’emblée à l’administration une suspecte volonté de dissimulation, non ?…

Ces questions d’identité numérique, je les retrouve bien et précisément débattues dans les Mardis des Bernardins du 15 novembre sous le titre « L’identité au défi du numérique », avec Louise Merzeau, Jacques-François Marchandise et Guillaume Rolland. Merci à Christine d’avoir signalé ce débat !

En conclusion sérendipiteuse de l’émission, Rolland recommande une nouvelle série, Westworld, sur laquelle je m’informe illico : nouvelle adaptation d’un roman de Michael Crichton (déjà connu au cinéma par le film Mondwest de 1974 avec Yul Brynner) sur l’intelligence artificielle et la difficile cohabitation homme / robot, avec Anthony Hopkins, Ed Harris et quelques autres visages bien connus. Mais quand la verra-t-on ?

En attendant l’ouverture de ce nouveau parc où nous perdre, je réécoute les Fabulous Trobadors

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Sur France-Culture, mini-série 2014-18 d’Amadine Casadamont, « dressant un parallèle » entre les deux époques distantes d’un siècle. Un peu bizarre de dresser un parallèle, mais bon, c’est une amusante dystopie, bien maîtrisée par le format court (sur une heure, ce serait fatigant).

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Et quand François Bon à Sapporo s’interroge sur son identité, humaine ou numérique, sur son évolution entre texte et vidéo, ça donne que : « c’est ma confrontation au réel qui reste la constante » et, in fine, « J’écris ». Opinion que je partage.
En revanche, je ne comprends pas du tout le blocage sur l’usage des sièges de toilette avec rinçage du postérieur. J’ai constaté ce bug identitaire chez nombre de Français en visite. C’est comme si appuyer sur le bouton pour se faire rincer le popotin allait leur enlever une part de dignité. Moi j’aimerais beaucoup que la France adoptât l’hygiène anale.
Quand on pissait et chiait dans tous les coins du château de Versailles, les Japonais se lavaient déjà le fondement sans aucune honte de leur corps…

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Publié dans le JLR


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