Sortir tous les trucs rances

vendredi 2 décembre 2016, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

J’en parlais justement en citant François Bon dans un précédent billet : les toilettes nettoyantes et séchantes, ou washlet, devenues complètement banales au Japon, et qui provoquent encore des réactions d’inquiétude ou de rejet chez mes contemporains français. Dans le dernier roman de Catherine Cusset, le personnage se trouve au Japon peu avant le nouveau millénaire, et le commentaire, par l’adjectif « coquin », le « bord de la jouissance » et la référence à Barthes, indique bien le même état d’esprit : la simple considération de l’hygiène est bloquée par un résidu de stade anal…

En mars tu quittes Ana deux semaines pour rejoindre au Japon Sébastien parti autour du monde après un chagrin d’amour. Le pays t’éblouit. Ce voyage est un enchantement, et tu ne cesses de faire rire Sébastien par ton enthousiasme et le contraste grotesque entre ton grand corps et les minuscules écolières qui t’offrent des sucreries, poussent de petits cris stridents et veulent toutes se faire prendre en photo avec toi. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elles t’émeuvent. Après avoir fait l’expérience des washlets, où la lunette chauffée qui répand dans les reins une exquise chaleur, les jets d’eau coquins et la caresse intangible du séchage performant t’ont mis au bord de la jouissance, tu profères doctement, Barthes à l’appui : « La civilisation japonaise est celle du feu au cul. » (Catherine Cusset, L’autre qu’on adorait, II, 1, 2016)

Par ailleurs, j’aimerais bien avoir la référence de la citation de Barthes, ici approximative, je comprends bien… Enfin, je ne suis pas complètement emballé par ce roman ; j’en comprends le but mais je ne lui trouve pas de portée au-delà du portrait d’une certaine médiocrité qui mène –logiquement ? – au suicide… Oraison, déraison.

Plusieurs bonnes nouvelles, donc, pendant ces quelques jours durant lesquels je ne bloguais pas. D’abord la fermeture de l’impasse Sarkozy, un grand soulagement. Son absence fait surtout du bien aux yeux et aux oreilles. Pour Fillon, on verra, chaque chose en son temps… Au dernier moment, s’il est encore en lice, ce sera : courage, Fillon ! La sortie plutôt digne d’Hollande – renoncement ou renonciation ? – est aussi une bonne nouvelle, elle ouvre des perspectives à la gauche et nous évite une pitoyable pantomime de soutiens forcés et forcément soldés par la perte des gauches, comme on dit maintenant, avec ce pluriel valorisant.

Vous avez remarqué que le moindre dirigeant de n’importe quoi vante le travail de ses équipes, remercie ses équipes, un peu comme un pigeon qui gonfle son duvet torsal. C’est un pluriel qui n’a pas deux ans mais qu’on entend partout. Comme le y’a un souci, ou y’a pas de souci, qui, eux, se pratiquent depuis une bonne décennie.

Il y a aussi la bonne cote de Mélenchon, même si je ne sais pas encore si je voterai pour lui : faudrait avoir un programme précis, et une méthodologie… et les défendre à la primaire.

Et la criminalisation des sites anti-IVG, autre bonne nouvelle, non ? Franchement, c’est quoi, ces vieux combats d’arrière-garde qui puent la naphtaline. La droite n’a même pas l’intelligence d’attendre d’être arrivée au pouvoir pour nous sortir tous les trucs rances qu’elle n’a pas pu digérer. Et la porte-parole qui exhibe sa croix à la télé – elle dit qu’elle la porte toujours, grand bien lui fasse. Mais elle pouvait la laisser sous son vêtement, non ? Elle croit mettre en avant ses valeurs chrétiennes, alors qu’elle ne fait qu’étaler la mentalité d’une gamine qui a toujours besoin de son doudou.

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Publié dans le JLR


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