À laisser sédimenter dans le fumier du temps

lundi 21 novembre 2016, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Ouiiii ! On le savait privément mais voici que Fabula l’annonce au grand jour : le 12e volume de la revue Histoire et Civilisation du Livre est sorti, avec un dossier Mazarinades, nouvelles approches qui contient des morceaux de plusieurs années de notre vie. Et quand je dis notre vie, je parle de celle de six ou sept personnes qui se sont vues une dizaine de fois depuis 2012 (et écrit des centaines) pour faire qu’un colloque ait lieu puis de la cinquantaine de chercheurs qui sont au sommaire, à un titre ou à un autre.
Nul doute que les mazarinades sont sorties de l’ornière scientifique où les corporations de dix-septiémistes les avaient laissées malgré les efforts de deux ou trois sur plus d’un siècle.
Et bienvenue à la recherche en ligne dans un corpus de plus de sept millions de mots ! (Et qui ne demande qu’à grandir.)

Le Projet Mazarinades – qui se porte à merveille – a semble-t-il le tort – je le sens bien à certaines contorsions verbales ou faciales – de ne pas être institutionnellement nativement français. Il n’est donc ni mis en valeur ni même balisé dans le cadre des Humanités numériques françaises. Ceci dit, quand je vois les lourdeurs de certaines usines à gaz de la recherche et les programmes sibyllins de certains colloques, je nous en félicite. Cap sur 2020 !

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Allez, je me débarrasse du Delphine de Vigan, avec toutes mes excuses à l’auteure (qui n’en a cure, mais j’ai toujours mauvaise conscience à ne pas finir un livre). On va emporter Rien ne s’oppose à la nuit à la fac et voir si un étudiant veut le prendre gratuitement. Pour moi qui ne suis pas trop famille, ces cinquante premières pages (et quelques sauts dans la suite) de destins d’enfants, de relations entre frères et sœurs, parents, grands-parents, amis, etc., dans une famille nombreuse sur deux ou trois générations, c’est très fatigant. Et ça ne m’intéresse pas du tout ; pour moi, c’est comme parler pour ne rien dire, ou pédaler dans le vide. Que la narratrice soit une passionnée de l’histoire de sa famille et de sa mère ne me fait ni chaud ni froid. Son écriture ne m’en rapproche pas, ne me questionne pas et ne m’émeut en rien. Sous mes yeux, ça devient une logorrhée d’élève appliquée que rien n’arrête – sinon fermer le livre. Ouf, c’est dit, c’est fait.
Ça me permet de passer à l’ouvrage qui sera au programme du cours à l’Institut en janvier-mars, Élise ou la vraie vie de Claire Etcherelli (1967, film de 1970). J’y reviendrai.

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Une expérience vraiment dérangeante…

Par hasard, j’ai cliqué sur une sélection de tubes de 1975. Me suis rendu compte que je n’en connaissais que cinq. Qu’il n’y en a que trois dont je souhaite vraiment garder la mémoire et que j’ai plaisir à réécouter. Qu’il n’y en a qu’un que j’aurais aimé connaître à l’époque et dont je souhaite savoir un peu plus aujourd’hui. Un aussi, complètement intemporel, que je n’ai découvert que trente ans plus tard par une reprise. Tout le reste est à laisser sédimenter dans le fumier du temps, avec au moins une dizaine de titres dont je suis heureux de pouvoir dire que je ne les ai jamais connus.
Vers 77, je me souviens bien de Let’s all Chant. En revanche, je n’avais pas vu cette vidéo à la télé française 😉
Faites l’expérience. Avec cette année-là ou avec une autre. Ça dépend aussi de votre âge…

« Heureusement que le fond du sac est percé ; on ne pourrait traîner tout ce passé. » (Éric Chevillard, L’autofictif, n° 3126)

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Publié dans le JLR


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