Un cambrioleur qui tenait le Berlol en joue

mercredi 4 octobre 2017, à 23:59 par Berlol – Enregistrer & partager

Pendant d’horribles minutes, je n’ai plus eu de nom de domaine. Plus d’accès à aucune de mes pages. Quel choc !
Ça commence par une page grise, en anglais, qui annonce sobrement l’expiration. C’est comme un gros coup de poing et de chaud. Des secondes suspendues, interdit. Apnée de la pensée. Le temps que l’information fasse son chemin dans un cerveau en état de stress. Avant, enfin, d’être comprise : la date de validité est dépassée. Mais comment est-ce possible ? J’avais pourtant choisi le renouvellement automatique… et ça se passait comme ça depuis des années… plus de dix ans, plutôt quinze chez cet hébergeur…
Quand la raison retrouve les commandes, je me dis qu’il faut vérifier les derniers courriers. En même temps, un petit indice mémoriel se pointe et questionne : est-ce que tu avais renouvelé tes infos de carte de crédit ? Eh oui, ton renouvellement automatique de nom de domaine, c’est bien beau, mais si c’est pas payé… Et voilà que non ! Et de s’excuser soi-même sur le mode : Oui… on a tellement d’informations éparpillées, de dates d’expiration, de mots de passe… c’est de plus en plus difficile à gérer…
D’un autre côté, les services semblent s’être améliorés : la connexion à l’hébergeur se fait vite, l’accès aux données personnelles aussi, tout comme la procédure de renouvellement de la carte de crédit, puis du nom de domaine. Jusqu’à en recevoir la confirmation. Ouf !
Mais après ça, à l’adresse du site, toujours pas de pages. Et la question qu’on ne s’était jamais posée, puisque ça n’était jamais arrivé : ça prend combien de temps pour être effectif, un renouvellement de nom de domaine ? Plutôt dix minutes ou plutôt deux jours ?
Me voilà parti pour un petit chat en ligne, en anglais. J’avais à peine formulé et envoyé ma demande que, dans une autre fenêtre, je constate que mes pages sont de retour. Moins de dix minutes, donc. J’aurais pu attendre, me dis-je, mais je ne savais pas combien de temps, me rétorqué-je… Et soudain, c’était fini. Pourtant, dans la fenêtre de chat, je ne pouvais pas couper la conversation tout juste entamée, ce serait malpoli. J’écris donc, me mettant en abyme, que je venais de faire le renouvellement, que je voulais seulement savoir le temps que ça prenait, que ça s’était fait pendant que… etc., et que comme c’était fait, on pouvait se séparer. L’interlocuteur a dû comprendre, ça doit lui arriver plusieurs fois par jour. Il (ou elle, un prénom dont je ne pouvais pas dire s’il était masculin ou féminin) m’a quand même posé la question (secrète) d’identification, histoire de voir si je n’étais pas un pirate ou un cambrioleur qui tenait le Berlol en joue… J’ai donné la bonne réponse, et il (ou elle) m’a confirmé le renouvellement et la nouvelle date d’expiration, ou de renouvellement automatique, dans un an. Et on s’est dit au revoir. Je l’aurais embrassé(e) ! mais il (ou elle) est sans doute très loin d’ici et je ne suis pas sûr qu’on embrasse, dans sa culture. Mais bon, le cœur y était. C’est là qu’on voit comme on y tient – et comme on est tenu.

Dans les prochains jours, il faudra faire le tour de tous les abonnements en ligne… histoire d’éviter l’infarctus.

 

Publié dans le JLR


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